CONDITIONS DES SECOURS
nécessaire. S'il est inflrme , incurable ou malade , les portes de l'hospice ou de l'asile lui sont ouvertes suivant les cas ; l'admission au dépôt de mendicité , à titre d'acte de bienfaisance , n'est même jamais refusée au pauvre qui , sans asile , sans ressources , et muni d'ailleurs des certificats propres à constater son identité, demande un abri où il puisse reposer sa tête.
Au nécessiteux qui a des besoins , on accorde des secours temporaires; et généralement s'il est valide, la justification de ses efforts et de son travail est la condition de la libéralité dont il est l'objet. Ce ne sont pas ici de pures théories , mais on a vu dans le rapport ci-dessus de M. le maire de B*** les excellents résultats produits par l'application rigoureuse de cette règle.
Le secours , comme condition du travail , relève la dignité de celui qui le reçoit, l'encourage, le fortifie, et dans aucun cas, il ne saurait favoriser l'imprévoyance , c'est-à-dire la fainéantise , qui devient , au contraire, une cause d'exclusion.
Or, s'il est vrai que les caisses d'épargne aient pour effet de seconder cette prévoyance , qui doit être le sacrifice de la tentation du présent au bien-être de V avenir, il n'est pas sans intérêt de prouver par des chiffres que l'application de notre œuvre de l'assistance a coïncidé de la manière la plus frappante avec le développement de l'épargne.
En 1855, les quatre caisses d'épai^ne existant dans la Nièvre ne présentaient qu'un actif de
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893,179 fr. 37 c, et seulement 1,709 livrets pour jun pareil nombre de déposants, soit 1 lirret par 1,940 habitants.
En 1860, c'est-à-dire à l'expiration de la période quinquennale pendant laquelle l'oeuvre de l'a^stanctfa fonctionné, une cinquième caisse d'épargne avait éfè créée à Cbâteau-Chinon, et les dépôts effectués dans oeft établissements s'élevaient à 1,273,576 fr. 32 c., répartis sur 4,004 livrets ; ce qui donne une proportion de 1 livret par 800 habitants ; c'est-à-dire qoe dans cet intervalle , et en dépit des nombreuses émissions d'emprunts nationaux ou particuliers auxquels les plus simples ouvriers se sont associés avec empressement dans cette même période , on voit le chiffre des dépôts s'élever d'un tiers et celui des déposants dooUer. Certes, voilà des faits et des chiffres qui ne manquent pas d'une certaine signification, surtout si on les rapproche du rapport précité de M. le maire de B***, qui constate que le versement de plusieurs dépôts importants faits à la caisse d'épargne de Cbâteam- Chinon , par des habitants de sa commune précédemment voués à la mendicité, a coïncidé avec l'application des mesures dont l'oeuvre de Tassistance avait été le point de départ.
Dans d'autres communes , les mêmes faits ont été généralement signalés, et des rapports authentiques établissent que d'anciens mendiants sont entrés résolurent dans la voie du travail, de l'ordre et de l'économie.