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ACIDE BORIQUE

litre, niais vous ne dépasserez pas ce titre, sans quoi vous vous exposeriez à produire des hématuries, ainsi que l'a montré M. le professeur Guyon, qui s'est servi le premier, dès 1877, d'acide borique comme antiseptique vésical, sur le conseil de M. Pasteur (1).

Je vous dirai bientôt que, dans le but d'éviter les complications inflammatoires des gerçures et des crevasses du mamelon, je maintiens, en permanence, sur les seins, des compresses imbibées d'une solution de sublimé. Or, quelquefois, chez les femmes à peau fine et sensible, il se développe de l'hydrargyrie ; je suspends alors l'emploi du sublimé et je fais usage de compresses trempées dans l'acide borique. La plupart des accoucheurs, du reste, ne se servent que de solution boriquée pour le pansement des mamelles. Je sais que l'acide borique ne tuera ni les streptocoques, ni les staphylocoques fixés sur le mamelon; mais il s'opposera à leur pullulation, il les engourdira en quelque sorte, jusqu'au moment où ils seront entraînés par un lavage, ou peut-être même jusqu'à ce que, par la cicatrisation delà gerçure ou de la crevasse, la mamelle ne soit plus susceptible d'être infectée par ces microbes. Si le pansement a été bien fait, on ne verra probablement se développer ni lymphangite, ni abcès.

Enfin, l'acide borique est précieux chez les enfants. Il sert au lavage des yeux, au pansement des excoriations de la peau, et assez souvent il entre dans la composition de la poudre destinée au traitement de l'érythème des fesses.

Conclusions. — En résumé, l'acide borique est un antiseptique de très faible valeur, et ne trouve d'indication que dans des cas exceptionnels ; il doit être, en quelque sorte, le pisaller des antiseptiques communément employés.

(1) Pasteur. Comptes rendus des séances de VAcad. des Sciences, 1880. t. 90, p. 1043.

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i. — Naphtol.

Le naphtol est un phénol dérivé de la naphtaline. On emploie en médecine deux naphtols isomères désignés sous les noms de naphtol a et de naphtol |3. Ils diffèrent assez peu l'un de l'autre, aussi bien au point de vue clinique qu'au point de vue thérapeutique ; toutefois le naphtol a serait deux fois plus antiseptique que le naphtol [3 et moins toxique.

Le naphtol [3 est cependant le plus employé, c'est donc lui que j'aurai en vue dans l'étude qui va suivre; il cristallise en lamelles micacées, brillantes, incolores ou quelquefois rosées, presque inodores, d'une saveur voisine de celle du phénol. Il est très peu soluble dans l'eau, qui n'en dissout que 0 gr. 20 par litre, très soluble, au contraire, dans l'alcool, l'éther, le chloroforme, la glycérine. On peut augmenter la solubilité du naphtol dans l'eau par l'addition d'alcool ; ainsi, en ajoutant seulement 10 grammes d'alcool par litre d'eau, il se dissout 0 gr. 40 centigr. de naphtol ; en ajoutant 50 gr. d'alcool, il se dissout 1 gr. de naphtol.

Le naphtol a été introduit en thérapeutique par M. le professeur Bouchard, qui l'a recommandé principalement pour l'antisepsie de l'intestin; vous savez, en effet, qu'un antiseptique intestinal doit répondre aux deux conditions suivantes : n'être pas toxique et être peu soluble. Le naphtol [3 n'est pas toxique aux doses où son activité est suffisante, car on peut en absorber 2 gr. 50 par jour et même davantage, sans en éprouver le moindre inconvénient.

Après la publication des travaux de M. Bouchard, quelques accoucheurs pensèrent qu'on pourrait utiliser avec avantage le naphtol en obstétrique. M. Pinard l'employa alors pour les injections vaginales simples et pour l'irrigation continue, et M. Budin s'en servit contre l'ophtalmie purulente des nouveaunés. On a appliqué aussi des compresses trempées dans la solution naphtoléc sur les mamelons atteints de crevasses.

NAPHTOL

J'en ai fait usage à mon tour, pour en expérimenter la valeur. Une de mes salles a été consacrée pendant quelque temps au naphtol : A chacune des accouchées de cette salle on faisait, trois fois par jour, des injections vaginales avec la solution de naphtol (3 à 0,20 centigr. par litre. Les résultats fournis par le naphtol furent peu satisfaisants. L'état sanitaire de la salle laissa constamment à désirer, plusieurs femmes y devinrent malades, elles eurent de la fièvre, des frissons, et il ne fut pas rare d'ohserver des températures atteignant 38°, 5, 39° ou même davantage; en un mot, le naphtol n'empêchait pas la morbidité, alors que, dans les autres salles, l'état sanitaire était bon. Ces constatations cliniques tendaient donc à prouver que le naphtol n'est pas un bon antiseptique obstétrical et, de fait, M. Vignal et moi, nous sommes arrivés à la même conclusion à la suite de nos expériences de laboratoire que je vous rappellerai brièvement.

Action microbicido du naphtol. — Il faut ajouter 0 gr. 70 de naphtol (3, par litre de bouillon, si on veut que le streptocoque ne se développe pas; 1 gramme de naphtol devient nécessaire, quand le streptocoque est en voie de prolifération.

En employant, dans les cinq séries d'expériences suivantes, la solution de naphtol [3 à 0,40 centigr. par litre, M. Vignal a constaté qu'il fallait, comme avec l'acide borique, plus d'une heure pour tuer le streptocoque déposé soit sur les touffes de fil, soit sur la flanelle simple ou la flanelle albumineuse, autrement dit que, dans les conditions où nous nous sommes placés, la solution de naphtol n'a qu'un pouvoir antiseptique illusoire. Il faudrait qu'une injection vaginale à l'eau naphtolée durât plus d'une heure, deux heures peut-être, ou davantage, pour qu'elle fût capable de détruire la vitalité des streptocoques contenus dans le vagin.

Avec le vibrion septique, nous avons obtenu exactement les mêmes chiffres ; il faut encore 0 gr. 70 de naphtol [3, dans la lre série d'expériences, et 1 gr. 25 dans la seconde série, pour

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stériliser le bouillon inoculé avec le vibrion septique. Enfin, dans les autres expériences, la stérilisation n'était pas encore obtenue au bout d'une heure.

Emploi clinique. — Le naphtol est donc un antiseptique trop faible pour être employé dans le traitement curatif de la fièvre puerpérale. Il est insuffisant également pour s'opposer à l'éclosion de cette maladie, témoin ce qui s'est passé dans la salle où nous avions soumis les accouchées à ce médicament. De plus, il irrite parfois la muqueuse vulvo-vaginale.

Je puis donc conclure, et de notre expérience clinique et de nos recherches bactériologiques, que le naphtol doit être écarté de la pratique obstétricale ordinaire. Néanmoins, comme l'acide borique, il peut trouver quelques applications que je dois vous signaler.

La solution naphtolée est un mauvais bouillon de culture pour les microbes ; restant en permanence au contact d'une surface suspecte, elle empêche donc le développement des microorganismes et, par conséquent, s'oppose à la putréfaction. C'est pour ce motif qu'elle peut être employée avec avantage, comme la solution d'acide borique, dans le traitement post-opératoire d'une grossesse extra-utérine; en pratiquant des irrigations fréquentes, non seulement on entraine tous les débris qui se sont détachés des parois du kyste, mais encore on abandonne dans celui-ci une certaine quantité du liquide naphtolé, qui, agissant à la façon d'un bain antiseptique permanent, s'oppose, dans une certaine mesure, à la putréfaction des parois du sac et du placenta.

Si vous avez des raisons pour redouter chez une accouchée l'intoxication par les antiseptiques puissants, vous pourrez vous servir du naphtol, mais en vous rappelant qu'il ne confère pas une sécurité absolue . Vous surveillerez donc attentivement les accouchées soumises au naphtol, et vous serez, en quelque sorte, à l'affût des accidents infectieux ; il ne faut pas, en effet, que vos accouchées succombent à la

NAPHTOL

fièvre puerpérale, pour avoir été mises à l'abri de l'intoxication par les antiseptiques énergiques.

Le naphtol a été employé encore pour les irrigations oculaires des nouveau-nés atteints d'ophtalmie purulente (1). Déjà Chassaignac, à l'hôpital des Enfants-Assistés, obtenait de bons résultats des irrigations d'eau simple ; à priori, on peut donc supposer que la solution naphtolée produira des effets satisfaisants. Cependant je n'ai pas eu à m'en louer dans l'ophtalmie purulente, et je ne vous en conseille pas l'emploi.

Par contre, le naphtol sera d'une grande utilité pour assurer l'antisepsie intestinale et vous me voyez l'ordonner souvent. Je l'administre volontiers aux femmes qui ont de la diarrhée; je le prescris toujours aux éclamptiques pour éviter en partie la production, dans l'intestin, de ces matières toxiques, dont l'absorption joue un grand rôle dans la pathogénie de l'éclampsie, d'après M. Bouchard. Je l'ordonne encore, deux ou trois jours à l'avance, quand je dois pratiquer une opération grave, comme l'opération césarienne. Je m'en sers aussi chez les nouveau-nés atteints de diarrhée.

Conclusions. — Le naphtol est un peu irritant, et produit une légère cuisson, quand les injections vaginales sont souvent répétées, c'est le seul inconvénient qui résulte de son emploi. Il est très peu soluble et à peine antiseptique ; on ne doit donc pas l'employer d'une façon générale en injections vaginales chez les nouvelles accouchées ; mais il est utilisable dans quelques cas pathologiques : albuminurie, anémie grave. 11 sera conservé pour l'antisepsie intestinale.

(1) P. Budin et W. Vignal. Eecherches sur l'emploi du naphtol [5 dans l'ophtalmie purulente. Comptes rendus de la Société de Biologie, 19 mai 1888.

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j. — Hydrate de chloral.

Le chloral forme avec l'eau une combinaison cristalline, appelée hydrate de chloral. C'est un corps très volatil, translucide, cristallisé en masses volumineuses, d'odeur caractéristique, pénétrante. L'hydrate de chloral est très soluble dans l'eau; mais ses solutions s'affaiblissent assez rapidement, quand elles sont abandonnées à l'air, car le chloral se volatilise; il faut donc les conserver dans des flacons bien bouchés.

On a vanté la puissance antiseptique de l'hydrate de chloral, mais en réalité elle est médiocre ; je l'avais remarqué depuis longtemps, aussi n'ai-je que rarement employé cet antiseptique en clinique. En solution à 2 0/0, il est déjà un peu caustique et provoque de la douleur, de la cuisson ; le titre d'une solution d'hydrate de chloral, pour injections vaginales, ne doit donc pas dépasser 1 0/0. Malheureusement la solution chloralée à 1 0/0 est aussi peu active que les solutions naphtolée et boriquée, ainsi que le démontrent nos recherches de laboratoire.

Il faut, en effet, 4 gr. d'hydrate de chloral, par litre de bouillon, pour empêcher le développement du streptocoque, et 10 gr. par litre pour tuer ce microbe, quand il a déjà proliféré dans le bouillon. Quant à la solution à 10 gr. pour 1000, il lui faut plus d'une heure pour tuer le streptocoque dans les 3e, 4e, 5e et 7e séries d'expériences ; il en est de même pour la solution à 20 gr. pour 1000, sauf dans la 7° série d'expériences (flanelle albumineuse non lavée) où un bain de 50 minutes suffit à tuer le streptocoque.

L'hydrate de chloral est donc un antiseptique insuffisant, et on devrait renoncer à son emploi. Néanmoins, nous nous en servons pendant la grossesse, en applications sur les gencives, ou bien encore pour les lavages de la bouche. Enfin dans les hôpitaux, on l'utilise aussi pour conserver des pièces anato-

CRÉOLINE

miques ou des placentas ; mais ce ne sont là que des emplois très restreints.

k. — Créoline

La créoline est une substance encore peu connue, dérivée du goudron de houille à l'aide de procédés tenus secrets et qui varient avec les fabricants ; les créolines du commerce n'ont donc pas toutes la même composition. La plus employée est la créoline de Pearson ou créoline anglaise ; on la retire de la créosote de houille qu'on débarrasse de son acide phénique par la résine et la soude.

La créoline est un liquide brun foncé, sirupeux, ayant une grande ressemblance avec le coaltar. Son odeur, assez désagréable, rappelle celle du goudron et de la créosote.

La créoline est insoluble dans l'eau. Quand on la verse goutte à goutte dans l'eau, il se forme d'abord des nuages blanchâtres qui ne tardent pas à se réunir en une émulsion homogène, laiteuse comme de l'orgeat ; si la quantité de créoline est plus considérable, le liquide devient brunâtre et ressemble à une bavaroise au chocolat mal faite. Une émulsion de créoline à 3 0/0 donne au contact de la peau une sensation de fraîcheur agréable; au contraire, une solution à 5 0/0 produit une cuisson persistante. La muqueuse vaginale est plus sensible que la peau et ne supporte ni la solution à 2 0/0, ni même la solution à 1 0/0, qui causent de véritables brûlures. Aussi, pour faire les injections vaginales, ne peut-on employer de solution contenant plus de 5 grammes de créoline par litre.

C'est en Allemagne qu'on a le mieux étudié la créoline, et en 1887, Kortum, de Schwerin, après en avoir vanté la puissance antiseptique, en a conseillé l'emploi (1). Garrigues, de New- York, l'a aussi recommandée un peu plus tard (2).

(1) Kortum. Das Creolin, ein zweckmâssiges Desinfectionsmittel fur die Geburtshilfe. Centralblatt f. Gyn., 11 février 1888.

(2) Garrigues. Sublimé corrosif et créoline en obstétrique. American Journ. ofthe mecl. Sciences, août 1889.

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Depuis, elle a été très en vogue, principalement en Allemagne ; on a même contraint les sages-femmes, en Alsace-Lorraine, à ne se servir que de créoline pour les injections vaginales. D'après les médecins qui vantent la créoline, elle serait excellente pour panser les plaies, les abcès, les ulcères ; mais comment expliquer alors les résultats des expériences entreprises par Janowski? Cet auteur injecte de la créoline à des chiens et constate que ces injections déterminent de la suppuration et des abcès, bien que l'opération ait été faite avec les plus minutieuses précautions antiseptiques. Il est bien difiicile de faire accorder ces différentes assertions, et je me hâte de vous rappeler nos recherches expérimentales.

Action microbicide de la créoline. — lre Série d'expériences. — Bouillon dans lequel on introduit simultanément le streptocoque et la créoline. Il faut 3 grammes de créoline, par litre, pour empêcher le développement du streptocoque.

2e Série d'expériences. — Culture de streptocoque en voie de prolifération. Il est nécessaire d'y verser 4 gr. de créoline par litre pour rendre la culture stérile et tuer le streptocoque.

Dans les autres expériences, on a employé Fémulsion de créoline à 10 gr. par litre.

3e Série d'expériences. — Fil de soie imprégné de streptocoque. Le microbe est tué après un séjour de 40 minutes dans la solution de créoline à 10 p. 1000.

4e Série d'expériences. — Flanelle simple. Le microbe est tué également après un séjour de 40 minutes dans cette solution.

5e Série d'expériences. — La flanelle albumineuse est stérilisée au bout de 54 minutes.

7e Série d'expériences. — Flanelle albumineuse non lavée. Le streptocoque est tué au bout de 22 minutes.

Ces expériences montrent que Fémulsion de créoline à 10 p. 1000 n'est pas très active; les résultats sont encore bien

OXYCYANUre DE MERCURE

moins satisfaisants quand on emploie la solution à 5 p. 1000 qui seule peut être employée en clinique. Dans les 3e, 4° et 5e séries d'expériences, il faut, en effet, plus d'une heure pour tuer le streptocoque, exactement comme pour le chloral et l'acide borique. Dans la 7e série seule, la créoline se montre supérieure à ces dernières substances, car il ne faut -plus à la flanelle qu'un séjour de 30 minutes pour que le streptocoque soit tué.

La créoline appartient donc aux antiseptiques d'ordre inférieur. Elle est très irritante; par conséquent, il devient impossible de l'employer à la dose déjà peu active de 10 p. 1000; elle n'est plus caustique, il est vrai, à 5 p. 1000, mais alors elle cesse d'être efficace. D'ailleurs, c'est une substance liquide et par suite d'un transport et d'un maniement incommodes. Je pense donc qu'elle ne doit pas entrer dans la pratique des accouchements.

J'aurais été autorisé à passer sous silence la créoline qui est peu connue chez nous, et qui n'est pas encore très répandue à l'étranger. Mais l'enthousiasme qui s'est manifesté en faveur de cette substance m'avait frappé, et j'ai voulu savoir par moimême s'il était justifié. A entendre certains médecins, il suffirait de faire dissoudre une cuillerée à café de créoline dans un litre d'eau, pour obtenir un liquide éminemment antiseptique. C'est de l'exagération; en réalité, la créoline est un mauvais antiseptique. Sachez-le bien et ne vous laissez pas séduire par les réclames fantaisistes dont les fabricants de créoline remplissent les journaux médicaux et politiques.

L — Oxycyanure de mercure.

Au seul nom d'oxycyanure de mercure, on s'attend à trouver un poison subtil et un antiseptique pour le moins aussi puissant que le sublimé. Il n'en est rien.

Ce sel a été préconisé tout récemment comme antiseptique

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par M. P. Ghibret qui, après avoir rapporté des expériences entreprises sur le pouvoir antiseptique de ce corps, affirme que « employée en chirurgie sur les surfaces suppurantes ou pour rendre aseptiques les muqueuses, et particulièrement la conjonctive, la solution d'oxycyanure de mercure à 1 p. 1500 permet d'obtenir une asepsie supérieure à celle que l'on obtient par le sublimé, tant à cause de la tolérance des tissus que par suite de sa faible absorption » (1). Mais les recherches expérimentales de M. Vignal sont loin de fournir les mêmes conclusions. Je vous les rappelle.

Pour stériliser un litre de bouillon dans les conditions de la

lre Série d'expériences, il faut Os, 05 d'oxycyanure de mercure. 2e » » » Os, 75 » »

Dans les séries d'expériences suivantes, on a employé la solution à 1 p. 1000.

3e, 4e et 5e Séries d'expériences. — Il faut plus d'une heure pour tuer le streptocoque.

7e Série d'expériences. — Il faut 12 minutes.

D'après les expériences 3, 4 et 5, un simple bain (suivi de lavage) dans la solution d'oxycyanure au millième, durât-il plus d'une heure, est insuffisant pour tuer le streptocoque. Dans l'expérience 7, c'est seulement quand l'oxycyanure de mercure, entraîné avec la flanelle albumineuse non lavée, peut poursuivre son action dans le bouillon de culture, qu'il possède une certaine puissance antiseptique.

Donc, comme l'acide borique, comme le naphtol, comme la créoline, l'oxycyanure de mercure est un mauvais antiseptique obstétrical. Qu'il offre des avantages en oculistique, je n'en disconviens pas : les oculistes désirent surtout que les instruments délicats, les fins tranchants et les pointes des couteaux,

(1) Chibret. Etude comparative des pouvoirs antiseptiques du cyanure de mercure, de l'oxycyanure de mercure et du sublimé. Comptes rendus des séances de V Académie des sciences, l'J juillet 1888, t. 107, p. 119.

IODK

ne soient pas émoussés; or, les solutions d'oxycyanure de mercure n'altèrent pas l'acier, comme le font le bichlorure et le biiodure. Mais les accoucheurs, n'ayant aucun instrument délicat à ménager, doivent envisager les antiseptiques à un autre point de vue, et par conséquent repousser l'oxycyanure de mercure. Ce sel aurait encore le désavantage d'exposer aux intoxications mercurielles.

m. — Iode.

L'iode appartient à la classe des métalloïdes. C'est un corps solide, cristallisé en grandes lames opaques, gris d'acier, douées d'un éclat presque métallique. Son odeur désagréable est caractéristique, elle rappelle l'odeur du chlore et du brome, mais elle est moins pénétrante. A la température ordinaire, l'iode émet des vapeurs qui se condensent peu à peu, sous forme de cristaux brillants, à la partie supérieure des flacons dans lesquels on le conserve; chauffé, l'iode métallique se volatilise entièrement et donne naissance à des vapeurs lourdes, d'une belle couleur violette à laquelle ce corps doit son nom.

11 colore la peau et les tissus en jaune, mais cette coloration, toute passagère, disparait assez vite par l'évaporation de l'iode.

Il est presque insoluble dans l'eau. A 10°, 1 gramme d'iode exige, pour se dissoudre, environ 5 litres et demi d'eau; la solution est d'un brun clair et répand une faible odeur d'iode. L'iode est au contraire très soluble dans l'alcool, l'éther, le chloroforme, la benzine ; il se dissout également dans l'eau en présence del'émétique et surtout des iodures alcalins, de l'iodure de potassium, par exemple. Les solutions d'iode dans le chloroforme et la benzine ont une belle coloration violette ; les solutions faites avec les autres liquides sont brunes.

La solution alcoolique, ou teinture d'iode, laisse déposer

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quand on l'étend d'eau, presque tout l'iode qu'elle renferme; la solution d'iode dans l'eau additionnée d'iodure de potassium, appelée eau iodée, ne donne au contraire aucun précipité par addition d'eau.

L'iode a été découvert, en 1811, par le chimiste Courtois et peu de temps après, en 1820, Coindet, médecin à Genève, l'employa pour la première fois en thérapeutique, dans le traitement du goitre et des maladies scrofuleuses. L'emploi de l'iode ne tarda pas à se généraliser. En 1840, Boinet en fit une étude très complète (i), dans laquelle il montra les bénéfices qu'on en retire dans un grand nombre d'affections, tant médicales que chirurgicales, et signala les bons effets des applications iodées sur les plaies de toute nature. En résumé, il considérait l'iode comme un désinfectant et un antiputride de premier ordre.

Velpeau se servait de l'iode en injections dans les hydrocèles, les kystes, etc.

En 1857, Dupierris, de la Havane (2), recommanda, l'un des premiers, les injections intra-utérines de liquide iodé contre les hémorrhagies post-partum. Dans cinq cas d'hémorrhagies très graves survenues après l'accouchement, il y eut recours avec succès, car les hémorrhagies s'arrêtèrent. Dupierris fit remarquer, en outre, que non seulement ces injections n'avaient pas eu d'effet nuisible, mais que, chez les femmes qui y avaient été soumises, les lochies avaient présenté une durée et une abondance moindres que dans les cas ordinaires.

En 1870, il publia un nouveau mémoire (3) dans lequel, après avoir confirmé les faits avancés dans son premier travail, il montra que les injections iodées pratiquées dans la cavit é utérine empêchaient le développement de la fièvre puerpérale, et constituaient un bon traitement de cette maladie.

(1) Boinet. lodotMrapie, in-8, Paris, 1840.

(2) Dupierris. Des injections iodées dans la cavité utérine dans les cas d'hémorrhagies utérines après l'accouchement. Gazette des hôpitaux, 1857, p. 145.

(3) Dupierris. Effet des injections iodées dans la cavité utérine pour arrêter les métrorrhagies succédant il la délivrance et comme moyen préventif de la fièvre puerpérale. Brochure. Paris, 1870.

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