IODE
Vers la môme époque, Réveil étudia plus spécialement l'iode au point de vue de la désinfection (1) et, de ses recherches de laboratoire, il conclut que « le chlore, le brome et l'iode détruisent d'une manière certaine l'action toxique des virus, des venins et des matières en putréfaction ». Il recommande l'emploi de deux solutions, une solution faible renfermant 5 gr. de teinture d'iode par litre d'eau et une solution forte contenant 10 gr. de cette teinture. Passant aux applications cliniques, il rapporte plusieurs observations dans lesquelles l'eau iodée fut très efficace comme agent de désinfection, et, au nombre de ses observations, je trouve un cas de rétention prolongée du placenta où la solution faible, employée en injections vaginales, fit disparaître complètement et rapidement l'odeur fétide des lochies.
En 1874, Davaine (2) appela à son tour l'attention sur l'iode et déclara que ce corps est un antiseptique et un anti-virulent des plus énergiques. En 1880, il publia les résultats d'expé- { riences nouvelles et plus complètes (3), qui confirmaient ses premières recherches, et montraient qu'un bouillon scpticémique, dont l'inoculation était toujours mortelle pour le lapin, devenait inoffensif par l'addition d'un 170,000° d'iode. Le sublimé corrosif était le seul corps jouissant de propriétés antiseptiques aussi énergiques.
Les tentatives de Dupierris pour faire entrer l'iode dans la thérapeutique obstétricale étaient complètement tombées dans l'oubli, quand, poursuivant mes recherches sur les antiseptiques, j'ai pensé qu'on pourrait peut-être se servir avec avantage de l'iode en obstétrique; mais avant d'en faire usage, j'ai
(1) RÉVEIL. Des désinfectants et de leurs applications en thérapeutique. Archives générales de médecine, 18G3, I, p. 152.
(2) Davaine. Recherches relatives à l'action des substances antiseptiques sur le virus de la septicémie. ComjJtes rendus des séances de la Société de biologie, 10 janvier 1874, p. 25.
(3) Davaine. Recherches sur le traitement des maladies charbonneuses chez l'homme. Bulletin de VAcad. de médecine, 1880, p. 757.
TARSIER
DES ANTISEPTIQUES EN PARTICULIER
désiré que M. Vignal l'étudiât expérimentalement, comme il l'avait fait pour les autres antiseptiques. Voici le résumé de ces expériences :
Action microbicide de l'iode. — a) Streptocoque et staphylocoque. — lre Série d'expériences. — Il faut ajouter, par litre de bouillon, 0 gr. 90 d'iode métallique pour que le streptocoque ne se développe pas.
2e série. — Pour obtenir le même résultat, il faut introduire à 1 gr. 20 d'iode métallique par litre de culture de streptocoque âgée de 24 heures.
Dans les autres expériences, nous avons fait agir, chaque fois, les solutions iodées aux titres de 1, 2 et 3 pour 1000; nos résultats sont consignés dans le tableau suivant, qui indique le nombre de minutes nécessaires pour tuer le streptocoque :