‹ De l'asepsie et de l'antisepsie en obstétrique [electronic resource]Chapitre 1 sur 81 · MONSIEUR LE DOCTEUR F.-J. HERRGOTT · texte numérisé non relu

MONSIEUR LE DOCTEUR F.-J. HERRGOTT

Professeur honoraire de cliniqueobstétricaleà la Faculté de médecine de Nancy, Associé de l'Académie de médecine de Paris, Correspondant de la Société de chirurgie, Membre titulaire honoraire de l'hôpital civil de Strasbourg, etc.

Permettez-moi, cher et éminent collègue, de vous dédier ce livre, en témoignage de ma vive amitié, et en souvenir de quelques journées de villégiature, trop rares à mon gré, pendant lesquelles j'ai toujours été sous le charme de votre érudition scientifique et littéraire.

S. Tarnier.

Paris, le 20 juin 1894.

https://archive.org/details/b20397781

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Actuellement, l'asepsie et l'antisepsie, dont la découverte immortalise les noms de Pasteur et de Lister, dominent la chirurgie et l'obstétrique à un si haut degré, cpi'il m'a paru indispensable de consacrer à leur étude, devant mes élèves de la Clinique d'accouchements, une série de leçons qui ont été recueillies et rédigées par l'un de mes anciens internes à la Maternité de Paris, M. le D1' Potocki, avec un soin dont je tiens à le remercier publiquement. Telle est l'origine de ce livre qui est l'écho de mon enseignement.

De plus, M. Potocki a très scrupuleusement vérifié toutes les indications bibliographiques, et les a complétées en remontant, autant que possible, aux sources originales ; je pense donc qu'il ne s'y sera glissé aucune erreur. Il a bien voulu aussi, sur ma demande, ne jamais remplacer par les mots loco citato, une indication bibliographique ayant déjà figuré dans les pages précédentes. Que de fois, en effet, n'ai-je pas maudit ces deux mots, après avoir feuilleté un volume d'un bout à l'autre, sans parvenir à y retrouver

MM

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le titre du travail auquel m'avait renvoyé un loc. cit. dont on pourrait souvent dire : « Ah ! le bon billet qu'a La Châtre ! » Pour éviter pareil désagrément, j'ai répété les indications bibliographiques autant de fois que cela était utile. Mes lecteurs, si j'en ai, ne me maudiront donc pas, du moins à propos des loco citato.

Les mémoires originaux, les communications aux Sociétés savantes, les notes et articles de journaux, les relevés statistiques, abondent et donnent la preuve de l'activité avec laquelle l'antisepsie obstétricale a été partout étudiée. Mais si j'en excepte les résumés contenus dans quelques livres classiques, les travaux d'ensemble publiés sur ce sujet, sont beaucoup moins nombreux; cependant, parmi les plus importants de ceux qui ont paru en France, il convient de signaler : un précis de chirurgie antiseptique par le D1' Just Lucas-Championnière [\), auquel revient le mérite d'avoir vulgarisé les idées de Lister dans notre pays; une monographie de M. le D1' Paul Bar (2); un demi-volume écrit par M. le D1' Lepage (3); un manuel d'asepsie par M. le D1' G.

(1) Just Lucas-Championnière. Chirurgie antiseptique. 2e édition, Paris, 1880. (Accouchement aseptique, p. 211 à 220.)

(2) Paul Bar. Des méthodes antiseptiques en obstétrique. Paris, 1883.

(3) Le Gendre, Barette et Lepage. Traité pratique d'antisepsie appliquée à la thérapeutique et à l'hygiène, médecine, chirurgie, obstétrique. 2 vol. in 8<>. Paris, 1888. [Antisepsie obstétricale, parle Dr Lepage, tome II, p. 245 à 481).

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Yinay(l); un autre manuel de M. le D1' Auvard (2), dans lequel cet accoucheur a rassemblé les articles qu'il avait fait paraître dans les Archives de Tocologie, du 20 mai au 20 octobre 1890. C'est à peu près vers le même temps [du 15 mars au 19 juillet 1890), que mes leçons avaient été professées, et quelques-unes d'entre elles ont déjà été publiées ou analysées. Mais depuis cette époque, tant de travaux importants ont paru sur le même sujet, que je n'aurais pas voulu publier aujourd'hui ces leçons in extenso, si je n'y avais pas ajouté les modifications que j'ai successivement, et récemment encore, introduites à la Clinique d'accouchements dans la pratique journalière de l'antisepsie, et si M. Potocki ne m'avait pas apporté le résumé détaillé des travaux publiés sur cette question, depuis 1890, par les accoucheurs de tous les pays. Nous avons incorporé et fondu ces documents dans le manuscrit de mes leçons, et celles-ci peuvent en quelque sorte être considérées comme ayant été faites en 1894.

Les matières contenues dans ce volume ont été coordonnées en dix parties qu'il me paraît inutile de passer ici en revue à tour de rôle, puisqu'on les trou-

(1) C. Vin'ay, agrégé à la Faculté de médecine de Lyon. Manuel d'asepsie (Applications à la chirurgie, à l'obstétrique et à la médecine). Paris, 1890.

(2) Auvard. De l'antisepsie en gynécologie et en obstétrique. Paris,

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vera indiquées dans une table analytique ; mais à un point de vue plus général, mon plan ne comprend que trois grandes divisions : théorie, expérimentation, clinique.

Après un préambule sur l'étiologie et la contagiosité de l'infection puerpérale, j'ai cherché à établir théoriquement quelles sont les meilleures dispositions à prendre pour la construction, l'agencement et l'ameublement d'une maternité, quels sont les moyens propres à aseptiser les instruments, le linge, etc. Vient ensuite un chapitre destiné à mettre en évidence, relativement à l'asepsie et à l'antisepsie, l'insuffisance de l'eau ordinaire ou simplement bouillie, et à montrer l'avantage qu'on retire de l'usage de l'eau préalablement portée à 120 degrés. Enfin, plus de loO pages sont consacrées à l'étude des antiseptiques les plus répandus en obstétrique, et MM. les docteurs Ribemont-Dessaignes et Lepage, auxquels les feuilles relatives à cette étude furent communiquées dès leur impression, m'ont fait l'honneur de puiser assez souvent dans mon texte, lorsqu'ils ont rédigé leur Précis d'obstétrique (1).

De nombreuses recherches de laboratoire m'ont servi à déterminer quelle est, m w£/-o,la puissance microbicide de la plupart des antiseptiques, par rapport au streptocoque, au staphylocoque et au vibrion septique, qui sont les micro-organismes les plus redoutables chez

II) Ribemont-Dessaignes et Lepage. Précis d'obstétrique, Paris, 1893.

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les femmes en couches. Mais comme il me fallait savoir aussi, quels sont parmi les antiseptiques ceux qui exposent le plus aux dangers d'une intoxication, d'autres recherches, entreprises cette fois sur les animaux, m'ont renseigné à cet égard, ont confirmé mes observations cliniques, et m'ont, avec ces dernières, guidé dans le choix des antiseptiques.

Si j'ai pu mener à bien toutes ces recherches expérimentales, je le dois au dévouement et à l'habileté technique de mon préparateur Vignal ; aussi je déplore vivement la mort récente de ce jeune savant dont la collaboration m'a été très précieuse. Je le dis hautement pour rendre hommage à sa mémoire.

C'est surtout du côté de la clinique proprement dite quej'ai porté mon attention, et là j'ai dû entrer dans de grands développements, car pour faire vraiment de l'antisepsie obstétricale, il faut n'omettre aucune des minutieuses précautions qu'elle exige. J'ai d'ailleurs usé du privilège dont jouissent les professeurs de clinique, celui d'étudier avec prédilection tel sujet plutôt que tel autre, et je me suis laissé entraîner, de propos délibéré, à parler longuement de certaines questions capitales, du lavage aseptique des mains par exemple, des hémorrhagies post partum, de la délivrance artificielle, etc.

Dans mon service, toute femme qui vient d'être délivrée reçoit une injection intra-utérine, et il en est de même pour les accouchées dont les suites de

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couches sont pathologiques; mais comme nombre d'accoucheurs repoussent ces injections, et les accusent d'exposer les femmes à des accidents graves, mon devoir était d'étudier à fond ce sujet, et la valeur des critiques émises par les adversaires de ces injections. Je l'ai fait en toute conscience, et je crois être autorisé à dire que les injections intra-utérines rendent les plus grands services, à la condition qu'on y emploie un liquide qui soit tout à la fois inoffensif et doué d'une grande puissance microbicide; c'est ce que j'ai essayé de réaliser, et je pense y avoir réussi.

Grâce encore à l'antisepsie, les abcès du sein ont disparu de mon service ; il m'a donc fallu dire comment j'y étais parvenu.

Après l'antisepsie afférente aux mères, vient se placer celle qui est relative aux nouveau-nés. Ici, je me suis principalement occupé de la prophylaxie de l'ophtalmie purulente, ce fléau qui naguère encore rendait tant d'enfants aveugles. On ne saurait donc faire assez d'efforts pour vulgariser cette prophylaxie, et je n'y ai pas manqué.

Toujours et en toutes circonstances, l'antisepsie s'impose au personnel d'une maternité, de telle sorte qu'en décrivant cette antisepsie, j'ai dû forcément m'occuper de toutes les questions soulevées par l'étude des accouchements, si bien que j'aurais pu intituler ce livre : Leçons cliniques d'obstétrique ;

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on y trouvera, en effet, le résumé de ma pratique hospitalière, et un relevé statistique de la mortalité maternelle dans mes salles.

Les règles de l'asepsie et de l'antisepsie sont-elles différentes à l'hôpital et dans la clientèle ? Evidemment non. Cependant, les conditions de leur application dans les villes et à la campagne, subissent forcément quelques modifications. Aussi, ai-je consacré mes deux dernières leçons à l'étude de l'antisepsie dans la clientèle des médecins et des sages-femmes.

La fièvre puerpérale, « puisqu'il faut l'appeler par son nom », dont M. le Professeur F.-J. Herrgott a magistralement exposé l'étiologie et la prophylaxie au point de vue historique (1), décimait autrefois les femmes en couches, surtout à l'hôpital, et j'ai gardé le poignant souvenir des ravages causés par cette terrible maladie, qui sévissait souvent par épidémies. Aujourd'hui, au contraire, le danger a disparu, et la sécurité la plus complète règne dans nos maternités. Gomment ne serais-je pas frappé d'étonnement et d'admiration en présence des merveilleux progrès que nous devons à l'hygiène, à l'asepsie et à l'antisepsie ! On me pardonnera donc, je l'espère, les longs développements dans lesquels je suis entré.

Dans le cours de ces leçons, j'ai été obligé d'exami-

(1) Essai d'une Jiistoire de l'Oùstétricie, par E. G. J. de Siebold ; 2 vol. in-8<\ traduits de l'allemand par F.-J. Herrgott, et suivis d'un, troisième volume ajouté par le traducteur ; chez Steinheil, Paris, 1893.

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couches sont pathologiques; mais comme nombre d'accoucheurs repoussent ces injections, et les accusent d'exposer les femmes .à des accidents graves, mon devoir était d'étudier à fond ce sujet, et la valeur des critiques émises par les adversaires de ces injections. Je l'ai fait en toute conscience, et je crois être autorisé à dire que les injections intra-utérines rendent les plus grands services, à la condition qu'on y emploie un liquide qui soit tout à la fois inoffensif et doué d'une grande puissance microbicide ; c'est ce que j'ai essayé de réaliser, et je pense y avoir réussi.

Grâce encore à l'antisepsie, les abcès du sein ont disparu de mon service ; il m'a donc fallu dire comment j'y étais parvenu.

Après l'antisepsie afférente aux mères, vient se placer celle qui est relative aux nouveau-nés. Ici, je me suis principalement occupé de la prophylaxie de l'ophtalmie purulente, ce fléau qui naguère encore rendait tant d'enfants aveugles. On ne saurait donc faire assez d'efforts pour vulgariser cette prophylaxie, et je n'y ai pas manqué.

Toujours et en toutes circonstances, l'antisepsie s'impose au personnel d'une maternité, de telle sorte qu'en décrivant cette antisepsie, j'ai dû forcément m'occuper de toutes les questions soulevées par l'étude des accouchements, si bien que j'aurais pu intituler ce livre : Leçons cliniques d'obstétrique ;

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on y trouvera, en effet, le résumé de ma pratique hospitalière, et un relevé statistique de la mortalité maternelle dans mes salles.

Les règles de l'asepsie et de l'antisepsie sont-elles différentes à l'hôpital et dans la clientèle ? Evidemment non. Cependant, les conditions de leur application dans les villes et à la campagne, subissent forcément quelques modifications. Aussi, ai-je consacré mes deux dernières leçons à l'étude de l'antisepsie dans la clientèle des médecins et des sages-femmes.

La fièvre puerpérale, « puisqu'il faut l'appeler par son nom », dont M. le Professeur F.-J. Herrgott a magistralement exposé l'étiologie et la prophylaxie au point de vue historique (1), décimait autrefois les femmes en couches, surtout à l'hôpital, et j'ai gardé le poignant souvenir des ravages causés par cette terrible maladie, qui sévissait souvent par épidémies. Aujourd'hui, au contraire, le danger a disparu, et la sécurité la plus complète règne dans nos maternités. Gomment ne serais-je pas frappé d'étonnement et d'admiration en présence des merveilleux progrès que nous devons à l'hygiène, à l'asepsie et à l'antisepsie ! On me pardonnera donc, je l'espère, les longs développements dans lesquels je suis entré.

Dans le cours de ces leçons, j'ai été obligé d'exami-

(1) Essai d'une histoire de l'Obstétricie, par E. G. J. de Siebold ; 2 vol. in-8o, traduits de l'allemand par F.-J. Herrgott, et suivis d'un troisième volume ajouté par le traducteur ; chez Steinheil, Paris, 1893.

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neruntrès grand nombre d'opinions ; je crois l'avoir fait avec mesure et impartialité, car il me semble que je pourrais dire aussi : « Je n'ai point naturellement l'esprit désapprobateur. »

S. Tarnier.

Paris, 20 juin 1894.

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