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PIE IX

246 APPBROKX.

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ASSISTANCE ET EXTINCTION DE LA MENDICITÉ. — RENOUVELLEMENT DES SOUSCEIPTIONS QUINQUENNALES.

Keren, le 90 mars 1860.

Le préfet de la Nièvre, OCQcier de l'ordre impérial de la Légion- d'Honneur, etc.,

A MM. les Maires du département.

Monsieur le Maire,

Les souscriptions quinquennales consenties en faveur de Tœuvre de l'assistance expirent, à la fin de la présente année. Il importe, en conséquence, de prendre dès à présent toutes les mesures nécessaires pour assurer leur renouvellement. Tel est le but de ipon arrêté en date de ce jour.

Les résultats de cette institution sont généralement connus et appréciés. C'est par l'assistance , fortement organisée dans chaque commune, que nous sommes parvenus à soulager les véritables indigents; c'est par l'assistance enfin, base morale et essentielle de l'interdiction de la mendicité, que nous avons pu débarrasser la Nièvre de ces hordes de ihendîants qui s'imposaient naguère à nos populations par l'importunité, souvent même par la menace et par la violence.

Cinq années d'expérience ont prouvé l'efficacité de ces deux mesures, qui se fortifient et s'expliquent l'une par l'autre.

Chacun y a applaudi; chacun en a ressenti les bienfaits. Aussi n'est-il pas un habitant de la Nièvre qui ne doive avoir à cœur aujourd'hui d'assurer leur continuation.

Il y a cinq ans, j'ai fait appel aux sentiments charitables

APPENDICE. 2/i7

de nos populations, et de toutes parts il m'a été répondu par d'abondantes souscriptions.

Le produit de ces libéralités spontanées est devenu dèslors, pour les pauvres de chaque commune, un véritable patrimoine , administré à leur profit par les commissions de bienfaisance locales.

Nous n'avions pu concevoir l'espérance de faire disparaître les pauvres; mais au moins avons-nous réussi, suivant notre but, à soulager les misères d'une manière plus effic>ace par la concentration des ressources, que si cette tâche eût continué, comme par le passé, à être confiée aux soins de l'aumône individuelle, si facile à égarer.

Vainement quelques personnes voudraient-elles aujourd'hui s'isoler de l'œuvre générale, et se réserver d'une manière absolue le droit de faire elles-mêmes et directement leurs libéralités.

Ce serait revenir à l'ancien état de choses, ce serait encourager de nouveau , par V aumône faite aux portes , la honteuse industrie du mendiant étalant sur la place publique des misères souvent simulées, et prélevant sur la crédulité du donateur la part qui doit revenir au véritable pauvre.

Nul ne voudrait certainement assumer la responsabilité d'un pareil résultat.

Vainement aussi chercherait-on à mettre en avant de préférence le système de Vimpôt qui, dans l'opinion du petit nombre d'antagonistes de la mesure actuelle, présente l'avantage d'atteindre tous les contribuables sans distinction, tandis que la souscription étant facultative, il arrive souvent, suivant eux , que celui-là même qui pourrait donner le plus , ne répond que par un refus ou que par une souscription insignifiante à l'appel qui lui est fait.

Ne perdons pas de vue. Monsieur le Maire,* que notre œuvre de l'assistance est une institution de bienfaisance

essentiellement libre. Fondée dans un but de charité, elle s'adresse à la cliarité. Or, celle-ci ne calcule jamais, eUc fait le bien pour le bien , et ^ans s'inquiéter de ce qui se passe autour d'elle.

Avant l'application de la mesure, et lorsque chacun faisait Taumône comme il l'entendait, une personne, véritablement charitable , a-t-elle jamais refusé au pauvre qui frappait à sa porte le secours qu'un voisin plus riche lui avait refusé? Assurément non.

Eh bien, il doit en être de même aujourd'hui. Que ceux qui veulent sérieusement le soulagement du pauvre , que ceux qui veulent continuer à jouir du bienfait si apprécié de l'extinction de la mendicité, ne se préoccupent pas de la cotisation de leurs voisins ; qu'ils donnent ce que leurs ressources, d'accord avec leur cœur, leur permettent de donner, dussent-ils même encore réserver une part convenable pour ces libéralités mystérieuses dont la vraie chanté a seule le pieux et respectable secret; mais, avant tout, qu'ils agissent en vue de perpétuer dans la Nièvre une œuvre que tant de départements lui envient et dont elle s'honore à si juste titre.

Si Vassistance préalable par la charité donne à l'interdiction de la mendicité un caractère essentiellement moral, l'assistance par l'impôt serait loin de produire ce résultat. — D'une œuvre de bienfaisance et de charité, Tirnpôt ne ferait qu'une œuvre d'égoïsme et de calcul; il constituerait cette taxe des pauvres réprouvée par nos mœurs et sous le poids de laquelle gémit un peuple voisin. Enfin, il provoquerait à la misère en lui créant des droits ; et au patronage bienveillant d'une œuvre de charité, il substituerait la formule aride d'une mesure pour ainsi dire obligatoire.

L'expérience et la raison réprouvent un pareil système; elles démontrent , au contraire, les avantages des souscriptions de la charité privée, recueillies et administrées

APPENDICE. 2ft9

SOUS les yeux des souscripteurs eux-mêmes, par des commissions de bienfaisance, où les éléments administratifs, religieux et charitables se confondent dans une même pensée, pour donner à cette œuvre toutes les garanties désirables de discernement , de régularité et tout à la fois d'indépendance.

Il ne s'agit pas, aujourd'hui, de tenter les hasards d'une théorie inconnue; ce que nous voulons tous, c'est d'assurer, dans des conditions durables, la continuation des résultats pratiques les plus heureux et les plus appréciés.

Dira-t-on que sur quelques points on voit encore des mendiants apparaître, en dépit de l'arrêté qui interdit la mendicité , et voudrait-on trouver dans ces faits isolés un motif pour refuser de s'associer à une mesure que dès-lors on proclame incomplète ou insuffisante?

Mais une pareille objection serait plus spécieuse que fondée. Est-il donc une mesure émanant même des législateurs les plus élevés, qui ne soit exposée à être l'objet d'infractions beaucoup plus fréquentes, beaucoup plus graVes ?

Ainsi, la loi défend et punit le vol, et cependant il y a et il y aura toujours des voleurs : c'est triste à dire, je l'avoue, mais enfin cela est; dira-t-on dès-lors que la loi soit mauvaise, que les moyens de surveillance soient insuffisants; partant, ceux qui sont victimes de ces délits, seraient-ils en droit, parle refus de l'acquit de l'impôt, de dénier leur concours aux charges de l'Etat? — Evidemment non. Nul n'aura cette pensée. Eh bien! il en est de même des délits accidentels de mendicité dont on peut se plaindre sur certains points , avec cette différence, toutefois , qu'ils ne se produiraient pas , le plus souvent , si ceux-là même qui s'en plaignent n'étaient pas les premiers à les encourager par leur faiblesse , c'est-à-dire en donnant à ceux qui leur tendent la main.

250 APPJUiDICB.

Moyeunaui l'aa&wtance préalable ménagée aux véritables pauvres sur les ressources de la charité , Farrété préfectoral du l^r juin 1855 interdit la mendicité, et, disons-le hautement, depuis la mise à exécution de cette mesure, la mendicité n'existe pltis.

Si quelques mendiants incorrigibles apparaissent encore çà et là, ils sont poursuivis et condamnés conformément à la loi. A Tcxpiration de leur peine, le dépôt de mendicité les reçoit, et ne les rend à la liberté qu'après qu'ils y ont appris par le travail et par la discipline à se créer des moyens d'existence r^uliers. L'administration a donc tenu ses promesses.

En présence de ces résultats, elle demande avec couilance aux populations de renouveler les engagements qui seuls peuvent lui permettre de continuer une mesure si essentiellement morale et d'un aussi haut intérêt pour le pays.

L'appel que vous ferez vous-même dans ce but à vos administrés ne peut manquer d'être entendu, car vous vous adresserez à leurs sentiments charitables, et,*dans aucune circonstance, la charité des habitants de la Nièvre n'a iaii défaut.

Je compte d'ailleurs sur tout votre dévouement pour donner à cette opération du renouvellement de nos souscriptions l'impulsion la plus vive et la plus féconde.

U ne m'appartient pas. Monsieur le Maire, de vous indiquer d'une manière al)solue les moyens qu'il conviendrait d'employer; autant que possible, cependant, je vous invite à vous rendre au domicile de chacun.

Vis-à-vis des propriétaires forains, agissez par voie de correspondance directe plutôt que de vous adresser aux intermédiaires qui les représentent, car la générosité de ces derniers, quelque grande qu'elle puisse être, ne peut manquer d'être au-dessous de celle de leurs coounettants.

Ne vous laissez décourager ni par les objections, ni par les héatations. Pénétrez-vous des instructions qui précèdent, et si les arguments que j'ai dû placer sous vos yeux ne suffisaient pas pour vaincre certaines résistances , les inspirations de votre cœur vous fourniront au besoin des raisonnements plus spéciaux et plus irrésistibles.

Vous serez d'aiUeurs secondé, dans l'accomplissement de cette tâche pieuse, par les commissaires que je vous autorise à désigner, et qui devront, sous votre direction, se partager la visite des différents quartiers, villages ou hameaux de chaque ville ou de chaque commune.

Vous trouverez un concours non moins précieux auprès des hommes honorables qui ont bien voulu accepter le titre et les fonctions de délégué cantonal de l'œuvre de l'assistance. Leurs conseils et leur haute influence viendront puissamment en aide à vos efforts.

Enfin , MM. les Curés et MM. les Desservants de chaque commune, ces premiers apôtres d'une religion de charité , auront à cœur, j'en ai la certitude, de contribuer, dans les limites naturelles de leur pieuse intervention , au succès de la mission toute de charité que mon arrêté vous confie.

J'en ai pour garant l'appel que M?*" l'Évéque de Nevers leur adressait dans son dernier Mandement du Carême. Je suis heureux d'en reproduire les termes; ils répondront par avance aux objections du petit nombre de personnes qui voudraient encore s'isoler de la mesure administrative, sous le prétexte qu'elle serait en désaccord avec les préceptes de la religion ou avec les règles orthodoxes de l'Eglise.

Voici d'ailleurs comment s'exprimait M?"" l'Évéque de Nevers le 2 février dernier :

« Nous ne saurions trop vous engager, N. T.-C. F., à » entrer dans cette voie de charité pendant la saison rigou- » reuse que nous traversons, et nous vous conjurons de

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» soutenir de vo$ libéralUés cette gratide œuvre de Vas- » sUtance, qm a déjà rendu d* inappréciables services à j» ce département.,,. »

Je ne pouvais mieux clore, assurément, la série des diverses observations que j*avais à vous soumettre, et cette adhésion donnée si solennellement à notre œuvre par le chef vénéré de ce diocèse , sera de nature à lever au besoin des scrupules exagérés de conscience.

En terminant, j'appellerai spécialement votre attentiou sur la forme matérielle des souscriptions qui devront être émargées par les souscripteurs eux-mêmes, et sMls ne savent signer, par vous ou par Tun des commissaires délégués.

Dès que les listes seront closes, vous me les ferez parvenir par l'intermédiaire de MM. les Sous-Préfets, et directement pour l'arrondissement chef-lieu.

Si les difficultés de détail et d'interprétation de mon arrêté ci-joint se présentaient, n'hésitez pas à me les transmettre ; vous pouvez compter sur mon empressement à vous répondre et à vous donner toutes les indications nécessaires.

De mon côté , je compte sans réser\'e , dans cette circonstance importante, sur le concours dévoué auquel m'a accoutumé, depuis sept années bientôt, votre bomie, et j'ose le dire, votre affectueuse collaboration.

Recevez, Monsieur le Maire, l'assurance de ma considération très-distinguée.

A. DE MAGNITOT.

ASSISTANCE ET EXTINCTION DE LA MENDICITÉ. — RENOUVELLEMENT DES SOUSCRIPTIONS QUINQUENNALES.

Habitants de la Nièvre !

Les souscriptions que vous avez consenties pour cinq ans en faveur de l'œuvre de l'assistance et de l'extinction de la mendicité expirent à la fin de la présente année.

Le moment est venu d'assurer leur renouvellement.

Par arrêté en date du 15 mars j'ai prescrit que cette opération aurait lieu à partir du i^^ avril prochain, par les soins de MM. les Maires et sous la haute surveillance de MM. les Délégués cantonaux.

Leur tâche sera rendue facile, j'en ai la certitude, par l'empressement que vous mettrez à répondre à leurs démarches.

Les motifs qui vous ont engagés, il y a cinq ans, à vous associer à cette œuvre utile ont aujourd'hui toute leur valeur; bien plus même, ils se fortifient par l'expérience des résultats obtenus.

Lorsque, pour satisfaire au vœu général du pays, j'ai entrepris naguère de faire disparaître de la Nièvre cette plaie hideuse de la mendicité qui la désolait, je vous ai demandé tout d'abord les moyens d'assurer le soulagement des pauvres et des nécessiteux.

Vous avez répondu à mon appel par d'abondantes souscriptions, et j'ai pu, en constituant l'assistance dans chaque commune, donner ainsi à la mesure administrative de l'interdiction de la mendicité une base aussi rationnelle (|u'essentiellement morale.

C'est cette œuvre qu^il s'agit de continuer aujourd'hui ;

ISi AFPEXDICE.

car suks eiîe, sans Fassistance, la répression de la menéiàkk dtfvieiidnîi nm €ûl inique et imposable.

En échange de los Ifténlitée, radminîstration , d'une part, a poorni an sonlagement des misères, et de Tautre Hïe a àékamsÊè le département de ces hordes de mendiants étrangers , qni slmpoeaient à nos populations par rimportanité« par la menace et songent même par la violence.

Quant aux mendiants du pays , les nns <mt reçu sur les if ?tfonrtc& de Tassistance les secours que leur état de misrre ifclamait « les antres , et e*est le plus grand wmhre« ont dé abandonner celle honteuse industrie et demander an traiail des moyens r^uliers d*existeiioe.

Leurs en&nts, précédemmoit élerés dans l'habitude dn vagaboodage et du désordre, sont placés dans nos écoles, et ils y reçoivent les leçons d*un enseignement moral et éclairé.

Toili ce qui était.... et roflà cependant où Ton revendrait nécessairement si TcEUvre de l'assistance n*était pas nuunlenue.

Or, quel serait celui d'entre vous qui voudrait, en refusant de sNf associer de nouveau, assumer sur lui la responsabilité d'un pareil résultat ?

Si vous n^obéissiex d'abord au sentiment de charité qui a été votre premier mobfle, vous le feriez encore par économie.

Comparez, en effet, ce que vous dépensiez autrefois à vos portes quand la mendicité était libre avec ce que vous donnez aujourd'hui à l'œmTe de l'assistance.

N'y a-t-il pas encore avantage pour vous, même en réservant dans la sonmie dont vous pouvez disposer une part pour vos libéralités secrètes et privées?

Je \iens donc vous (urier de renouveler vos souscrip-

tions, et ce renouvellement, j'en ai l'assurance, ne nous fera pas défaut.

Donnez ce que vos moyens vous permettent de donner, et ne vous inquiétez pas davantage de la souscription de votre voisin que vous ne vous en préoccupiez naguère lorsqu'un pauvre, après avoir essuyé un refus à sa porte, venait recevoir l'aumône à la vôtre.

La vraie charité ne calcule pas , et c'est à votre charité que je m'adresse avec confiance.

Vainement voudrait-on substituer aux ressources qu'elle procure celles de Vimpôt,

L'impôt ne serait qu'un expédient d'égoïsme et de calcul , qui ne tendrait qu'à créer des droits à des misères souvent problématiques, et à remplacer le patronage bienveillant de la charité par l'acquit d'une dette pour ainsi dire obligatoire. Ce système n'est autre d'ailleurs que la taxe des pauvres; il est condamné par l'expérience, et vous le repousserez avec énergie.

Si j'aborde rapidement devant vous Texamen de ces questions, c'est qu'elles pourraient peut>-être servir de prétexte à dès objections plus spécieuses que fondées ; c'est qu'il suffit de vous les indiquer pour que votre raison en fasse bonne et prompte justice.

La Nièvre, je le dis avec orgueil, est citée en première ligne aujourd'hui parmi les départements de l'Empire qui ont le mieux résolu ce difficile problème de l'extinction de la mendicité.

Vous serez jaloux de soutenir cette réputation, qui honore à un si haut degré les sentiments charitables de ses habitants ; vous serez jaloux d'attacher le nom de la génération que vous représentez au succès et à la consolidation à jamais assurée d'une œuvre aussi éminemment utile; enfin, en répondant à mon appel, vous me permettrez de trouver personnellement dans ce nouveau témoi-

gnagc de votre confiance la plus douce récompense des

efforts et du dévouement que je suis heureux de consacrer

depuis sept ans bientôt au service des vrais intérêts du

pays.

Le Préfet de Ut Nièvre,

A. DE MAGNITOT.

Nevers, le 15 mars 1800.

Nous, PRÉFET de la Nièvre, Officier de Tordre impérial de la Légion-d*Honneur, etc.,

Vu notre arrêté du le*" juin 1855, prononçant l'interdiction de la mendicité dans le département de la Nièvre;

Vu les matrices de souscriptions recueillies dans chacune des communes du département et mises en recouvrement depuis le 11 novembre de la même année, à l'effet de pourvoir au soulagement des indigents et des nécessiteux ;

Considérant que lesdites souscriptions, consenties pour une durée de cinq ans, expirent à la fin de la présente année 1860, et qu'il importe d'en assurer le renouvellement , afin de constituer par une organisation permanente de l'œuvre de l'assistance, dans une seconde période, la base essentielle de l'extinction de la mendicité ;

Vu notre précédente circulaire du 30 janvier 1854;

Vu notre arrêté en date de ce jour, portant nomination des délégués cantonaux pour l'œuvre de l'assistance et de l'extinction de la mendicité,

Avons ARRÊTÉ et arrêtons ce qui suit :

Art. l®»". — A partir du 1®** avril prochain , il sera procédé dans chaque commune du département au renouvellement des souscriptions de l'œuvre de l'assistance.

Art. 2. — Ces souscriptions, soit en nature, soit en argent, seront inscrites sur des matrices spéciales, consenties pour cinq ans et soumises ultérieurement à notre visa exécutoire.

Art. 3. — MM. les Maires sont autorisés à s'adjoindre des commissaires chargés de se présenter à domicile, soit avec eux, soit individuellement, à l'eflet de recevoir l'engagement de chaque habitant.

Art. 4. — Les souscriptions ne seront valables qu'autant qu'elles auront été revêtues de la signature des souscripteurs, et si ceux-ci ne savent signer, de la signature de MM. les Maires ou de celles de leurs délégués, dûment certifiées.

Art. 5. — La valeur des souscriptions en nature sera indiquée au tarif joint à la matrice, afin de permettre ultérieurement aux souscripteurs de s'acquitter en argent, s'ils le préfèrent.

Art. 6. — L'opération du renouvellement des souscriptions devra être terminée dans un délai de trois mois.

Art. 7. — Le montant des souscriptions de chaque commune sera publié dans le Journal de la Nièvre , et inséré au Recueil des Actes administratifs.

Art. 8. — MM. les Sous-Préfets, MM. les Délégués cantonaux et MM. les Maires sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent arrêté, qui sera pid)lié et affiché dans toutes les communes.

Fait à Nevers , le 15 mars 1860.

Le Préfet de la Nièvre,

A. DE MAGNITOT.

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CONFàAENCBS CANTONALES DB LA BÉVISlOIf . — RR!ROUVELLElfEKT DES SOl-SCRIPTIONS DE L*ASSISTANCE.

Nevers, le 90 jain 1860.

Le préfet de la Nièvre, Officier de l'ordre impérial de la Légion-d'Honneur, etc.,

A MM, les Maires du département.

Messieurs ,

La tournée de révision est terminée, et avec elle ont été closes également ces conférences cantonales dans lesquelles j'ai été si heureux de vous réunir autour de moi pour vous interroger sur les besoins de vos communes , et pour m'entendre avec vous sur les mesures les plus capables de donner satisfaction aux nombreux intérêts qui nous sont confiés en commun; à vous, comme administrateurs directs de ces mêmes intérêts, et à moi , en ma qualité de magistrat investi de cette haute tutelle administrative qui constitue l'un des plus beaux et des plus précieux de mes privilèges.

J'ai à vous remercier de la iHenveillante attention que vous avez prêtée à mes avis et à mes conseils. De mon côté , j'ai essayé de répondre à ces témoignages de votre conliance, et indépendamment des explications ou des détails dans lesquels je suis entré verbalement, je ne crois pas qu'il y ait un seul maire du département à qui je n'aie été déjà dans le cas de confirmer le résultat de nos conférences par une ou plusieurs lettres spéciales , suivant le nombre ou le caractère des affaires dont il m'avait entretenu.

C'est ainsi que , suivant l'usage établi dans la Nièvre depuis sept ans bientôt, la tournée de révision qui a pour but de former la liste des jeunes soldats compris dans le contingent ( et vous savez avec quelle régularité consciencieuse ces opérations d'un si haut intérêt pour les familles ont lieu), c'est ainsi, dis-je, que ma présence au milieu de vous coïncide habituellement avec l'examen général et public de toutes les affaires des communes ; c'est ainsi , enfin, que l'action administrative peut directement venir en aide à vos efforts , et les rattacher à cette unité de vues et de principes dont je puise moi-même les inspirations auprèg du Gouvernement.

J'ai constaté avec un sentiment de vive satisfaction que l'impulsion donnée depuis quelques années aux différentes améliorations dont j'avais pris l'initiative , ou que vous avez vous-mêmes réclamées , a été féconde dans ses résultats. Les voies de communication , déjà si nombreuses dans ce département, se complètent, et aujourd'hui, non-seulement les grandes artères sont terminées , mais encore il n'est pas un.seul chef-lieu de commune qui ne soit relié, soit avec une route, soit avec un chemin de grande ou de moyenne communication, lorsque par hasard l'une de ces voies ne la traverse pas déjà. De leur côté, les hameaux sont en grande partie , et à part quelques exceptions dont vous vous attachez à diminuer le nombre, rattachés euxmêmes à leur chef-lieu par des voies secondaires , et c'est ainsi que , grâce aux sacrifices des communes et à la générosité intelligente de la plupart des grands propriétaires , la Nièvre est aujourd'hui couverte d'un vaste réseau de ces voies de communication qui ont depuis quelques années doublé sa valeur territoriale.

Si les routes et les chemins ont été l'objet de nos justes préoccupations, disons aussi hautement que la physionomie de nos communes s'est également transformée,

depuis quelques années , par les améliorations dont les édiûceir publics ont été Tobjet.

Sous la haute direction de la commission des bâtiments civils, dont je suis si heureux d'invoquer l'expérience et les lumières, les églises, les presbytères, les maisons d'école ont été relevés , réparés dans le style spécial de leurs constructions premières ou appropriés suivant les convenances du service auquel ils étaient afifectés.

Dans un grand nombre de communes , où la réparation de ces édifices existants n'était pas possible, dès constructions neuves se sont élevées , et elles témoignent spécialement du soin et du goût qui ont présidé à ces travaux.

Sans doute, de nouveaux efforts seront encore nécessaires pour compléter cette œuvre de régénération et de progrès si heureusement commencée ; mais j'ai l'assurance que ces efforts se rattacheront prochainement à la réalisation des ressources nécessaires pour en assurer le succès.

Sans doute, l'impôt est de tous les moyens le plus simple et le plus facile ; mais il en est un trop négligé et sur lequel je ne cesse d'appeler votre attention depuis que j'ai l'honneur d'administrer ce département , c'est la mise en culture, par voie d'amodiation, des terrains communaux, dont la jouissance en commun est aussi préjudiciable aux intérêts de l'agriculture qu'à ceux de la commune.

Beaucoup de communes sont largement entrées dans cette voie et s'applaudissent chaque jour des avantages qu'elles en ont retirés. Leur exemple et mes conseils, qui empruntaient cette année une haute autorité à l'opinion émise récemment par S. M. l'Empereur lui-même, sur la nécessité de ne pas abandonner plus long-temps les terrains vains et vagues de nos communes à un mode de jouissance aussi improductif, devront, j'en ai l'espoir,

appeler prochainement, de la part des conseils municipaux, des délibérations qui vont devenir le point de départ d'une ère nouvelle de progrès essentiellement profitable à tous.

En dehors de ces différentes questions se rattachant à Tordre - des intérêts matériels , il en est une qui , cette année, a été l'objet de notre examen spécial dans le cours des conférences cantonales. Je veux parler du renouvellement des souscriptions quinquennales de Vassistance.

Car l'œuvre de l'assistance, fondée par vos soins et par les miens, il y a cinq ans, est la base morale et chrétienne de l'interdiction de la mendicité. C'est l'alliance de la cJiarité secourant les vrais pauvres, et de la répression sévissant contre les vagabonds et les gens sans aveu , qui a déterminé le succès d'une mesure solennellement consacrée aujourd'hui par l'expérience la plus heureuse et la plus complète.

Lorsque le moment m'a paru convenable de renouveler les souscriptions de l'assistance , je me suis adressé à vous avec confiance, et je n'ai pas craint de faire un appel direct aux habitants de la Nièvre. Vainement avait-on essayé par des attaques sourdes et intéressées d'ébranler la confiance des populations , et de répandre le bruit que le renouvellement des souscriptions ne pourrait pas s'opérer.

Il m'a suffi de vous faire connaître ces oppositions, qui ne reposent d'ailleurs sur aucun motif sérieux, pour que les réponses qu'elles m'avaient inspirées démontrasseiit l'erreur des uns et des autres.

J'ai fait appel aux hommes de bonne foi, leur demandant de m'aider à maintenir l'œuvre que vous aviez si heureusement fondée, et entre cette alternative ou celle de voir apparaître de nouveau le fléau de la mendicité, qui constituait naguère une charge si lourde pour le dépar-

tement, vous savez qu'il n'y a eu de leur part ni doute ni hésitation.

Je m'adressais à la chanté de nos populations, et j'étais sûr à l'avance du succès de mes démarches; car, dans la Nièvre, la charité est le sentiment qui distingue essentiellement ses habitants , et c'est aller droit à leur cœur que de les associer à une mesure qui a pour but principal le soulagement des misères.

Il me semble inutile de revenir ici sur les motifs de résistance ou de refus isolés qui se sont produits. La plupart d'entre eux ne peuvent, en effet , soutenir l'épreuve d'un examen sérieux , soit que les uns se rattachent à la trop grande fréquentation des écoles par les enfants, depuis que l'interdiction de la mendicité les empêche, dit-on , de cumuler les habitudes de l'oisiveté et de vagabondage avec celles de pâtre ou de porcher ; soit que les autres s'appuient sur l'importance des économies réalisées dans quelques communes, où elles ont permis , par l'achat de rentes sur l'Etat , de constituer pour V avenir un véritable patrimoine pour les pauvres.

J'avoue que les reproches faits à notre œuvre dans cet ordre d'idées , loin de me paraître concluants , ont été pour moi, au contraire, la preuve la plus éclatante des services qu'elle avait Vendus, et s'il fallait vous citer des chiffres pour donner plus d'autorité à ces preuves , je vous rappelerais en effet que dans l'espace de quatres années , la population de nos écoles s'est élevée de 25,000 à 42,000 élèves , et que, dans les deux exercices 4858 et 1859 , qui répondent à des années d'abondance, plus de 240,000 fr. ont été mis en réserve et convertis en rentes sur l'État au profit des différentes communes où ces économies avaient été réalisées.

Y a-t-il donc dans ces résultats , et je le demande à tout homme de bonne foi dégagé de passions extérieures,

y a-t-il dans ces faits si consolants pour la morale et pour la charité un motif sufQsant pour s'isoler d'une mesure aussi salutaire et aussi féconde?

Maintenant , et si nous abordons le côté matériel de la question, il suffît, ainsi que j'avais l'honneur de vous le dire, de comparer ce qui existait il y a cinq ans et ce qui existe aujourd'hui.

La Nièvre était désolée par le fléau de la mendicité ; ses villes, ses villages, ses campagnes étaient sillonnés par des hordes de mendiants et de vagabonds qui s'imposaient aux populations rurales par la menace et au besoin par la violence. Les fermes et les maisons isolées étaient princi* paiement le point de mire de cette industrie dangereuse ; elles étaient marquées comme autant d'étapes dans l'itinéraire du vagabondage, et c'était là que, chaque soir, des bandes d'aventuriers venaient réclamer, comme un droit, l'hospitalité qu'on n'osait leur refuser.

Aujourd'hui , ces fatales habitudes ont disparu , les vagabonds étrangers ont abandonné la Nièvre , les mendiants du pays ont eux-mêmes renoncé à leur métier scandaleux 9 et ils ont compris que désormais le travail était leur seul moyen d'existence. Quant aux vrais pauvres , aux indigents invalides et véritablement dignes d'intérêt , vous savez avec quelle pieuse sollicitude la charité locale a pourvu à tous leurs besoins sur les ressources mises par les souscripteurs à la disposition des commissions de bienfaisance , et c'est ainsi que, s'appuyant sur un principe essentiellement moral et chrétien , la mesure administrative de l'interdiction de la mendicité a pu produire tous les efiets que nos prévisions leur avaient attribués.

Malgré ces avantages si saisissants pour tous, je n'ignore pas que certaines personnes ont .élevé la prétention de ne pas maintenir leurs souscriptions, afin, ont-elles dit, de ne pas abdiquer le privilège de distribuer elles-mêmes leurs

aumônes. Mais, assurément, ces personnes, dont nous respectons les nobles scrupules, ont oublié que l'œuvre officielle de Tassistance est loin d'exclure, dans notre pensée, Faction directe de leur bienfaisance. Nos premières instructions vous recommandaient, au contraire, de faire comprendre aux souscripteurs que chacun d'eux devait réser\'er pour ses libéralités secrètes et mystérieuses une part des ressources dont il pouvait annuellement disposer dans ce but. Seulement, nous avons insisté pour que notre œuvre pût compter sur leur concours, chacun devant, au contraire, trouver dans la marche régulière de cette institution une garantie précieuse pour l'exercice d'autant plus facile de ses libéralités particuculières vis-à-vis des véritables pauvres.

Du reste , Messieurs , je suis heureux de constater que l'opinion publique a promptement fait justice de ces différents arguments , sur lesquels quelques personnes ont essayé de fonder leur opposition ou leur résistance.

Aussi , la meilleure réponse qui puisse leur être faite , ces personnes en petit nombre, je dois le dire, la trouveront dans les résultats aujourd'hui connus de l'opération du renouvellement des souscriptions.

Non-seulement dans toutes les communes le chiffre des anciennes souscriptions sera au moins maintenu et même dépassé, mais sur tous les points le nombre des souscripteurs s'est accru dans des proportions considérables. Obéissant à un sentiment de charité qui les honore , les plus petits propriétaires, les journaliers, les ouvriers gagnant péiîiblement leur existence au prix du travail de chaque jour, ont voulu apporter, eux aussi , à cette œuvre de l'assistance^ dont ils reconnaissent les précieux effets, le tribut de leur modeste offrande.

C'est par milUers que ces adhésions m'ont été signalées.

et dans quelques localités, vous le savez, elles ont été Toccasion des manifestations les plus émouvantes.

Grâce à ce concours empressé de tous , grands et petits , riches et pauvres , le succès du renouvellement des souscriptions de l'assistance est d'autant mieux garanti qu'il a trouvé sa consécration, ainsi que j'avais l'honneur de vous le dire , dans le suffrage universel de la charité.

Ainsi, dans le cas où quelques doutes, quelques hésitatations pourraient encore subsister, j'ai l'assurance que l'exemple des résultats généraux obtenus dans l'ensemble du département aura pour effet , et pour effet certain , de les dissiper instantanément. Nul ne voudra rester en arrière de ce grand mouvement de charité qui entraine nos populations et qui assigne désormais à la Nièvre un des premiers rangs parmi les départements de l'Empire où l'interdiction de la mendicité est devenue , par l'assistance , un fait essentiellement moral et sérieux.

En vous priant de ne rien négliger pour terminer promptement l'opération du renouvellement des souscriptions dans le petit nombre des communes, où des circonstances exceptionnelles et indépendantes de la volonté des^ maires ont pu la retarder jusqu'à ce jour, je veux , Messieurs , vous renouveler à tous , les remercîments que j'ai déjà eu l'honneur de vous adresser dans le c^ursdenos conférences cantonales.

Je veux aussi que MM. les Délégués et que MM. les Membres du clergé , dont le concours vous a été si précieux et si efficace, trouvent id l'expression de toute ma gratitude.

Je vous demande enfin d'être les interprètes de mes sentiments auprès de vos administrés. Je ne saurais oublier que l'empressement avec lequel ils ont répondu à mon appel est pour moi le précieux témoignage de leur confiance et de leur sympathie ; j'y trouve d'ailleurs , et je le répète avec orgueil , la plus douce récompense des efforts

que je consacre depuis sept années au service des intérêts de la Nièvre.

Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération distinguée.

A. DE MAGNITOT.

Page 139.

A8SISTA?(CB ET EXTnCGTION DE LA MENDICrTÉ. — RBXOUVELLEHEirr DBS COMMISSIGIVS CUAftfrABLBS.— KfVOl D'UN ARRÊTB QUI ASSOC» USS CONSBOS MUfYICIPAUX A LA FCHlifATie!! DE LA LI8TB BES l!<fOIGB.Vr8 ST DBS NéCBSSrTBUX.

T7eT<er8, le SO octobre 1860.

Le préfet du département de la Nièvre , Officier de l'ordre impérial de la Légion-d'Honneur, etc. ,

A MM. le^ Maires du département.

Messieurs,

Par mon arrêté en date de ce jour j'ai prescrit le renouvellement des commissions administratives de bienfaisance dans toutes les communes qui ne sont pas régulièrement pourvues d'un bureau de bienfaisance légalement cons- ' titué.

Vous devrez donc, dans un bref délai, me faire parvenir vos propositions , afin d'assurer l'exécution de cette mesure.

Bien que plusieurs commissions aient été récemment reconstituées, leur renouvellement n'en est pas moins obligatoire; car il importe que leur mandat coïncide avec l'ouverture de la nouvelle période des souscriptions quinquennales de l'assistance.

Le maire et le curé font de droit partie de ces commissions, qui devront, suivant l'importance de la commune, comprendre cinq, sept ou neuf membres.

Mon arrêté dispose que chaque section de commune devra , autant que possible , être représentée dans la commission , afin qu'aucune des misères dignes d'intérêt existantes sur les points même les plus éloignés ne puisse échapper à la sollicitude de cette assemblée.

Je vous invite à vous mettre en mesure de m'adresser sans aucun délai vos propositions sur le cadre que je vous envoie, en ne perdant pas de vue que les membres en exercice peuvent et doivent même, le plus souvent, être maintenus dans leurs fonctions.

L'œuvre de l'assistance, telle qu'elle existe dans la Nièvre, est, vous le savez, une œuvre esisentiellement charitable , puisqu'elle dispose des ressources misés à la disposition de l'administration par la charité jprivée.

Vous aurez donc soin de comprendre sur l'état de vos propositions les candidats qui , par leur position et leurs sentiments bien connus , sont plus que d'autres à même de répondre à la pensée de cette institution.

Par un autre arrêté , également en date de ce jour, je porte à votre connaissance de nouvelles mesures , qui ont pour but d'assurer l'emploi le plus large et le plus complet possible des ressources de l'assistance, en associant les conseils municipaux à la formation de la liste des indigents et des nécessiteux.

Il ne vous échappera pas que rinter\'ention de cette assemblée a pour but de répondre à certaines objections qui m'ont été faites au moment du renouvellement des souscriptions.

Quelques personnes ont pensé que la désignation des individus admis aux secours devait avoir lieu par les représentants de la commune.

Je me suis d'autant plus volontiers rendu à leurs désirs, que ce principe a déjà été consacré par la loi en ce qui touche la formation des listes d'enfants indigents à recevoir gratuitement dans les écoles.

Les commissions de bienfaisance ne devraient donc pas voir dans cette mesure un fisdt qui porte ombrage à leurs ' attributions; car mon arrêté leur laisse toujours le droite dans rinlen'alle des sessions , d'syouter ou de retrancher aux listes arrêtées par le conseil municipal , en cas d'urgence seulement, et sauf à rendre compte à cette assemblée ultérieurement des motifs de leurs décisions.

D'un autre côté, les commissions de bienfaisance sont chargées exclusivement de l'emploi des ressources mises à leur disposition , c'est-à-dire d'apprécier, suivant les besoins de chaque indigent ou de chaque nécessiteux, l'importance des secours qui devront leur être accordés.

Enfm, leur mission la plus essentielle est de se mettre en rapport avec les malheureux, de les visiter, et d'être auprès d'eux les intermédiaires et, pour ainsi dire, les apôtres de la charité.

Le contrôle du conseil municipal ne saurait avoir rien de blessant pour les commissions de bienfaisance ; car il n'a d'autre but, je le répète, que de venir en aide à leur action , en leur signalant les misères qui auraient pu leur échapper.

D'un autre côté, cette intervention toute morale des représentants de la commune enlève le moindre prétexte à ces récriminations exagérées de quelques souscripteui^ qui , en dernier lieu , ont supprimé ou diminué leurs souscriptions , par le motif que la répartition des secours avait lieu d'une manière abusive , et témoignait de préférences non justifiées en faveur de tel ou tel indigent ou nécessiteux.

Aussi je ne doute pas que la publication de l'arrêté

APPËNDICK. 269

précité ne soit, dans quelques communes, le motif déterminant d'un nouvel appel à faire aux habitants qui auraient persisté jusqu'à ce jour à s'isoler de l'œuvre de l'assistance.

Vous remarquerez que la mesure qui associe désormais les conseils municipaux à la formation des listes des indigents ou des nécessiteux n'est pas une concession faite aux exigences des récalcitrants ; elle m'a été inspirée par le désir de venir en aide à l'action des commissions de bienfaisance, et de ne laisser ainsi aucune misère sans soulagement.

Toutefois , je serais heureux d'apprendre que cette disposition eût pour effet de laisser sans réplique les prétextes , voire même les raisons du petit nombre de personnes qui avaient refusé de concourir à notre œuvre.

Quant à celles dont le refus persistant se rattache au désir hautement avoué d'être libres de faire elles-mêmes la charité, je dois vous rappeler ici, et vous voudrez bien au besoin le leur faire remarquer de nouveau, que l'œuvre administrative de l'assistance ne saurait faire obstacle à l'exercice de leurs libéralités privées.

Seulement, si elles sont justes, ces personnes reconnaîtront que la mesure répressive de l'extinction de la mendicité , qui a débarrassé le département de tous les vagabonds étrangers et de tous les mauvais pauvres de la localité, a rendu leur mission de bienfaisance plus simple et plus facile.

Autant elles étaient exposées à voir autrefois leurs libéralités s'égarer en profitant à des individus qui n'étaient pas dignes de leur intérêt , autant aujourd'hui elles sont sûres que leurs aumônes ne profitent qu'à des pauvres vraiment dignes de ce nom.

Or, si on se rend compte que ces résultats inappréciables sont exclusivement dus à l'application de la mesure

de rinterdiction de la mendicité et à Torganisation de rœuvre de Vassistance, qui en est la base morale et cbréti«niie » on doit reconnattre que toute personne de bonne foi doit venir en aide à l'administration , et concourir dans diaque commune au soulagement des misères, sauf, si elle le juge convenable, à conserver pour ses aumônes particulières et secrètes une part des ressources dont elle peut disposer.

Voilà le but, voilà la pensée de notre institution, qui, * loin do constituer une œuvre de charité légale y est une œuvre essentielle de vraie charité ^ exclusivement Éacultative de la part de ses adhérents , et n'ayant pas ce caractère obligatoire qui s'attache aux mesures reposant sur la taxe des pauvres.

Je vous invite, Messieurs, à vous pénétrer des instructions qui précèdent et à assurer l'exécution de leurs prescriptions, en vous inspirant des sentiments de chanté qui sont la base essentielle de notre œuvre , si éminemment nivemaise aiyourd'hui , de l'assistance et de l'extinction de la mendicité.

Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération

distinguée.

A. DE MAGNITOT.

renoijVellbment des commissions charitables.

Nous, PRÉFET DE LA Nièvre , Officier de l'orire impérial de la Légion-d'Honneur, etc. ,

Vu notre arrêté en date du 20 septembre 1855, ordonnant la création d'une commission administrative de bienfaisance dans toutes les communes non pourvues d'un bureau de bienfaisance;

Considérant que les membres de ces commissions ont été nommés pour cinq ans, et qu'il y a lieu, à l'occasion de la nouvelle période quinquennale des souscriptions de l'assistance qui va s'ouvrir, de renouveler les pouvoirs desdites commissions ,

Avons ARRÊTÉ et ARRÊTONS :

Art. 1er. — Les membres des commissions administratives de bienfaisance seront renouvelés à partir du 15 novembre prochain, quelque récente même que soit la constitution de plusieurs d'entre elles.

Art. 2. — Ces commissions, dont le maire et le curé sont membres de droit, seront composées de cinq, de sept ou de neuf membres, suivant l'importance ou l'étendue des communes.

Chaque hameau ou section de commune sera , autant que possible, représenté dans ladite commission.

Les membres en exercice pourront être confirmés dans leurs fonctions.

Art. 3. — Les propositions de MM. les Maires devront nous parvenir à cet effet directement pour l'arrondissement chef-lieu, et par l'intermédiaire de MM. les Sous-Préfets pour les autres arrondissements.

Art. 4. — MM. les Sous-Préfets et MM. les Maires sont chargés d'assurer l'exécution du présent arrêté, lequel sera inséré au Recueil des Actes administratifs.

Fait à Nevers, le 20 octobre 1860.

Le Préfet de la Nièvre ,

A. DE MAGNITOT.

:272 APPKNDiCE.

AMAtÉ qui PftBSGftIT L*INTIftVB!rnO?C DIS CX>NSB1LS MCNICIPACX DA!<f8 LA POEMATION DBS LISTK9 DBS INDIGB?ITS BT DBS Né- CBSSITBCX.

Nous, PRÉFET de la Nièvre, Officier de Tordre impérial de la Légion-d'Honneur, etc. ,

Vu notre arrêté du !«' juin 1855, prononçant l'interdiction de la mendicité dans le département de la Nièvre ;

Vu notre arrêté en date du 20 septembre 4855, ordonnant la formation dans chaque commune d'une commission administrative de bienfaisance;

Vu notre arrêté du 15 mars 1860, qui prescrit le renouvellement des souscriptions quinquennales de l'assistance pour la nouvelle période qui va s'ouvrir au i-^ janvier 1861;

Considérant que le renouvellement desdites souscriptions a été effectué dans chaque commune et y a créé des ressources sufûsantes pour assurer le soulagement des indigents et l'assistance temporaire des nécessiteux;

Considérant qu'il y a lieu d'adopter les mesures propres à consacrer le meilleur emploi possible de ces ressources ;

Vu la délibération du conseil général de la Nièvre , qui émet le vœu que désormais les conseils municipaux soient associés à cette répartition, par le droit qui leur serait attribué d'arrêter la liste des indigents et celle des nécessiteux.

Avons arrêté et arrêtons :

Art. l®»". — A l'exception des communes chefs-lieux d'arrondissement et de toutes celles où il existe un bureau de bienfaisance légalement et régulièrement organisé, les conseils municipaux arrêteront ou réviseront, dans cha-

cune de leurs sessions ordinaires de février, mai , août et novembre , la liste des indigents et des nécessiteux qui devront être admis à la répartition des secours provenant des souscriptions de l'assistance.

Art. 2. — Cette liste sera, par les soins du maire, transmise à la commission administrative de bienfaisance, laquelle demeure chargée d'assurer cette répartition entre les individus désignés , de les visiter et de constater leurs besoins.

Art. 3. — En cas d'urgence , et dans l'intervalle des sessions ordinaires des conseils, municipaux , la commission administrative de bienfaisance a le droit de prononcer d'office l'admission aux secours des indigents ou des nécessiteux dont elle aura constaté la position.

Elle pourra de même, s'il y a lieu, suspendre à leur égard les distributions.

Il sera rendu compte par le maire au conseil municipal de ces admissions ou de ces suppressions et des circonstances qui les auront motivées.

Art. 4. — Tous les trois mois, et dans chacune des sessions ordinaires précitées , le maire fera connaître au conseil municipal la situation des ressources de l'assistance , l'emploi nominatif qui en aura été fait par les soins de la commission administrative de bienfaisance et la quotité des secours accordés.

Art. 5. — H sera donné acte de cette communication dans une délibération spéciale, qui contiendra, s'il y a lieu , les observations du conseil municipal.

Cette délibération nous sera transmise, pour être par nous statué ce que de droit en cas de désaccord entre le conseil municipal et la commission.

Art. 6. — Dans les communes régulièrement pourvues de bureaux de bienfaisance , les ressources provenant des

27& APPBIIIMCI.

souscriptions de Tassistanee viendnmt s'igouter à celles de ces établissements et seront administrées conformément à la loi et aux instructions.

Art. 7. — MM. les Maires demeurent chargés de Texécution dn présent arrêté , ffoi sera publié dans toutes les communes et inséré au ReeutU des Actes adminii' tiraiif$.

Fait à Nevers, le 20 octobre 1860.

Le Préfet de la Nièvre,

A. DE MAGNITOT.

Pages 93 et 197.

AâSISTANCB PUBLIQUE ET EXTINCTION DE LA MSMDICITé. — RÉSULTAT OU RENOUVELLEMENT DES SOUSCRIPTIONS POUR LA DEUXièNB PÉRIODE QUINQUENNALE. — ENVOI DES RÔLES.

Nevers, le Iw janvier 1861.

Le préfet de la Nièvre, Officier de Tordre impérial de la Légion-d'Honneur , etc. ,

A MM, les Maires du dépaHement.

Monsieur le Maire,

J'ai l'honneur de vous informer que je viens de remettre à M. le Receveur général du département, dûment revêtus de mon arrêté exécutoire, les rôles des souscriptions de l'assistance pour la seconde période quinquennale, qui commence à la date de ce jour.

Vous verrez, par l'état récapitulatif ci-joint, que les ressources directes de l'œuvre, centralisées dans les communes, s'élèvent à 200,447 fr. 78 c, savoir :

Produit des souscriptions en argent 156,802' 45 I

Produit des souscriptions en nature 17,263 83

Produit des contributions extraordinaires, destinées à venir en aide à l'insufOsance des t qqq ^^ «.f -^

souscriptions 11,160 » '

Montant des legs et donations. 11 ,691 50 Montant des rentes sur l'Etat , achetées avec le produit des économies réalisées dans les

communes 3,50p x> J

En ajoutant aux sommes ci-dessus :

lo Le montant des recettes des Sociétés maternelles et de secours mutuels, qui atteint,

chaque année 18,000 »

2® Celui des revenus ordinaires des bureaux

de bienfaisance 21,000 y>

3o Le montant de la dotation annuelle du

dépôt de mendicité 12,000 »

4o Le crédit alloué au budget départemental pour secours aux communes dont les souscriptions sont insuffisantes 3,000 i»

On verra que le chiffre total des ressources de Tœuvre de l'assistance, telle qu'elle a été constituée dans la Nièvre, par vos soins et par les miens, ne s'élève pas à moins de. . . . 254,417 78

Cependant, en comparant ce chiffre à celui • de 284,541 69

qui formait la somme à laquelle nous étions arrivés en 1855, il ressort une diminution de 30,123 91

Mais par le fuit, la diminution est loin d'atteindre nn chilTre aussi élevé, et elle s'explique naturellement par la valeur attribuée, à cette époque, aux souscriptions en nature , valeur qui , rapprochée du cours actuel des mercuriales, accuse une différence de près de moitié en sus.

En résumé, la situation qui s'est encore accrue des ressources de l'assistance médicale , ainsi qu'on le verra ciaprès, atteint au moins, si même elle ne la dépasse, celle de 1855, et elle doit, comme par le passé, suffire largement aux besoins généraux de l'œuvre.

Le renouvellement des souscriptions, que quelques détracteurs avaient déclaré impraticable, s'est opéré, en dépit de leurs attaques , dans des conditions dont les résultats sont la meilleure réponse à opposer à ces dénigrements. Si , dans quelques conununes, le chiffre des engagements s'est abaissé, par contre celui des souscripteurs s'est élevé, et, de 19,522 , en 1855, il est arrivé, en 1860, à 22,^3 dans l'ensemble du département.

Notre œuvre de l'assistance a donc un plus grand nombre d'adhérents. Ainsi que j'ai eu l'occasion de le dire devant vous naguère, elle s'appuie aujourd'hui sur le suffrage universel de la charité , et elle y a trouvé ces conditions de force et de durée , contre lesquelles ne saurait prévaloir la résistance des personnes qui ont cru devoir se tenir à l'écart.

Il n'est pas assurément dans ma pensée de discuter ici les motifs de certaines résistances, qui, chez le plus grand nombre, je dois le croire, ont été sincères et honorables. Agissant au nom de la charité , qui est la base de notre œuvre , ce serait manquer à ce principe que de rechercher aujourd'hui certaines convictions.

Contentons-nous donc de proclamer les résultats obtenus par une œuvre qui, après cinq années d'épreuves, est arrivée, dans la Nièvre, aux proportions d'un véritable

service public. Nous n'avons pas la prétention de faire disparaître la pauvreté, mais au moins nous avons la consolation d'en adoucir les souffrances , et la somme de 254,417 fr. 78 c. , qui va recevoir, par vos soins et par les miens, cette pieuse destination, représente un chiffre dont il est impossible de récuser l'importance. En examinant les différents éléments dont il se compose , vous verrez que le but que j'offrais naguère à vos généreux efforts a été largement atteint parla constitution de rentes achetées sur les économies des exercices antérieurs ou par celle des fondations ou legs que l'excellence de l'œuvre a provoqués.

Si quelques personnes* ont cru devoir, en voyant ces résultats, diminuer le chiffre de leur souscription en faveur d'une œuvre qui était assez riche, disaient-elles, pour réaliser des économies , espérons que le plus grand nombre se félicitera, au contraire, de contribuera en augmenter le montant, et voudra rendre ainsi un hommage solennel à l'administration si sage de ces ressources , qui permet de pourvoir aux besoins du présent et de constituer dans l'avenir le patrimoine des pauvres.

Le personnel des commissions administratives de bienfaisance vient d'être renouvelé dans chaque commune , et vous pouvez , je le sais , compter de la part de ses membres sur un concours intelligent et dévoué.

En procédant à leur installation , vous voudrez bien leur faire remarquer que les dispositions de mon arrêté du 20 octobre dernier, qui associent les conseils municipaux à la formation de la liste des indigents et des nécessiteux, ne porte, ainsi que quelques personnes auraient pu le craindre , aucune atteinte à leurs droits et à leurs privilèges.

Les conseils municipaux signalent les misères, mais les commissions demeurent seules chargées de répartir les

278 APPKfMCE.

secours et d'en déterminer la quotité; enfin , elles consenent toujours le droit de modifier les listes, sauf à en rendre compte par votre intermédiaire.

Je dois dire qu*un très-grand nombre de commissaires , loin de se croire blessés par cette disposition, m'ont remercié de ravoir introduite , et d'avoir mis ainsi leur res- {lonsabilité à Tabri des réclamations dont ils étaient naguère assaillis.

En même temps que j'adresse les rôles de souscription en argent à M. le Receveur général , je vous transmets les rôles des sotiscriptions en nature.

Vous aurez à prendre , d'accord avec la commission de bienfaisance, toutes les mesures propres à assurer le meilleur emploi possible de ces ressources.

Dans quelques communes, des bons sont délivrés aux indigents qui vont cliez le souscripteur lui-même recevoir le montant de sa souscription. Ce mode a l'avantage de resserrer chez les uns les liens du patronage, et d'éveiller chez les autres des sentiments de reconnaissance.

Dans certaines localités , le grain des souscripteurs est remis au boulanger, qui doit rendre une quantité de pain déterminée par hectolitre.

Enfin, dans d'autres communes, le souscripteur convertit lui-même en pain la mouture qu'il s'est engagé à donner.

Je me borne à vous signaler ces dilTéi'entes combinaisons, parmi lesquelles vous choisirez celle qui vous paraîtra le mieux appropriée aux convenances et aux usages de la localité. Ce que je vous recommande seulement, c'est d'assurer l'emploi immédiat des souscriptions en nature avant de recourir aux ressources provenant des souscriptions en argent.

C'est ainsi que, dans un grand nombre de communes, d'importantes économies ont pu être réalisées; que leurs

produits, placés en rentes sur l'État, sont aujourd'hui et à jamais acquis à l'œuvre de l'assistance, et il n'est pas une commission charitable qui ne soit jalouse de poursuivre et de compléter ces heureux résultats.

Ai-je besoin de vous rappeler d'ailleurs que les ressources provenant des souscriptions volontaires ont pour but de venir en aide aux indigents ou aux nécessiteux secourus à domicile, mais dans certaines limites seulement. En effet, que des cas de maladie se présentent, et l'assistance médiccUe intervient aussitôt d'une manière plus spéciale , soit par les soins gratuits ou à prix réduit des médecins cantonaux, soit par la distribution également gratuite des médicaments.

A cet égard, qu'il me suffise de vous citer quelques chiffres :

En 1859 , 16,647 visites ont été faites aux malades indigenis. Il leur a été distribué pour 8,610 fr. de médicaments. La dépense de ce service charitable ne s'est pas élevée dans son ensemble à moins de. . . 23,948' 68

Si à cette somme on ajoute le crédit de. 12,000 ï» prélevé sur les ressources départementales pour assurer les secours temporaires des enfants naturels ou mêmes légitimes laissés entre les mains de leurs mères , on arrive , avec le montant des souscriptions et des

sommes susrelatées, soit 254,417 78

à un chiffre total de 290,366 46

qui représente le budget connu et officiel des secours délivrés à domicile.

Et encore cette somme est-elle loin de résumer tout le bien opéré par l'intermédiaire de ces associations charitables si nimibreuses et qui, bien que fonctionnant privativement et en dehors de l'administration , n'en contribuent

pas moins à concourir au soulagement des misères dans une proportion presque équivalente à celle que représente l'œuvre administrative de Tassistance.

Si pour compléter ce tableau nous examinons la part que rÉtit, le département et les administrations hospitalières se réservent encore dans cette œuvre pieuse de l'assistance publique , on se rendra compte des heureux effets de leur intervention , qui se manifeste annuellement par des crédits importants , savoir :

!« Secours de TÉtat , à titres divers , aux bureaux de bienfaisance pour pertes d'animaux domestiques y incendies, grêle, inondations, dégrèvements, etc. 50,000' »

^ Secours du département, sur les centimes facultatifs , pour les malades indigents , les admissions gratuites aux eaux thermales, les subventions aux orphelinats, l'asile des incurables, les sourds-muets, les jeunes aveugles , les ateliers de charité , etc. , etc. 44,900 *

3p Allocations , sur les centimes ordinaires du département et des communes , pour les services spéciaux des enfants trouvés, des aliénés, des épidémies , etc. , etc. . . . 121,500 »

4» Revenus ordinaires des hospices communaux 310,000 »

Cette nomenclature forme une somme de. 526,400 "» qui , ajoutée au chiffre ci-dessus exprimé de. 290,366 46

donne un total de 816,766 46

Telle est , Monsieur le Maire , la situation exacte de Vassistance publique dans le département de la Nièvre, en dehors de tout le bien qui se fait directement, je le répète , par l'intermédiaire du clergé , des associations charitables et des familles.

La charité privée concourt à cette œuvre pour une somme de plus de 200,000 fr. dans le service spécial des secours à domicile. C'est celui dont vous êtes spécialement chargé* de concert avec MM. les Membres des commissions de bienfaisance. Pour eux , comme pour vous , cette tâche est éminemment consolante, car elle s'exerce au moyen de ressources importantes, et lorsque les secours réclamés dépassent les limites de ces ressources en raison de la spécialité de telle ou telle souffrance , mieux que d'autres encore vous êtes à même de les signaler à l'autorité, et de réclamer de sa part une intervention qui n'a jamais fait défaut.

Au moment où nous allons aborder cette nouvelle période quinquennale, qui s'ouvre à la date de ce jour, l^r janvier, je tenais à placer sous vos yeux les détails qui précèdent.

J'ai pensé que, d'une part, leur examen pouvait avoir pour résultat de fortifier votre conviction et d'encourager votre zèle; que, d'autre part enfin, il vous mettait à même d'édifier vos administrés sur l'importance des secours qui sont distribués dans le département, et sur l'emploi que reçoivent leurs libéralités.

Enfin , vis-à-vis de ceux qui ont cru devoir s'isoler de notre œuvre , sous le prétexte ou avec la ferme volonté de se réserver personnellement la distribution de leurs aumônes , il m'a paru utile de leur faire connaître par votre intermédiaire le caractère sérieux de notre œuvre.

Quant à ses résultats, ne suffit-il pas pour les apprécier de comparer ce qui existe aujourd'hui avec ce qui existait avant l'interdiction de la mendicité, alors que nos villes et que nos campagnes subissaient l'impôt si lourd de la présence continuelle des mendiants et des vagabonds?

Si des elfets matériels de l'œuvre nous passons à l'examen de ses résultats , au point de vue moral , est-il possible de ne pas se rendre à l'évidence en reconnaissant :

383 A^nnoicc

1o Que les O/IO» des anciens mendiants de profession demandent aujourd'hui au travail leurs moyens réguliers d*existence ;

d* Que les enbnts, qui subissaient ce funeste exemple du vagabondage, vont suivre dans nos écoles les leçons d*une instruction appropriée à leur âge , se pénétrer des principes d*une éducation bien entendue y et que le chiffre de 125,000 élèves, qui représentait, il y a cinq ans, la population des écoles de la Nièvre, s'élève aujourd'hui à 42,000!

3^ Que, dans l'ensemble du département, le nombre des délits et des crimes a diminué d'une période quinquennale sur l'autre , et que la proportion eût été plus appréciable encore si l'application de la mesure de l'extinction de la mendicité n'avait pas coïncidé avec l'augmentation du nombre des agents verbalisant , et n'avait pas été elle-même l'occasion d'une répression énergique en matière de vagabondage.

Et maintenant , que tout homme de bonne foi se prononce , et nous lui demanderons s'il n'est pas juste que ceux qui proûtent des avantages d'une mesure en supportent les diarges.

Aussi, par cela même que l'assistance, qui en est la base , n'a rien d'obligatoire et que chacun peut y concourir, en restant livré aux inspirations de sa conscience et de sa charité, nous devons espérer que la cause des malheureux ne saurait avoir de meilleurs et de plus chaleureux interprètes que ces deux sentiments.

Du reste, Monsieur le Maire ^ et ainsi que j'avais l'honneur de vous le dire plus haut, notre œuvre a pour elle la sanction d'une expérience de cinq années , et le suffrage de plus de vingt4rois mille souscripteurs a consacré de nouveau son existence pour une seconde période quinquennale. Des adhésions aussi nombreuses et aussi corn*

pactes sont pour elle une force et un appui (jui assurent et garantissent sa durée.

En présence d'une telle situation, la commission de bienfaisance que vous présidez se rendra compte de l'importance de sa mission, et elle ne manquera pas d'en accomplir les devoirs avec le zèle et le dévouement que la charité sait toujours et si bien inspirer.

Veuillez dire en mon nom aux honorables membres qui la composent tout le prix que j'attache à leur concours.

Quant à vous , Monsieur le Maire , je saisis avec empressement cette occasion de vous remercier de la part si active que vous avez prise à l'opération du renouvellement des souscriptions , et je compte particulièrement sur l'effet de vos bons soins pour assurer le meilleur emploi possible des ressources qu'elles ont créées.

Recevez, Monsieur le Maire , l'assurance de ma considération distinguée.

A. DE MAGNITOT.

P. S. J'ai l'honneur de placer ci-après sous vos yeux le tableau récapitulatif pai^ arrondissement et par commune des ressources de l'assistance pour la nouvelle période quinquennale (1).

(1) Nous nous bornons à reproduire ici la récapitulation par arrondissement.

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