‹ De l'asepsie et de l'antisepsie en obstétrique [electronic resource]Chapitre 37 sur 81 · COULEURS D'ANILINE ET DE QUINOLEINE · texte numérisé non relu

COULEURS D'ANILINE ET DE QUINOLEINE

0 gr. 35 de violet de méthyle 0 gr. 35 d'auramine de méthyle

pour qu'un litre de bouillon nutritif, ensemencé avec une culture de streptocoque, reste stérile.

2e série d'expériences. — Il est nécessaire d'ajouter par litre de bouillon :

0 gr. 47 de violet de méthyle

1 gr. 25 d'auramine de méthyle

pour tuer le streptocoque, qui pullule depuis vingt-quatre heures dans ce bouillon.

Il y a loin de ces chiffres à ceux de Stilling, d'après lesquels le streptocoque serait détruit dans une solution à 1 pour 64,000. Mais les autres séries d'expériences, qui se rapprochent davantage des conditions offertes par la clinique, sont encore plus démonstratives ; toutes fournissent d'ailleurs les mêmes résultats.

Avec l'une comme avec l'autre matière colorante, au bout d'«7ie heure de séjour dans la solution aqueuse au 1000e, le streptocoque et le staphylocoque vivent encore, qu'il s'agisse du fil de soie, de la flanelle simple, ou de la flanelle albumineuse. Cela suffit pour m'autoriser à vous dire que les couleurs d'aniline ont une valeur antiseptique presque nulle, du moins dans les conditions où nous sommes placés ; elles ne valent ni plus ni moins que l'acide borique. D'ailleurs, les solutions de violet de méthyle au 1000° ont une coloration si intense, qu'il serait très désagréable de les employer en injection. Il nous faut donc rejeter absolument les couleurs d'aniline.

Ces conclusions s'appliquent également à la safranine et à la cyanine ou bleu de quinoléine, dont MM. Germain Sée et Morau ont étudié le pouvoir antiseptique (1). Voici en effet

(1) G. Sée et Morau. Note sur le pouvoir antiseptique de quelques dérivés de la série aromatique de l'aniline. La médecine moderne, 8 mai 1890.

DES ANTISEPTIQUES EN PARTICULIER

les résultats des expériences entreprises par M. Vignal avec ces substances colorantes.

lro série d'expériences. — Pour empêcher le développement du streptocoque, il faut ajouter par litre de bouillon de culture :

0 gr. 75 de safranine 0 gr. 57 de cyanine.

2e série d'expériences. — Si le streptocoque pullule dans le bouillon depuis vingt-quatre heures, il devient nécessaire, pour stériliser ce bouillon, de l'additionner de :

0 gr. 90 de safranine 0 gr. 65 de cyanine.

Pour toutes les autres séries d'expériences, nous avons obtenu les mêmes résultats qu'avec les pyoctanines, c'est-àdire que, même après un séjour d'une heure dans les solutions de safranine ou de cyanine au 1000°, les microbes vivent encore. Les accoucheurs doivent donc abandonner la safranine et la cyanine.

Il ne faudrait pas croire, d'ailleurs, que les matières colorantes dérivées de l'aniline et de la quinoléine soient inoffensives ; elles peuvent, au contraire, déterminer des intoxications graves. Stilling lui-même l'avait parfaitement reconnu, car il dit que 10 cent, cubes de la solution de bleu de méthyle au 1000°, injectés dans le péritoine des lapins, suffisent à tuer ces derniers.

J'ai voulu répéter ces expériences et, avec l'aide de M. Vignal, j'ai injecté à des lapins adultes du violet et du jaune de méthyle et du bleu de quinoléine. Les injections ont été faites dans la cavité abdominale de ces animaux, dans la proportion de un centigramme de matière colorante par kilogramme de lapin. A la suite de ces inoculations, les lapins n'ont pas tardé à tomber malades ; ils sont devenus faibles et somnolents, ont perdu leurs poils et, après avoir considérablement maigri, ont fini par succomber dans le marasme. A l'autopsie, nous n'avons découvert aucune lésion particulière.

MICROCIDINE

o. — Microcidine (1).

M. Berlioz, professeur à l'École de médecine de Grenoble, a préconisé, en 1891, un nouvel antiseptique qu'il appelle microcidine, et qu'il prépare en ajoutant à du naphtol (3, porté à la température de fusion, la moitié de son poids de soude caustique : le liquide entre alors en ébullition et sa couleur, qui était noirâtre immédiatement après l'addition de la soude , prend une teinte jaune. On arrête à ce moment l'opération. Par refroidissement on obtient une substance blanchâtre qui constitue la microcidine (2).

La microcidine est encore appelée naphtolate de soude ou n aph toi a Icalin .

Voici comment M. Grimbert, pharmacien en chef de la Clinique, la prépare pour les besoins de mon service. Il ajoute à une lessive de soude au tiers, du naphtol (3 dans la proportion de deux parties de naphtol pour une partie de soude caustique, puis il fait bouillir le mélange jusqu'à ce que la dissolution du naphtol soit parfaite ; un quart d'heure d'ébullition suffit en général. On obtient de cette façon un liquide presque incolore.

Ce liquide contient une quantité de microcidine égale à la somme des poids du naphtol et de la soude caustique qui ont servi à la préparer ; un simple calcul suffit donc pour déterminer combien une quantité quelconque de cette solution renferme de microcidine.

Sur ma demande, M. Grimbert a bien voulu soumettre cette solution à une évaporation rapide par l'ébullition; le naphtolate de soude ainsi obtenu et pulvérisé a tous les caractères

(1) La microcidine n'a été expérimentée dans mon laboratoire et employée dans mon service qu'en 1891, un an par conséquent après les leçons que j'ai faites sur les autres antiseptiques.

(2) F. Berlioz. — Etude d'un nouvel antiseptique, la microcidine. Brochure Grenoble, 1891, p. 15.

DES ANTISEPTIQUES EN PARTICULIER

de la substance vendue dans le commerce sous le nom de microcidine.

Les solutions employées dans mon service sont colorées en jaune par l'orangé Poirier.

La microcidine n'est pas un composé défini : elle est formée pour les trois quarts de naphtolate de soude et d'un excès de soude, et, pour le reste, de composés naphtoliques et phénoliques encore mal connus, et qui ont peut-être une part dans ses propriétés antiseptiques. La microcidine, exposée à l'air et à la lumière, ne tarde pas à prendre une coloration brunâtre comme tous les dérivés des phénols. C'est un léger inconvénient, car les solutions de microcidine, au lieu d'être incolores, paraissent malpropres, mais leurs propriétés antiseptiques ne sont pas modifiées. La microcidine est soluble dans trois fois son poids d'eau : ses solutions, onctueuses au toucher, sont très fortement alcalines et ne coagulent pas l'albumine.

M. Polaillon a lu à l'Académie de médecine (1) un rapport dans lequel il insiste sur les propriétés antiseptiques de la microcidine, qu'il considère comme un antiseptique puissant et non toxique.

Action microbicide. — Fidèle à ma manière de faire, j'ai prié M. Vignal de répéter avec la microcidine les expériences instituées pour les autres antiseptiques, et les résultats qu'il a obtenus ont été très satisfaisants.

a) Streptocoque et staphylocoque. — Ainsi, il faut ajouter O'-'^O de microcidine par litre de bouillon nutritif pour empêcher le développement du streptocoque, et 0gr,30 à 0gr,40 pour arrêter ce développement quand il a déjà débuté.

Un séjour de 15 minutes dans une solution de microcidine à 4 pour 1000 suffit pour tuer le streptocoque qui imprègne des fils de soie ou des fragments de flanelle (3e et 4e séries d'expériences). Si la culture qui a servi à inoculer la flanelle a été

(1) Bulletin de l'Académie de médee/nc, 1891, p. f>60.

MICROCIDINE

rendue albumineuse, il faut de 20 à 25 minutes pour obtenir le môme résultat (5e série d'expériences). Enfin, si on se dispense délaver la flanelle au sortir du bain antiseptique, la stérilisation n'exige plus qu'une immersion de 8 à 10 minutes dans la solution de mierocidine à 4 pour 1000 (7e série d'expériences).

En dernier lieu, nous avons examiné au point de vue bactériologique, dans les conditions de la 8e série d'expériences, le mucus cervical chez les femmes traitées exclusivement par la mierocidine à 4 pour 1000, tant pour l'injection intrautérine consécutive à la délivrance, que pour les injections vaginales des suites de couches. Sur 10 femmes examinées, 7 fois les lochies ont été trouvées exemptes de micro-organismes, 3 fois seulement la culture a été fertile.

b) Vibrion septique. — La mierocidine est tout aussi active en présence du vibrion septique.

Dans la lre et la 2e séries d'expériences, il faut 0g,35 et 0g,40 de mierocidine pour stériliser un litre de bouillon inoculé avec le vibrion septique : Un séjour de 13 à 15 minutes suffit pour les fils de soie; de 16 à 18 minutes, pour la flanelle simple; de 25 à 28 minutes pour la flanelle albumineuse ; enfin, si on ne soumet pas la flanelle albumineuse à un lavage au sortir de l'antiseptique, celle-ci n'a besoin, pour être stérilisée que d'être plongée pendant 7 à 8 minutes dans une solution de mierocidine à 4 p. 1000.

Emploi clinique de la mierocidine. — Les recherches précédentes nous démontrent que la mierocidine à 4 p. 1000 est un antiseptique puissant. C'est pourquoi j'ai voulu l'expérimenter dans mes salles, et les résultats qu'elle m'a donnés ont été si satisfaisants que je continue à m'en servir; j'ai même de la tendance à en généraliser l'emploi.

Les injections sont faites avec la solution à 4 grammes par litre que l'on obtient en dédoublant, avec de l'eau bouillante, la solution à 8 grammes par litre préparée chaque jour

par le pharmacien du service et conservée dans des jarres. Jamais, dans mon service, les injections vaginales, préparées avec la microcidine à la dose de 4 grammes par litre, n'ont déterminé de douleurs. J'y insiste, car les solutions faites avec la microcidine vendue dans le commerce, produisent souvent, au contraire, des sensations de brûlure très pénibles pour les femmes ; de plus, cette dernière microcidine ne se dissout pas complètement, et il reste dans le liquide une poudre quibouche rapidement les canules à injections. J'ai donc lieu de croire que ces différences dans les propriétés de la microcidine tiennent à son mode de préparation, et je vous conseille de faire préparer le naphtolate de soude par voie humide, ainsi que je l'ai indiqué plus haut (voyez p. 313).

Aujourd'hui, à la salle de travail, j'emploie presque exclusivement la microcidine, aussi bien en injections vaginales avant l'accouchement, qu'en injections intra-utérines après la délivrance; dans la moitié de mes salles d'accouchées, je m'en sers aussi pour faire les injections vaginales, l'autre partie de ces salles étant soumise au sublimé, et une expérience qui remonte aujourd'hui à près d'un an, m'a démontré que la microcidine rend à peu près, en clinique, les mêmes services que le bichlorure de mercure. Je suis donc très satisfait de la microcidine, et je suis tout disposé à croire qu'elle sera de plus en plus employée, du moins en obstétrique, car elle est très active et parait ne pas être toxique.

p. — Lysol.

Depuis quelques mois on vante beaucoup en Allemagne un nouvel antiseptique, le lysol, dont la préparation est tenue secrète, et qu'on obtient, dit-on, en chauffant, avec un alcali et un corps gras, le crésylol provenant de la rectification, entre 195° et 205°, des huiles lourdes de goudron de houille (1).

(1) Le Lysol. Seule préparation à base de crésylol, entièrement soluble. Ses propriétés antiseptiques et ses applications. Brochure. Paris, 1891.

Le lysol est un liquide de couleur brune, dont l'odeur est intermédiaire entre celle du coaltar et de l'acide phénique ; il est très solublc dans l'eau, avec laquelle il donne une solution onctueuse comme de l'eau de savon et dont la coloration, jaunâtre au début, devient de plus en plus foncée par son exposition à la lumière. Quand l'eau, employée pour dissoudre le lysol, est calcaire, il se produit une légère opalescence, due à la formation de crésylates terreux insolubles.

A l'époque où nous avons fait nos expériences sur le lysol, nous n'avons pu nous en procurer, même auprès des fabricants, que de très petites quantités. Aussi avons-nous été dans l'impossibilité de répéter avec ce corps les expériences cliniques de la 8e série, mais voici les résultats que nous ont fournis les recherches de laboratoire.

lro Série d'expériences. — 1 gr. 50 de lysol empêche le développement du streptocoque et du staphylocoque dans un litre de bouillon.

2e série. — 2 gr. 50 à 3 gr. de lysol arrêtent le développement de ces micro-organismes en voie de multiplication dans un litre de bouillon de culture.

3e et 4e séries. — Un séjour de 12 minutes dans une solution de lysol à 20 grammes pour 1000 tue les mêmes microorganismes disséminés sur des fils de soie ou sur de la flanelle.

5e série. — Quand la flanelle est imprégnée de culture albumineuse, elle doit rester plongée dans la même solution pendant 25 à 30 minutes.

7e série. — Enfin si, au sortir du bain, on se dispense d'enlever parle lavage, l'excès d'antiseptique qui est entraîné par la flanelle, un séjour de 10 ;à 12 minutes suffit pour détruire la vitalité des microbes.

Cela fait, nous avons répété les mêmes expériences avec la solution de lysol à 10 grammes pour 1000. Mais l'efficacité de ce nouveau liquide est bien inférieure à celle du précédent : il faut, en effet, dans la 3° et la 4e séries d'expériences, 20 mi-

DES ANTISEPTIQUES EN PARTICULIER

nutes de séjour, et dans la 5e série 30 à 35 minutes, pour tuer le streptocoque et le staphylocoque.

Il semble résulter de ces expériences, que le lysol est un assez bon antiseptique ; mais il ne me paraît pas utile d'en recommander l'emploi, quand nous pouvons nous servir de lamicrocidine, qui est au moins aussi puissante, qui a fait ses preuves aujourd'hui, et dont la préparation n'est entourée d'aucun mystère.

q. — Fluochlorure de sodium.

En 1887, William Thompson (1) ayant attiré l'attention sur les préparations de fluor, auxquelles il accorde des propriétés antiseptiques puissantes, nous avons étudié le fluochlorure de sodium, dont nous nous sommes procuré quelques échantillons chez divers fabricants de produits chimiques.

C'est un corps solide, cristallisé en petites aiguilles. Malheureusement il est très peu soluble dans l'eau et la solution ne s'effectue qu'à chaud.

Nous avons répété nos expériences avec cette substance, et nous avons trouvé qu'il faut introduire 0 gr. 25 de fluochlorure de sodium par litre de bouillon nutritif, pour rendre ce bouillon réfractaire au développement du . streptocoque, et que pour tuer ce microbe dans une culture âgée de vingtquatre heures, il faut saturer cette culture avec du fluochlorure de sodium. Aussi n'avons-nous pas été étonnés, en constatant qu'au bout d'une heure de séjour des fds de soie, dans la solution saturée de ce sel, le streptocoque et le staphylocoque n'étaient pas tués ; il en est de môme pour les autres séries d'expériences.

Le fluochlorure de sodium est donc un antiseptique de peu de valeur; il aurait toutefois l'avantage de n'être pas toxique.

(1) Semaine médicale. Paris, 1887, p. 363.

IODOFOÎÎME

r. — Iodoforme.

Pour terminer l'étude des antiseptiques, j'ai encore à m'occuper de deux substances que nous employons à l'état solide : l'iodoforme et le salol. Commençons par l'iodoforme.

Propriétés. — L'iodoforme a été découvert, en 1822, par Sérullas, de Metz. C'est un corps solide, cristallisé en paillettes nacrées, douces au toucher, d'un jaune de soufre et d'une odeur caractéristique et persistante. Cette odeur est si désagréable, que les malades demandent quelquefois expressément au médecin de renoncer à l'emploi de l'iodoforme. A l'hôpital, nous n'avons guère à en tenir compte et cela est fort heureux, car cet antiseptique nous rend de véritables services. Toutefois, on peut masquer cette odeur par l'addition de quelques gouttes d'essences de menthe, de citron ou de rose.

L'iodoforme est insoluble dans l'eau ; il est très soluble au contraire dans l'alcool, l'éther, les huiles grasses et les huiles essentielles ; ces propriétés sont utilisées par les chirurgiens qui emploient l'éther, le collodion et les pommades iodoformés. L'iodoforme cristallisé n'est pas sensiblement altéré par les rayons solaires; mais ses solutions, d'abord jaune clair, ne tardent pas à prendre, quand elles sont exposées à la lumière, une couleur rouge violet intense, par suite de la mise en liberté d'une certaine quantité d'iode.

Historique. — L'iodoforme, conseillé, en 1836, par Bouchardat, pour combattre les accidents scrofuleux et le cancer (1), a été appliqué pour la première fois, en 1853, au pansement des plaies par un chirurgien italien Righini, d'Ollegio (2),

(1) Bouchard AT. Éléments de matière médicale et de pharmacie, in-8°, Paris,

(2) D'après Rohmer. Du pansement à l'iodoforme. B.evue de chirurgie, 1882, p. 575.

DES ANTISEPTIQUES EN PARTICULIER

qui chercha à mettre en évidence ses propriétés désinfectantes.

Plus tard, Demarquay (1) en fit grand usage et démontra que l'iodoforme agit à la fois comme un anesthésique local, un modificateur des sécrétions et un désinfectant de premier ordre. Malgré cela, l'emploi de l'iodoforme était assez restreint, lorsqu'en 1880, Mosetig-Moorhoff (2), de Vienne, et après lui Mikulicz (3) le remirent en honneur. Aussitôt l'iodoforme fut adopté presque avec enthousiasme, et aujourd'hui il est universellement employé en chirurgie et en obstétrique.

Emploi de l'iodoforme en obstétrique. — Les accoucheurs l'emploient en poudre, en pommade, en crayons, et sous forme de gaze et de coton iodoformés, qu'on trouve tout préparés dans le commerce.

Vous me voyez employer fiodoforme dans bien des circonstances. Ordinairement, il s'agit de plaies pôrinéales, vulvaires et vaginales. Si nous faisons des sutures du périnée ou si nous appliquons des serres-fines, nous lavons d'abord la plaie antiseptiquement et, après en avoir affronté les bords, nous saupoudrons d'iodoforme la ligne de réunion. Quand les plaies sont petites, peu importantes, nous les laissons se cicatriser sans suture et sans serres-fines. Il en est de môme quand la solution de continuité s'est produite dans des tissus œdématiés, contus, infiltrés, qui se réunissent mal par première intention, et dont la partie superficielle se gangrène souvent. Dans ces cas, il est nécessaire de maintenir la vulve et le périnée en état d'asepsie aussi parfaite que possible, et alors,

(1) Demarquay. Recherches cliniques sur l'application de l'iodoforme au traitement du cancer de l'utérus, des maladies de la vessie et de la prostate. Bulletin (/encrai de thérapeutique, 1867, t. LXXII, p. 399.

(2) Mosetig-Moorhoff. — Wiener medizin. Woc7tensch., 1880, n" 43 et suiv. et : Das Iodoform-Verband. Yolkmann's Sammlung klinischer Vortrage, n° 11, (Chirurgie, n° 68).

(3) Mikulicz. Du pansement iodoformé. Wiener medizin. Woc7icnsch., 1B91, n<> 23.

IODOFOIiME

indépendamment, des lavages et des injections antiseptiques, nous faisons des pansements avec de l'iodoforme en poudre, de la gaze et du coton iodoformés. La poudre, aussi fine que possible, est projetée en petite quantité sur la surface des plaies, avec une spatule ou de préférence avec un insufilateur spécial ; celui-ci a l'avantage de ne nécessiter qu'une petite quantité d'iodoforme, ce qui met mieux à l'abri des intoxications. Les lochies, aussi bien que les liquides sécrétés par les plaies périnéales, s'imprègnent ainsi d'iodoforme, et deviennent alors des milieux stériles pour les microbes.

Quand les plaies sont plus profondes, qu'elles atteignent, par exemple, la partie supérieure du vagin et le col de l'utérus, les pansemeuts iodoformés sont encore plus utiles. Enfin, s'il y a une rupture de l'utérus, l'emploi de la gaze iodoformée, sous forme de tamponnement, est presque indispensable. On renouvelle d'ailleurs ce pansement à des intervalles assez rapprochés, et chaque fois on pratique une injection vaginale. De la sorte, on se met dans les conditions les plus favorables pour éviter l'accès des germes, empêcher la pullulation de ceux qui séjournent dans les organes génitaux, et l'on s'oppose ainsi, dans la mesure du possible, à l'éclosion des accidents infectieux.

Vous savez que souvent, dans la grossesse extra-utérine, on termine l'opération en suturant à la paroi abdominale le sac dont le fœtus vient d'être extrait ; il reste alors une poche ouverte à l'extérieur, et qui peut s'infecter. Aussi, certains opérateurs ont-ils conseillé de la bourrer avec de la gaze iodoformée, qu'on laisse à demeure le plus longtemps possible. Vous pourrez fort bien adopter cette manière de faire, au moins dans les premiers jours qui suivent l'opération, si l'écoulement n'est pas abondant, et s'il n'existe pas de fétidité ; vous vous opposerez de la sorte à la putréfaction du placenta encore adhérent au fond de la poche kystique.

C'est une conduite un peu analogue à celle que je préconise pour le traitement de la rétention du placenta, après Favortement; j'y reviendrai plus loin, mais je veux cependant

Page 1