‹ De l'assistance en provinceChapitre 3 sur 83 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

abus les plus honteux , est défendue et punie par la loi dans des circonstances déterminées. N'est-il pas de notoriété, d'ailleurs, que l'exercice de cette industrie qui , dans les pays où elle est tolérée , fait peser sur les habitants une charge presque aussi lourde que celle de l'impôt, est plutôt une cause aggravante qu'une atténuation de la misère , car alors l'indigence devient un métier, et plus elle excite d'intérêt par ses dehors vrais ou simulés , plus la profession est lucrative. De là des abus sans nombre que chacun connaît , et qu'il est du devoir de l'autorité de prévenir. et de combattre.

Or, avant de provoquer, en pareil cas, l'application des mesures répressives autorisées par la loi , la raison et la charité nous enseignent qu'il faut d'abord assurer le soulagement des véritables misères. Si la population restreinte d'une commune rurale ne permet pas de créer ces associations multiples dont les villes offrent l'exemple, au moins n'est-il pas impossible d'y fonder une œuvre qui, générale et spéciale tout à la fois dans son but de soulagement, se proposera de secourir directement les indigents sans distinction de souffrances et de besoins?

Cette pensée, qui a été la base de l'œuvre de

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l'assistance fondée dans la Nièvre il y a cinq ans, a produit, par son application, les effets les plus heureux. Fécondée par la charité privée, soutenue par des populations intelligentes, encouragée par le conseil général , par le clergé , par les conseils municipaux et par les hommes les plus considérables du département, qui avaient bien voulu ériger en apostolat de la bienfaisance la mission de délégués que nous leur avions confiée , cette œuvre est définitivement acquise à la Nièvre. Aussi , après une première expérience de cinq années, consacrée aujourd'hui par le succès complet d'un renouvellement de souscriptions qui assure son existence pour une seconde période quinquennale , on peut dire qu'elle s'est élevée à toute la hauteur d'un grand service puWic.

Ses ressources actuelles, provenant des souscriptions de la charité , ne montent pas à moins de 200,000 fr., c'est-à-dire à une somme représentant dix centimes additionnels départementaux , si on voulait les demander à l'impôt !

Elles sont réparties par communes , et concentrées au lieu de la souscription pour être distribuées en secours sous les yeux mêmes des donateurs. Les vniis pauvres sont secourus , ceux qui s'imposaient à l'au-

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mône individuelle sous des dehors hypocrites sont écartés, et la mendicité a disparu.

Les résultats obtenus sont incalculables au point de vue matériel et moral. Aussi, est-on tenté de se demander conunent une œuvre, qui a si complètement réussi dans un département , n'est pas étendis et généralisée dans tous les autres ; à cet égard , il ne nous appartient pas de nous prononcer. Nous nous bornons à signaler les faits et les chiffres.

La charité nous a prêté son concours dévoué. Elle a été le puissant auxiliaire de nos efforts et nous n'avons eu qu'à réglementer son action.

N'en serait- il pas de môme ailleurs, et ne semble- 1- il pas qu'il suffise de faire appel aux sentiments généreux qui l'inspirent pour constituer partout des moyens de soulagement appropriés à tous les besoins ?

Les grands centres de population ont eu jusqu'à ce jour le monopole des différentes œuvres qui ménageaient aux misères les secours les plus variés. Ne pourrait-on donc étendre aux localités jusque-là privées de ces avantages les mêmes bienfaits et les mêmes ressources ?

L'exemple de la Nièvre autorise à penser qu'il

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serait permis de compter sur un légitime succès le jour où Ton voudrait sérieusement s'en occuper.

Décentraliser Tassistance en la généralisant, \d est le but que nous nous étions proposé. A cet égard , les résultats ont dépassé nos espérances , et ils ressorteot d'un ensemble de faits dont l'authenticité n'est pas contestable.

Quelque précieuse qu'ait été cette influence , nous avons pensé , toutefois , que l'œuvre du soulagement devait, non-seulement se proposer de secourir les misères, mais encore qu'elle avait une mission plus •élevée, celle d'en rechercher et d'en prévenir les causes.

Il y a dans ces recherches un vaste sujet d'études et d'observations. Nous l'avons parcouru tel qu'il s'ouvrait devant nous , et nous y avons scrupuleusement recueilli les données de la pratique et celles de l'expérience. Nous avons signalé le mal et peut-être indiqué le remède. Dans tous les cas, nous avons obéi à une conviction profonde en dévoilant le secret de ces habitudes de désordre et de débauche qui entraînent fatalement une notable partie de la classe ouvrière en dehors des voies régulières où son existence pourrait s'écouler dans le bien-être et dans l'aisance. Nous

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