INFLUENCE DES DOCTRINES ETIOLOGIQUES
talité pendant la période d'expectation, c'est-à-dire d'inaction; à la suite, vient une colonne beaucoup plus petite, celle de la mortalité à l'époque où on isole les malades sans faire d'antisepsie; tout à fait à droite, enfin, la très petite colonne correspond à l'antisepsie.
Fig. 2. Colonnes représentant la mortalité puerpérale pendant lespôriodes,l° d'inaction ; 2° de lutte contre la contagion au moyen de l'isolement ; 3° d'antisepsie.
Je mets une certaine insistance à vous répéter ces choses, c'est bien excusable. Voyez donc ! A l'origine, il mourait à la Maternité une accouchée sur 10 ; j'obtiens l'isolement des malades, et aussitôt la mortalité diminue, et il ne meurt plus
30 GÉNÉRALITÉS SUR LES MALADIES PUERPÉRALES. — ÉTIOLOGIE
qu'une femme sur 50; puis quand l'antisepsie est appliquée, il n'en meurt plus qu'une sur 100. Ces chiffres sont d'une éloquence devant laquelle toute contradiction est impossible. On les entend avec étonnement, et, à dire vrai, on est surpris de l'influence qu'une connaissance plus approfondie des causes de l'infection puerpérale a eue sur la prophylaxie de cette terrible maladie.
Mais je ne veux pas abandonner ce sujet sans vous dire aussi quelques mots de ce qui s'est passé à la Clinique d'accouchements. Je ne remonterai pas, pour cette dernière, audelà de 1881, date de son transfert dans le local, alors nouvellement aménagé , que nous occupons aujourd'hui. Le progrès a été moins rapide qu'à la Maternité pour des raisons dont la connaissance est instructive.
En 1881 il meurt à la Clinique 1 femme sur 41
Pendant ces trois années, le service était dirigé par M. Depaul, qui mourut à la fin de 1883. Une telle mortalité vous étonne; je le comprends, car elle est excessive si vous la comparez à la mortalité de la Maternité à la même époque. En voici la cause. Malgré ses éminentes qualités de clinicien, Depaul ne croyait guère à l'antisepsie et ne l'appliquait pas dans son service. Aussi les femmes, qui venaient à la Clinique, étaient-elles à peu près soignées comme il y a quinze ans, alors que l'isolement des accouchées malades constituait le meilleur moyen de s'opposer à la contagion.
Mais, après la mort de Depaul, M. Pinard, qui dirigea pendant quelques mois le service en qualité d'agrégé, y installa la méthode antiseptique avec l'assentiment de M. le professeur Pajot. C'est pourquoi, depuis 1884, on n'enregistre plus qu'un chiffre restreint de mortalité, comme en témoigne le tableau suivant :