VI INTRODUCTION
leurs fondateurs, trouver instantanément les soulagements qu'elle réclame.
Telle est du moins l'impression qu'il est impossible de ne pas éprouver en étudiant les secrets de cette organisation providentielle, telle qu'elle existe dans les grandes villes, notamment dans lac«ipitale, et qui, « pénétrant dans la diversité des souffrances et des infir- » mités, sait découvrir, deviner et prévoir les moyens » insi)irés par le dévouement pour calmer les souf- » frances, moraliser les cœurs, éclairer les esprits » (1).
D'un autre côté, s'il est vrai encore que les misères morales, les pires de toutes, affectent plus particulièrement les rangs inférieurs de ces centres populeux, si accessibles aux mauvaises influences, on doit également reconnaître que l'exemple du bien, qui s'accomplit dans les classes élevées, est de nature à calmer l'effervescence des passions, et à faire descendre peu à peu du sommet à la base les habitudes d'ordre et de régularité. En d'autres termes, là, plus qu'ailleurs, les conseils, les avis des uns et les enseignements tacites qui dérivent de l'exemple des autres, forment un contrepoids salutaire aux excitations et aux enlrai-
(1) De la charité à Paris, par Jules Lecomte, Paris, 1861,
INTRODUCTION. VH
iiemenls opposés. Si le mal est plus grand et plus répandu , les moyens d'en atténuer les effets se multiplient à l'infini , car les ressources où ils puisent leur action sont pour ainsi dire intarissables.
S'ensuit-il toutefois que dans les villes moins importantes, et notamment dans les bourgs secondaires, même dans les simples communes rurales, où les besoins de l'indigence se produisent avec une intensité qui n'est ni moins vive ni moins profonde, la société soit dépourvue des moyens de leur venir en aide? C'est ce qu'on ne saurait admettre.
Disons d'abord qu'aujourd'hui il n'est pas en France un point où ne pénétrent les bienfaits de toutes les institutions dont la sollicitude du Gouvernement a doté le pays. Au premier rang, nous signalerons ceux de l'éducation populaire, dont l'enseignement religieux est la base , et qui se propose précisément de s'attaquer à toutes ces causes individuelles de la misère morale , source première des misères physiques et de l'indigence.
Dans quel but sont dirigées les leçons des salles iV asile y des écoles y et celles des œurs d'adultes, sinon dans un but essentiel et constant de moralisation, autant et plus même que dans un but d'instruction.
mi iNTRODCCTION.
La jeunesse est donc plus que jamais aujourd'hui prémunie par ces utiles enseignements contre les influences fatales qui plus tard peuvent entraver la régularité de sa conduite.
Le jour ou elle entre dans la vie réelle, les institutions de prévoyance lui facilitent les moyens de conjurer les chances contraires de Tavenir, et de se ménager pour ces éventualités des ressources créées par l'épargne.
Aux maladies accidentelles, l'assistance médicale ei l'assistance hospitalière réservent, soit à domicile , soit a l'intérieur des établissements fondés par la charité, les soins les plus dévoués et les plus intelligents.
Aux misères spéciales, les lois sur les enfants trouvés et sur les aliénés ménagent des asiles et des secours qui en atténuent les tristes effets , soit pour les individus , soit pour les familles, soit même pour la société. La sollicitude du Gouvernement et celle des conseils généraux s-étend aux jeunes aveugles, aux sourdsmuets; elle assure l'entretien des plus intéressants dans des institutions dont l'enseignement a pour but de suppléer, par l'emploi de méthodes perfectionnées, aux sens dont une triste infirmité congéniale leur a ravi l'usage.
IMTEOBIJCTION. U
Pour les vieillards , pour les incurables notamment , il existe dans certains départements des asiles spéciaux dont les portes s'ouvrent , au for et à mesure des extinctions, en faveur de ceux dont la position mérite encore le plus d'intérêt. Leurs derniers jours s'y écoulent paisiblement , au milieu des soins les plus touchants , et les consolations de la religion contribuent à en adoucir les souffrances et l'amertume.
Quelques villes comptent une ou plusieurs associalions charitables, et là où elles existent, Sociétés matemelles , des Jeunes Orphelines , des Jeunes Economes , de la Miséricorde, sociétés de Saint 'Vincent-de- Paul, de Saint'François-Xavier , ces œuvres diverses concourent puissamment au soulagement de toutes les souffrances.
Mais ce qui est praticable au milieu d'une population nombreuse et aisée, n'est pas praticable dans les petites localités. Là, toutes les misères sont confondues, et, à défaut d'un bureau de bienfaisance ou de ces œuvres spéciales qui sont le privilège des cités, il semblerait que le recours à l'aumône individuelle dût être le seul expédient réservé aux malheureux qui sont aux prises avec le besoin. Or, l'aumône individuelle, c'est la mendicité, et la meiidicité, source des