INTRODUCTION
L'échauffourée survenue à la station du Métropolitain « Bolivar », au cours d’un raid des gothas sur Paris (11 mars 1918), nous a permis d'étudier les compressions thoraciques et les divers accident qui en résultent. Mais parmi ceux-ci, il en est un, constant, qui mérite d’être mis en relief. C’est le syndrôme «asphyxie traumatique ».
En définissant la compression du thorax « traumatisme bi-latéral par pression et contre-pression tendant à réduire ainsi la capacité de la cage thoracique » nous éliminons la contusion. La contusion n'intéresse qu'un point du thorax; c’est un trauma- Hisme portant sur une plus ou moins grande étendue, inais c’est simplement un traumatisme unilatéral, diminuant peu ou pas les dimensions de la cage : thoracique. Il y a pression sans contre-pression et ses lésions sont absolument différentes de celles dues à la compression.
Dans la production des lésions, la compression du thorax est le fait initial, prédominant. Certes, la compression abdominale peut provoquer les mêmes accidents ; s’ajoutant à la compression thoracique elle complète l’action de cette dernière. Mais, dans les
observations de notre thèse, elle est, non l'élément primordial, mais plutôt l'élément adjuvant. Et c’est pourquoi nous parlerons de compression thoracique et non de compression du tronc.
Ainsi précisée, la compression thoracique peut provoquer de nombreuses lésions : lésions sur place, lésions à distance. Suivant le mode de compression, suivant surtout la soudaineté de la compression, on peut observer soit simplement des phénomènes asphyxiques, soit, associés à elle, des accidents cervico-céphaliqnes.
Nous nous occuperons surtout ici de l’asphyxie. C'est là, l'accident primitif, le plus souvent unique, mais assurément le plus important dans les compressions du thorax. Il doit avoir sa place marquée, non seulement au point de vue purement scientifique ou à titre documentaire, mais aussi et surtout au point de vue pratique, au point de vue diagnostic, au point de vue médico-légal.