‹ De l'Asphyxie Traumatique dans les Compressions du ThoraxChapitre 3 sur 14 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

L'histoire des lésions thoraciques par compression est connue depuis fort longtemps. Les lésions à distance (accidents cervico-céphaliques) ont été signalés pour la première fois par Ollivier d'Angers. Le 2 juin 1837, à l’occasion du mariage du Dauphin, il se produisit une panique dans la foule assemblée au Champ de Mars. Vingt-trois personnes moururent étouffées, Ollivier d'Angers procéda à leur autopsie et fit les constatations suivantes :

« Chez tous, la peau de la face et du cou avait une teinte violacée au milieu de laquelle apparaissait une multitude de petites ecchymoses noirâtres. Le reste du corps était décoloré et d’une pâleur remarquable ».

Il note aussi chez certains, des fractures de côtes plus ou moins nombreuses, mais « aucune lésion du crâne ou de la face, aucune trace de plaie ou de strangulation ». Il conclut que « l’asphyxie avait été la conséquence de Ia pression violente et prolongée exercée sur la poitrine ».

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Tardieu, d’abord en 1855, puis en 1866, à l’occasion de l'accident du pont de la Concorde, signale les mêmes lésions plus ou moins accentuées et écrit que « les ecchymoses sont liées à l'effort considérable par lequel se manifeste la résistance à la suffocation ».

Puis la littérature médicale devient muette sur ces lésions. Et c’est, en 1899, l'œuvre des chirurgines le remettre la question à l’ordre du jour. Mais, chez les chirurgiens français Comme chez les chirurgiens anglais, ce sont toujours les accidents cervico-céphaliques qui sont surtout étudiés.

En France, en 1905, le professeur agrégé Lejars, publie le premier, un excellent article d'ensemble sur les ecchymoses faciales consécutives à la compression du thorax. « Plus ou moins foncée du rouge au noir, piquetée de taches ou de ponctuations plus claires, la teinte écchymotique diffuse est répandue sur toute la face et la partie supérieure du cou... Les paupières sont gonflées, les globes oculaires proéminents, les conjonctives injectées de sang ». Et il désigne sous le titre « Infiltration ecchymotique dif-fuse de la face et du cou », ce syndrome clinique dénomme par les Anglais « Pressure stasis » « Traumatic asphyxia ».

L'élan est donné et dans les années suivantes, paraissent de nombreuses observations (Mauclaire et Burnier, Morestin et le masque ecchymotique par Con pression thoracique). En 1906, Béal; dans <a

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thèse, étudie les lésions rétiniennes conséculives aux compressions thoraciques, lésions accompagnées ou ncn d'autres lésions cervico-céphaliques. Puis, en 1912, Alary (thèse de ‘Foulouse), cite de nouveaux cas dé masque ecchymotique de la face et du cou.

Mais tous ceux qui ont étudié les traumatismes par compression thoracique, se sont surtout attachés à suivre les lésions qui les intéressaient le plus spécialeinent (infiltration ecchymotique de la face, hémorragies rétiniennes).

Tout en adinettant que ces lésions étaient sous la dépendance de l'asphyxie traumatique, les auteurs passaient sous silence l’asphyxie, symptôme inilial de la compression ; et on aurait pu croire que toute compression du thorax offrait toujours le syndrome ecchymotique facial, syndrome plus ou aoins complet, plus ou moins caractéristique, mais syndrome toujours présent.

il n'en est rien. Les accidents cervico-céphaliques sont constants dans une seule forme de compression thoracique et sont liés, comme le font observer Ollivier d'Angers et Tardieu, puis Lejars en France, Milner en Angleterre, « à la résistance à la suffocation ». L'asphyxie, elle, est toujours présente, quelle que soit la forme, le mode et l'intensité de la compression.

En résumé, l’asphyxie est le symptôme primitif, souvent unique, parfois masqué par les ecchymoses cervico-céphaliques, mais symptôme toujours pré-

sent.

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