TARN 1ER
DES ANTISEPTIQUES EX PARTICULIER
vous dire tout de suite que, dans ce dernier cas, je fais, après chaque injection, un pansement vaginal à la gaze iodoformée, pour assurer l'antisepsie pendant l'intervalle des irrigations. Le placenta resté dans l'utérus est alors sans communication, pour ainsi dire, avec l'extérieur, et n'est plus exposé à l'atteinte des microbes.
Nous employons encore la gaze iodoformée dans l'accouchement prématuré artificiel. Vous devinez bien que pour ne pas introduire dans l'utérus de germes pathogènes pendant l'opération, il faut non seulement se servir d'instruments stérilisés, mais encore avoir rendu, au préalable, le canal génital aseptique. C'est pour cette raison que, trois ou quatre jours avant de provoquer l'accouchement, je fais pratiquer des injections vaginales, et tamponner le vagin avec de la gaze iodoformée qui est renouvelée après chaque injection.
On a encore porté l'iodoforme sous forme de crayons dans la cavité utérine après l'accouchement. L'iodoforme se répand alors sur toute l'étendue de la muqueuse utérine, et y constitue une couche antiseptique à demeure. Spaeth, de Vienne, le faisait chez toutes ses accouchées (1).
A Paris, M. Porak avait adopté la même conduite, et voici comment elle est exposée par un de ses élèves, M. Charles (2) : « Après la délivrance, môme dans les cas de délivrance naturelle, une injection intra-utérine est administrée... Après cette injection, on introduit et on laisse à demeure, dans la cavité utérine, un suppositoire contenant 5 gr. d'iodoforme mélangés à une quantité égale de beurre de cacao. Cet agent antiseptique agit d'une double façon; il détermine d'abord l'antisepsie immédiate dans la cavité utérine, dans le cas où des bactéries n'auraient pas été entraînées par l'injection ; il contribue ensuite, et c'est là un grand avantage, à maintenir cette cavité
(1) Ehrf.ndorfer. Sur l'emploi des crayons d'iodoforme dans le traitement intra-utérin des suites découches. Arch. fur GyuàkoL, 1881, t. XXVI, p. 84.
(2) Charles. De l'antisepsie à la Maternité de l'hôpital St-Louis. Thèse de Paris, 1887, p. 31.