CONCLUSIONS GÉNÉRALES
Arrivé à la fin de ce travail, nous croyons utile de résumer en quelques mots les notions essentielles qui se dégagent de notre exposé.
I. Le clinicien entendl’asphyxie dans un sens moins large que le physiologiste ; il réserve cette dénomination au syndrome morbide qui est la conséquence d’une perturbation de l’bématose assez intense pour compromettre d’une manière sérieuse les grandes fonctions.
IL On connaît bien le mode d’aciion du sang noir; il est le même pour toutes les fonctions : stimulation au début, probablement imputable à l’excès d’acide carbonique, dépression ensuite, tenant sans doute à ce que le sang appauvri en oxygène ne peut plus assurer la nutrition des parties.
III. Mais l’étude des accidents causés par l’anbématosie est fort complexe et cela pour plusieurs raisons.
Le sang noir, en effet, exerce son influence non seulement sur le système nerveux central et indirectement par suite sur tous les appareils, mais encore directement sur la périphérie (cœur, poumons, muscles). Les troubles fonctionnels reconnaissent donc une double origine et, partant,
il devient souvent malaisé de déterminer le mécanisme in-
time des phénomènes qui se produisent de côté de tel ou tel appareil.
La difficulté s’accroît encore de ce fait que ces perturbations fonctionnelles ont une action réciproque les unes sur les autres. Ainsi l’activité cardiaque ressent le contre-coup des troubles de la circulation pulmonaire, et vice versà. Ainsi, dans les manifestations d’origine cérébrale, il est
difficile de faire la part de deux éléments distincts : veinosité du sang,- fait initial, stase encéphalique, phénomène secondaire.
IV. Quelle que soit la marche de l’asphyxie, l’évolution symptomatique générale est soumise à des lois constantes : les grandes propriétés vitales sont atteintes dans l’ordre suivant: neurilité d’abord, puis contractilité volontaire, enfin contractilité involontaire.
V. Les phénomènes cardinaux del’asphyxie,aiguë oulente, sont : dam la période d^ excitation^ de l’exaltation intellectuelle et sensorielle, des mouvements convulsifs, enfin la dyspnée et l’ataxie cardiaque avec des troubles circulatoires qui en sont la conséquence ; dam la période de dépression^ la suspension de l’activité cérébrale, l’anesthésie généralisée, la perte de la contractilité musculaire, la suppression des mouvements respiratoires, bientôt suivie do la mort par arrêt du cœur en diastole.
VI. La caractéristique de l’asphyxie est la diminution plus ou moins rapide, après une exaltation passagère, de l’excitabilité fonctionnelle dans tous les tissus, et en particulier dans les centres nerveux. C’est dire le rôle capital qu’elle joue dans les phénomènes agoniques.