‹ De l'asepsie et de l'antisepsie en obstétrique [electronic resource]Chapitre 7 sur 81 · INFLUENCE DES DOCTRINES ÉTIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES DOCTRINES ÉTIOLOGIQUES

pratiques qui ne devaient pas tarder à modifier la thérapeutique puerpérale.

Pour vous faire bien comprendre le retentissement qu'elles eurent sur notre façon d'agir, laissez-moi vous indiquer ce qui s'est passé à la Maternité.

Je divise en trois périodes l'intervalle de temps qui s'est écoulé depuis 1858 jusqu'à nos jours.

La première période va de 1858 à 1869 ; la seconde, de 1870 à 1880 ; la troisième, de 1881 à 1889.

En 1867, quand j'entrai àla Maternité en qualité de chirurgien en chef, il n'y avait presque pas eu de changements dans cette maison depuis mon internat, et, malgré mes réclamations, les choses restèrent dans le même état jusqu'en 1870 . C'est ce que j'appelle la période d'inaction: On assistait au développement des endémies puerpérales à l'hôpital, et on se contentait de les déplorer sans faire le nécessaire pour en empêcher l'extension ou le retour. Certes, on n'abandonnait pas les malades, qui étaient entourées des soins médicaux les mieux entendus, mais trop souvent hélas ! ceux-ci restaient inefficaces. On faisait plus cependant. De temps à autre, dans un but de désinfection, on passait les murs à la chaux. On laissait encore, suivant l'expression consacrée, reposer les salles; c'est-à-dire qu'une salle n'était pas occupée constamment, et que périodiquement on s'abstenait pendant plusieurs jours d'y coucher des femmes, pour que, par les fenêtres grandes ouvertes, l'air pût constamment se renouveler. On appelait cela l'alternance. C'étaient de bonnes mesures, mais des mesures insuffisantes.

Vous pensez bien qu'aussitôt installé à la Maternité, je m'efforçai de faire adopter des dispositions conformes à mes idées sur la contagion, mais je fus obligé d'attendre pendant trois ans la réalisation de mes projets, et ce fut seulement le 28 février 1870 que M. Husson, directeur de l'Assistance publique, organisa les services de la Maternité d'après mes indications. On sépara rigoureusement le service des accouchées malades de celui des femmes en couches bien portantes,

ÉTIOLOGIE

et il fut convenu qu'au premier signe de maladie, les femmes nouvellement accouchées seraient transportées à l'infirmerie. On obtint de cette manière l'isolement aussi parfait que possible, des femmes saines et des femmes malades. Pour plus de sécurité encore, je n'allais jamais à l'infirmerie, et le médecin de l'infirmerie ne venait pas dans mes salles. Naturellement les internes durent rester dans leurs services respectifs, et il ne fut plus permis aux sages -femmes d'aller à l'infirmerie soigner les accouchées malades. En outre, un personnel différent fut affecté aux deux services, de telle sorte que leurs infirmières n'eurent plus la liberté de passer de l'un à l'autre. Grâce à ces mesures, le transport des germes infectieux fut réduit au minimum; aussi les résultats ne se firent-ils pas attendre, quoiqu'on n'eût fait qu'une chose bien simple : isoler les malades, en les confiant à un personnel distinct.

De 1858 à 1869, la mortalité avait été en moyenne de 9,310/0: c'était la période d'inaction; immédiatement après l'adoption des mesures d'isolement, elle tomba à 2,32 0/0 : ce fut la période de lutte contre la contagion.

Avec 1881, commence une troisième période ou période d'an ■ tisepsie. La mortalité s'abaisse encore et descend à 1,05 0/0 : c'est qu'à l'isolement des malades était venue s'ajouter l'antisepsie, et que tous deux concouraient au même but.

Voyez la gradation, elle est bien faite pour surprendre :

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