‹ De l'assistance en provinceChapitre 17 sur 83 · LES MENDIANTS AVANT ET APRÈS LA MESURE · texte numérisé non relu

LES MENDIANTS AVANT ET APRÈS LA MESURE

façon permanente et trente-six reçoivent des secours temporaires.

> La commune de B^** a neuf cent seize habitants ; il n'y a ni châteaux , ni gens riches ; la population indigente, avant i855, ne vivait que de mendicité ; le père, la mère et les enfants plus âgés allaient au loin ; les vieillards et les petits enfants quêtaient dans la commune, et tous les jours ils envahissaient les maisons, surtout aux heures des repas.

i Le samedi , le rendez-vous général était à Châtillon; tous les pauvres du canton formaient, dès le matin , une hideuse guirlande de guenilles au pied du château, en attendant la distribution hebdomadaire de M"* la marquise de P***; la distribution faite, ils s'abattaient sur la ville. Tout le monde se souvient d'avoir vu cela. La commune de B***, par son imposant contingent , y figurait au premier rang. Il m'est pénible d'avouer que ma pauvre commune était le fléau de Châtillon , et si chaque commune du canton en eût fourni soixante, comme B***, ce jourlà la population du chef -lieu eût été doublée.

> Il était impossible d'en faire travailler un seul. Les douleurs rhumatismales , les hernies , l'épilepsie, les maux d'estomac et de tète leur défendaient, disaient-ils, tout travail; les uns étaient imprévoyants et dépensaient au fur et à mesure , les autres thésaurisaient.

i Lorsque la mendicité a été abolie , la commission de bienfaisance a analysé la position respective des

LE3 MENDIANTS AYADIT ET APRÈS LA MfiSCRE. 25

indigents. Elle a donné d'abord en proportion des besoins apparents ; puis la position mieux connue , elle a éliminé ; ensuite elle n'a donné que le strict nécessaire pour forcer au travail; on a murmuré, on a crié, on a objecté le manque de travail. C'est alors que mon regrettable père, qui était maire, et qui , à une grande bonté , unissait une sévérité toute militaire , organisa la permanence de l'atelier de charité, dont la journée n'était payable qu'en pain. L'objection tirée du manque de travail disparaissait.

» Cette idée de la permanence de l'atelier de charité , alimentée par les souscriptions volontaires des propriétaires particulièrement intéressés à la confection de tel ou tel chemin vicinal ordinaire , a été si heureuse, qu'elle a été maintenue, et que les pauvres se sont habitués à aller solliciter du travail chez les particuliers qui payent bien et en argent, tandis que l'atelier de charité ne donne que du pain et modérément. C'est à ce point qu'en i856, l'atelier de charité a été fréquenté par quarante ouvriers; en 1857, par vingt-cinq; en 1858 par quinze; en 1859, par quatre, et cette année, il n'y en a pas un seul. Je n'ai pas pu faire donner un seul coup de pioche sur les chemins , faute d'ouvriers ; donc tout le monde travaille ailleurs.

» On s'est beaucoup amélioré ; depuis cinq ans , il n'y a eu qu'une seule condamnation correctionnelle pour vol. Elle a été prononcée contre la concubine

26 LES MKNyiiiNTS K\AhT ET APRÈS LA MESURE.

de B**% aujourd'hui, sa femme. J'en ai parlé plus haut.

I Pour éviter les dangers de rinoccupation chez les jeunes gens» une classe gratuite d'adidtes est faite par l'instituteur pendant les veillées d'hiver.

9 Personne ne souffre , personne ne se plaint , nonseulement on est content , mais encore avec le goût du travail vient une sage prévoyance, si bien que j'ai , en quatre versements successifs , déposé à la caisse d'épargne de Gbàteau-Chinon une somme de 435 fr. pour deux nécessiteux. C'est un commencement.

9 Cette situation prospère, nous vous la devons, monsieur le Préfet ; je sais bien qu'après le suffrage de l'Institut, vous devez fort peu vous soucier des éloges et des remerciments d'un maire de village; mais que voulez- vous? Notre pensée à nous est que si' la grande mesure dont vous avez si heureusement pris l'initiative se propage dans tous les départenients de l'Empire, vous aurez rendu à la société un des services les plus éclatants et les plus justifiés, etc.... >

II est facile de se rendre compte que, malgré la modestie du maire de village , le magistrat dévoué et intelligent, le nooraliste, l'observateur habile et l'homme distingué à tous égards , se révèlent dans le rapport qui précède.

Ce dooiment touche à toutes les questions , il est à lui seul une preuve pratique des plus conchiantes de

)mûn f^ÈWft^ tiASDim par u wirDiciTk. 23

r^xo^l^ce de notre a^esur^, bieo comprise et habUs^ IQeat appliquée.

11 véponû à toutes les objections, à tcmtes les critiques.

La mepdicité éUat une industrie eo bonnmir dans la coinmime de B*'^; les plaies, les maladies y étaient simulées comme à la ville. Aujourd'hui , tes maladies ont disparu , et on ne mendie plus. Loin de là , les mendiants les plus ébcmtés trava^nt. Ils ont légitimé d'anciennes liaisons ; ils économisent , acbMent des terres , placent de l'argent.

Ce qui se passe ^ B***, est l'histoire de chaque commune. Si tous les maires n'ont pas su » comme l'honorable M. de C*^', donner une couleur aussi pittoresque à leur tableau ou un int^èt aussi salissant à leurs récits, il n'en est pas un seul qui» verbalement ou par écrit , ne m'ait signalé des résultats analogues.

La comparaison de cette situation avec celle qui existait précédemment peut ressortir encore de quelques chiffres.

La Nièvre, on l'a vu, comptait, en I&55, quatre mille deux cent vipgt-deux mendiants parcourant le pays en tous sen^, maîtres de la voie publique et s'imposant dans les villes, dans les campagnes, dans les fermes et de préférence dans les maisons isolées, avec une insistance opiniâtre et souvent dangereuse.

Quel était à la fin de chaque journée le montant du tribut prélevé sur les populations, pour chacun de ces quatre mille deux cent vingt-deux mendiants?

28 IMPOTS PRRÉLEVÊS NAGUÈRE PAU LA MENDlCITt.

Certes» nous ne serons pas aa-dessus de la vérité en l'évaluant à i fr. en moyenne et par tête. Pour la plupart d'entre eux , il devait être facilement dépassé , si Ton réfléchit que plus de mille quatre cents de ces mendiants parfaitement valides préféraient cette profession facile à l'exercice de tonte autre industrie produisant un gain assuré. Mais pour eux la mendicité n'était-elle pas la justification de ces proverbes suivant lesquels ^ un bon bâton vaut 1,900 fr. de rente, et qu'une besace bien portée vaut mieux qu'une charrue de beeufs. »

En admettant toutefois cette moyenne de 1 fr., on arrive au chiffre de 1,541,030 fr. par an, représentant l'impôt énorme, mais effectif, prélevé par ces collecteurs attitrés , c'est-à-dire une somme de beaucoup supérieure au montant réel de la contribution foncière qui , dans la Nièvre , ne s'élève qu'à 1,318,323 fr.; et encore n'est-il pas inutile de remarquer que dans ce chiffre de quatre mille deux cent vingt-deux mendiants, ne sont pas compris les vagabonds étrangers, les bohémiens et toutes ces familles nomades se partageant avec leurs confrères indigènes l'exploitation de la bienfaisance publique.

Qu'on calcule tout ce que ces gens sans asile et sans foi recevaient , arrachaient et au besoin même ne se faisaient pas le moindre scrupule d'extorquer des populations , et l'imagination aura peine à se rendre compte de la charge si lourde qu'elles étaient obligées de supporter.

ÉCONOlflES AU PROFIT DES SOUSCRIPTEURS. 29

Si Ton réfléchit encore que les pauvres véritables et souvent invalides étaient incapables de lutter ^d'avidité, de persévérance et, disons le mot, de rouerie, avec ces individus, qui avaient fait de la mendicité une profession essentiellement lucrative, on comprendra encore combien cette concurrence leur était préjudiciable en tarissant le plus souvent à l'avance les sources: de la charité.

Voilà ce qui existait en 1855. Comment les choses se sont-elles passées à partir de 1856?

Après avoir signalé ou rappelé les abus que tout le monde connaissait et dont chacun se plaignait hautement^ nous avons exposé notre système, qui consistait à faire précéder l'emploi des moyens de répression autorisés par la loi, de l'organisation de toutes les ressources propres à fonder l'assistance.

Nous avons dit aux populations :

Donnez-nous la moitié, le quart même de ce que vous distribuez à vos portes, le plus souvent au hasard ; gardez cependant pour les libéralités secrètes et mystérieuses du foyer domestique une part encore suffisante, et nous vous garantissons la suppression des abus qu'engendre l'exercice libre et impuni de la mendicité.

Ce système aura pour effet, non-seulement d'assurer entre les véritables pauvres , dont nous nous réservons de rechercher et d'étudier les misères ou les besoins, une meilleure répartition des ressources concentrées dans les mains des commissions charitables ; mais encore il nous permettra, tout en vous associant à la

30 ÊCOMOinET AU PROFIT ms SOtSCKimORS.

réalisation d'an |^is grand bien effectif» de foire des économies importantes sur les sommes que vous dépensiez naguère en aumônes. Les fonds que vous nous confierez seront concentrés dans des mains dévouées et intelligentes; ils ne sortiront pas de la commune^ et seront dépensés sous vos yeux au profit et dans l'intérêt des pauvres que vous connaissez. Tout le monde y gagnera» et la possibilité que vous aurez donnée à l'administration de faire cesser un état de choses odieux , CD lui permettant de tempérer les rigueurs de sa sévérité par l'application raisonnée d'un ensemble de mesures de bienfaisance » vous laissera encore toute latitude pour l'exercice de vos bonnes œuvres privées » qui jamais n'auront été ni mieux placées ni plus efficaces.

Tel était» eu substance» notre langage. Nous faisions un appel loyal à la charité» et la cliarité nous a répondu» pleine de confiance en nos promesses. Sa réponse s'est traduite en un chiffre de souscriptions ^'élevant» par an» à 242» 381 fr. » c'est-à-dire environ un sixième de cette somme de i »54i»0â0 fr. , perçue annuellement par la mendicité libre sur les populations du département. Cependant» on verra par les chiffres ci-après, extraits des états de situation annuelle des ressources de chaque commune, que non-seulement ces 242»000 fr.^ joints aux revenus ordinaires des bureaux de bienfaisance» s'élevant à 4â»000 fr. environ» et qui formaient ainsi un total de 284»000 fr. , ont suffi au soulagement de toutes les misères» mais encore qu'ils

CONSTIlLTfON DU PATRIIIOINE DE» PADTKES. 31

nous o&t p^mis , dans les trois dernières années de la période quinquennale , de réaliser d'importantes éco^ nomies, et de constituer ainsi , pour les pauvres de chaque commune , des rentes perpétuelles devenues la base de leur patrimoine.

À l'exception des deux années i856 et 1857 qui , par suite de l'insuffisance des récoltes^ créèrent des besoins exceptionnels et absorbèrent toutes les res^ sources, les économies réalisées en i858 s'élevèrent

En 1859, à 119,000 »

En 1860, à H5,800 .

Total. . . . 349,734 81

Celte somme représente, pour l'ensemble de la période quinquennale, le cinquième environ de la totalité des ressources dont elle disposait.

Chaque année, cependant, nous avons dû admettre en non-valeurs un certain nombre de souscriptions, dont le montant variait de 10 à 15,000 fr. par suite de décès, de départ, de changements de résidence et même de modifications survenues dans la position de fortune de tel' ou tel souscripteur. Mais il n'est pas inutile de remarquer que chaque année ces non-valeurs ont été couvertes et au-delà par le produit de nou-^ veUes souscriptions ou de souscriptions supplément taires , et jamais le chiffre originaire de 284,000 fr, n'a subi de diminution. Il s'est même élevé jusqu'à 295,723fr. 47 c. enl859.

28 niPÔTS PRHÉLEVÉS NAGUÈRE PAU LA MENDlCITfi.

Certes, nous ne serons pas aa-dessus de la vérité en Tévaluant à 1 fr. en moyenne et par tête. Pour la plupart d'entre eux , il devait être facilement dépassé , si Ton réfléchit que plus de mille quatre cents de ces mendiants parfaitement valides préféraient cette profession facile à l'exercice de toute autre industrie produisant un gain assuré. Mais pour eux la mendicité n'était-elle pas la justification de ces proverbes suivant lesquels * un bon bâton vaut i,WO fr. de rente , et qu^une besace bien portée vaut mieux qu'une charrue de beeufs. •

En admettant toutefois cette moyenne de 1 fr., on arrive au chiffre de 1,541,030 fr. par an, représentant l'impôt énorme, mais effectif, prélevé par ces collecteurs attitrés , c'est-à-dire une somme de beaucoup supérieure au montant réel de la contribution foncière qui , dans la Nièvre , ne s'élève qu'à 1,318,323 fr.; et encore n'est-il pas inutile de remarquer que dans ce chiffre de quatre mille deux cent vingt-deux mendiants, ne sont pas compris les vagabonds étrangers, les bohémiens et toutes ces familles nomades se partageant avec leurs confrères indigènes l'exploitation de la bienfaisance publique.

Qu'on calcule tout ce que ces gens sans asile et sans foi recevaient , arrachaient et au besoin même ne se faisaient pas le moindre scrupule d'extorquer des populations , et l'imagination aura peine à se rendre compte de la charge si lourde qu'elles étaient obligées de supporter.

ÉCOMOMIES AU PROFIT DES SOrSCRIPTEnt& 29

Si ToD réfléchit encore que les pauYres véritables et souvent invalides étaient incapables de lutter ^d'avidité» de persévérance et, disons le mot, de rouerie, avec ces individus, qui avaient £ait de la m^icité une profession essentiellement lucrative, on craipr^idra encore combien cette concurrence leur était préjudiciable en tarissant le plus souvent à l'avance les sources de la charité.

Voilà ce qui existait en 1855. Comment les choses se sont-elles passées à partir de i856?

Après avoir signalé ou rappelé les abus que tout le monde connaissait et dont chacun se plaignait hautement^ nous avons exposé notre système, qui consistait à faire précéder l'emploi des moyens de répression autorisés par la loi, de l'oi^anisation de toutes les ressources propres à fonder l'assistance.

Nous avons dit aux populations :

Donnez-nous la moitiés le quart même de ce que vous distribuez à vos portes, le plus souvent au hasard ; gardez cependant pour les libéralités secrètes et mystérieuses du foyer domestique une part encore suffisante, et nous vous garantissons la suppression des abus qu'engendre l'exercice libre et impuni de la mendicité.

Ce système aura pour effet, non-seulement d'assurer entre les véritables pauvres , dont nous nous réservons de rechercher et d'étudier les misères ou les besoins, une meilleure répartition des ressources concentrées dans les mains des commissions charitables ; mais en* core il nous permettra, tout en vous associant à la

3a ÊcoMoinET AU PROFIT ms SOUSCRimOlfil

réalisation d'un |^is grand bien effectif» de foire des économies importantes sur les sommes que vous dépensiez naguère en aumônes. Les fonds que vous noos confierez seront concentrés dans des mains dévouées et intdligentes ; ils ne sortiront pas de la commune^ et seront dépensés sous vos yeux au profit et dans Tintérét des pauvres que vous connaissez. Tout le monde y gagnera» et la possibilité que vous aurez donnée à l'administration de faire cesser un état de choses odieux y en lui permettant de tempérer les rigueurs de sa sévérité par l'application raisonnée d'un ensemble de mesures de bienfaisance » vous laissera encore toute latitude pour l'exercice de vos bonnes œuvres privées , qui jamais n'auront été ni mieux placées ni plus efficaces.

Tel était» en substance» notre langage. Noos faisions un appel loyal à la charité» et la charité nous a répondu» pleine de confiance en nos promesses. Sa réponse s'est traduite en un chiffre de souscriptions s'élevant» par an» à 242»381 fr. » c'est-à-dire environ un sixième de cette somme de l»541»0â0 fr. » perçue annuellement par la mendicité libre sur les populations du département. Cependant^ on verra par les chiffres ci-après, extraits des états de situation annuelle des ressources de chaque commune, que non-seulement ces 34â»000 fr.^ joints aux revenus ordinaires des bureaux de bienfaisance» s'^evant à 4â»000 fr. environ» et qui formaient ainsi un total de 284»000 fr. » ont suffi au soulagement de toutes les misères» mais encore qu'ils

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nous ofit permis, dans les trois dernières années de la période quinquennale , de réaliser d'importantes éco^ n(miies, et de constituer ainsi , pour les pauvres de chaque commune , des rentes perpétuelles de?enms la base de leur patrimoine.

À l'exception des deux années 1856 et 4857 qui » par suite de l'insuffisance des récoltes^ créèrent des besoins exceptionnds et absorbèrent toutes les res« sources, les économies réalisées en i858 s'élevèrent

En 1859, à 119,000 »

En 1860, à 115,800 .

Total. . . . 349,734 81

Celte somme représente, pour l'ensemble de la période quinquennale, le cinquième environ de la totalké des ressources dont elle disposait.

Chaque année, cependant, nous avons dû admettre en non-valeurs un certain nombre de souscriptions, dont le montant variait de 10 à 15,000 fr. par suite de décès, de départ, de changements de résidence et même de modifications survenues dans la position de fortune de tel' ou tel souscripteur. Mais il n'est pas inutile de remarquer que chaque année ces non^valeurs ont été couvertes et au-delà par le produit de nou-> velles souscriptions ou de souscriptions supplémentaires , et jamais le chiffre originaire de â84,000 fr. n'a subi de diminution. Il s'est même élevé jusqu'à 295,723 fr. 47 c. en 1859.

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réalisation d'un plus grand bien effectif» de iaire des écoDomtes importantes sur tes sommes que vous dépensiez naguère en aumônes. Les fonds que vous nous confierez seront concentrés dans des mains dévouées et intdligentes ; ils ne sortircmt pas de la commune ^ et s^ont dépensés sous vos yeux au profit et dans l'intérêt des pauvres que vous connaissez. Tout le monde y gagnera, et la possibilité que vous aurez donnée à l'administration de faire cesser un état de choses odieux y en lui permettant de tempérer les rigueurs de sa sévérité par l'application raisonnée d'un ensemble de mesures de bienfaisance, vous laissera encore toute latitude pour l'exercice de vos bonnes œuvres privées , qui jamais n'auront été ni mieux pfôcées ni plus efficaces.

Tel était, en substance, notre langage. Noos faisions un appel loyal à la charité, et la charité nous a répondu, pleine de confiance en nos promesses. Sa réponse s'est traduite en un chiffre de souscriptions ^'élevant, par an, à 242,381 fr. , c'est-à-dire environ un sixième de cette somme de 1,541,080 fr., perçue annuellement par la mendicité libre sur les populations du département. Cependant > on verra par les chiffres ci-après, extraits des états de situation annuelle des ressources de chaque commune, que non-seulement ces 242,000 fr.^ joints aux revenus ordinaires des bureaux de bienfaisance, s'^evant à 42,000 fr. environ, et qui formaient ainsi un total de 284,000 fr. , ont suffi au soulagement de toutes les misères, mais encore qu'ils

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