OBSERVATIONS
XXII. — INSTRUCTIONS AUX GOMllISSAIRES DE POLICE ET A^k. bW* fÉMNTB AGENTS DE LA WOtkCB rUSLtQUB^ BUII L'isnilT AANâ iBQViL t'ARIlitÉ QUI PRONONOtt li'iNTERDIGTIO?! DE LA MEADIOITÂ |«YAA âTRB BXécUTÉ.
4 bôvétftbre 1855.
L^eiécotfoti de la tnesure qui prohibe là mendlôlté à pffrtif du 15 de té moiâ ne pf*odtdrait pas les etMs nm ûoûi déVOhs eft attetidré , si )e ne Vous faisais eonnattM' ' l'esprit qai y ûàm ma pensée , doit prMder ï ion appH-» ditlon.
'M le.ftU de r extinction de là mendicité étaii mu, (fest-à-dire s'il ne se rattachait pas aut mesurée d-assi^^ tance le» plu» large» et les plus complètes dont rinitiaflve ail été jamais prise dans le département^ nul doute que la mesure ne pût paraître rigoureuse ^ surtout en pnéseoce de rinsuffisânee de la récolte et de la hausse tonjoufs crois0)aftte des subsistances ; mais ce» craintes n'ont aucun fondement 2 vous le reconnaîtrez facilement en réfléchissant que les disposition» qui prohibent la mendicllë ont pUùt Mt exclu»if : l"" de poursuivre et d'atteindre lé» abus ^HtijLqtrels donnait lieu l'exercice illimité du yagabofidag^ ; 2*^ de pouvoir d'autant mieux concentrer sur les yérilables misères les ressources dont la charité privée dispose.
Il est fort heureux, au contraire, que ces mesures coïncident avec les besoins exceptionnels auxquels l'assistance pourra d'autant mieux pourvoir, qu'elle sera débarrassée, par l'effet de mon arrêté du 1" juin dernier, . de la concurrence des étrangers, des vagabonds et des mendiants de profession.
C'est donc contre ces derniers que les dispositions répressives de l'arrêté précité devront être spécialement dirigées. Aussi, pour rendre votre tâche plus sûre et plu» facile, yt\\ fait dréSser par commune la liste de CCS mètt-
diants incorrigibles^ et j*al Thonnear de tous la trans* mettre.
Dès-kyrs^ je vous recommaiide d*iiser^ cette année sorimit^ de la plus grande tolérance vis-à-vis des indigents connus, que le besoin pourrait porter à tendre la main; vous devrez leur rappeler que la mendicité est interdite ; que l'état des ressources créées dans leurs communes pour rasristance, et dont ils doivent profiter, ne saurait înslifier Jenr conduite ; enfin, que s'ils persistaient dansces^tebi-^ ^ItMes, vous vous verriez forcés d'appliquer à leur égard tes dispositions rigoureuses de l'arrêté préfiectoraL
En cas de doute sur la position des individus, vois pourries les conduire devant les maires^, ou vous entendre avec ces magistrats. Je ne doute pas que ces avertissements préventife, et qu'au besoin quelques exemples faits avec discernement en la personne des vagabonds et des mendiants de profes^n , ne suffisent pour inspirer h Ion» le sentiment de l'obéissance aux actes de l'autorité.
C'est dans ce sens que }e vous invite à faire coMaiire antour de vous et aux agents placés sous vos ordres Tesprit de mes instructions, afin que, dans aucun cas et pour qnelqne motif que ce soit, une mesure qui doit être avant tout un moyen d'assistance, et exceptionnellement de répression vis-à-vis d'un petit nombre , ne piÉsse aatortser des actes ininteHigents de zèle et de vexation.
XXm. — CIBCULAIRE ANNONÇANT LES l^ÉSULTATS OBTENUS ST
AUTORISANT l'OUVERTURE DE NOUVELLES SOUSCRIPTIONS.
n JaiiYfer 1S69.
Deux mois se sont écoulés depuis que l'arrêté portant interdicUon de la mendicité dans la Nièvre a été mis à exécution , et vous avez été tous à même d'apprécier les
excellents effets de cette mesure ^ « impatiemment et depuis si long-temps désirée par nos populations.
Les mendiants de profession , les vagabonds et les étrangers , qui étaient le fléau de nos villes et de nos campagnes , ont complètement disparu. Les uns ont quitté le département dans Tespérance que leur industrie pourrait encore trouver ailleurs tolérance et impunité ; les autres , com« prenant que le moment était arrivé pour eux de renoncer à leurs habitudes de paresse et de fainéantise , demandent, ai^ourd'htti à la pratique d'un travail régulier les ressourcéf^qu'ils se procuraient précédemment par la mendicité. Il en est m$me qui ont dû se décider, quoique h regret, à vivre tranquillement désormais du produit de leurs propriétés ou de leurs capitaux; les détails les plus curieux m'ont été révélés à cet égard, et ils sont venus corroborer la conviction qui m'était acquise depuis long-temps que Taumône arrachée sur la voie publique par l'importunité de certains mendiants, ne profitait généralement qu'à des individus dont les lamentations hypocrites dissimulaient une position sinon aisée, au moins et le plus souvent fort aii-4essus du besoin. A ces premiers résultats , déjà fort importants » sont venus s'ajouter tes effets précieux de Fav^ sistanet.
Dégagée de la pressi<Mi extérieure des mendiants de profession, la charité privée a pu , par l'intermédiaire des bureaux de bienfaisance et des commissions charitables , ^ concentrer désormais les ressources provenant de ses sousf criptions volontaires sur les pauvres véritables et sur les indigents honnêtes et sérieux. Grâce à ces libéralitiSs' si précieuses , les uns sont entretenus d'une manière {ierma- W n'ente, les autres, au contraire, ne reçoivent que des secours temporaires , soit en pain , blé , vêtements et argent , soit en soupes et aliments préparés au moyen de four* memx éoononriiques qui ont été ^aMIs dans quelques een*^ bres plus populeux d'agglomération.
478 APPKiVUiCE.
.ÂMjourd'iiui l'iu)puUion est doaoée , et l'œuvre de l'assistance que »Qus avons organisée , avec le eoncours si dévoué de la cbarité particulière , fooctiouue dam toutes 1^ commune» du départemeut.
MM* les Percepteurs se sont prêtas ^ avec an désintéressement et un zèle dont je leur suis reconnaissant» au TQCOuvrement de toutes les souscriptions en argent ; 4e leur côté , les commissions charitables et les bureaux 4e bienfaisance ont a&surd celui des souscriptions en nature. -^rAce à ce concours, grâce aussi aux subventions gu jl m'a été possible d'accorder sur les fonds du gouvernement, le bien se fait, l'œuvre du soulagement s'acçompUt sur tous les points , et les pauvres véritablement dignes d'îa*' térêt, les indigents connus, de même que les pauvre^ bopteux, profitent plus largement que par le passé, c'est- ^i-idire sans partage, du montant de toutes les ressources GOAûées à l'administration pav la libéralité des personnes cbaritables.
Aiûourd'bui donc , l'œuvi^e d^ l'extinction de la meadi* cité est un fait accompli, et celle de l'assbtanae, qui en est le point de départ^ répond avec le plus grand suceè^ au but que nous nous étions proposé.
Ces résultats sont d'autant plus significatifs qu'ils se sont accomçilis dans les circonstances les plus dillicUe# et au milieu des embarras toujours confpliquéa d'we ^ise aM^ meataire. Aussi uousi est-il permis de les signaler wx méditations des personnes qui avaient pu dwter tout d'abord de l'ettc^cité 4es mesures auMIUfAlen Us m M9ir tachent.
i>éi)^ je aais que dans quelques commmes, qii leSiS^itt^ criptiops, recueillies sous l'impress^m du doute et d0 lé défiance , n'avaient produit que des ressources iia^uIBsanteSi les premiers eifets de l'interdiction de la mendicité mi i^neué certaines personnes h augmenter ^PK^dt^uéi^etut le cbiffre de leurs premiers epgagemeut^ T^ momU^Sk^
qui donnait précédemment 2 ou 300 fr. à sa porte , a compris que sa souscription de 20 ou 30 fr. était complèteinent illusoire^ et que du moment où radministration avaU débarrassé le pays du fléau de la mendicité , U était du devoir de tout bon citoyen de l'aider ds^ l'accomplissement de l'œuvre de soulagement qui eu est la conséquence > par d^ subventions qui fussent plus en rapport avec les avantage» obtenus.
Tel autre aus^ , qui , nouvellement établi dans une çasu^ iwpe, n'avait pu prendre part ^ la première souscriptiM ouverte il y a deux ans ou dix-buit mois , s'est empressé d'y faire inscrire son nom^ afin de ne pas se trouva isolé plus long-tenaps du grand mouvement de bienfaisance et 4e charité qui s'accomplit sur tous les points.
£n présence de ces faits , et pour répondre au déiir qui m'a été exprimé par plusieurs de vos collègues» je vienis Ypos prier^ Messieurs, de vouloir bien examiner s'U n'y aurait pas opportunité de faire dès à présent m nouvel appel à ceux de vos administrés qui pourraieiU se tvouvi^r d<Mis le& cas indiqués ci-dessus. Yis-à^vis des autres , voMa îqgerez sans doute convenable également de leur faire comprendre que telle souscription qui eût été sufiftsatte Ht au-deUi dans une année ordinale, devrait, cette awée,. être mise en rapport par un supplément de sacrifice avec les besioins que fait naître la difficulté des temps K
A cet égard, je ne puis que m en rapporter à la sagesse de vos appréciations. Veuillez donc vous entendre avec le bureau de bienfaisance et avec les eonuaiBsions cbartubles de votre commune. Les membres honorables qui les com^ Dosent s'empresseront de vous seconder , je n'en doute i^A/lf dans toutes les démarches que ce nouvel appel k faire i, la
I Ces souscriptions compluiuentaircs pour Tannée sculcraeut pourront être versées directement entre les mains de la commission charitable qui devra m'en «Jounor avis. >
cnarité privée pourrait rendre nécessaires, et leur coopération suffira seule pour en assurer le succès.
Pour la simplification des écritures, les souscriptions nouvelles et les souscriptions complémentaires devront être recueillies sur de simples bulletins individuels, dont vous recevrez un certain nombre avec la présente circulaire. Elles devront se rattacher à la période quinquennale qui s'est ouverte le 11 novembre dernier, car la pem^anence des ressources pouvant seule consacrer le succès de Foeuvre , il importe que les nouvelles souscriptions aient le même caractère que les^ premiers engagements.
En échange de ces bulletins, que vous devrez m'adresser directement après qu'ils auront été remplis , vous recevrez des titres de recettes destinés à faciliter les recouvrements.
J'hésite d'autant moins du reste. Messieurs, à vous prier de vouloir bien vous conformer aux Instructions qui précèdent, qu'elles répondent, je le sais, au désir du plus grand nombre d'entre vous, et qu'il m'est permis de compter sur la continuation de votre concours pour consacrer les suites d'une œuvre dont les sympathies de nos populations tout entières ont assuré les premiers succès.
Indépendamment des lettres pastorales précitées des 5 et 45 février 1854, par lesquelles M^' l'Évêque de Nevers recommande aux fidèles et au clergé de sqii diocèse de seconder de tous leurs efforts et de tout leur concours Tœuvre administrative de l'extinction de la mendicité , basée sur l'assistance , l'éminent prélat a voulu de nouveau profiter de l'occasion que lui offi*ait
APPENDICE. i^i
la publication de son mandement du Carême en 1856, pour protester hautement des sympathies que lui inspirait cette mesure. Ce témoignage de M^' l'Évêque de Nevers emprunte à la constatation des premiers résultats obtenus un intérêt tout particulier. Il résulte du passage suivant, que nous sommes heureux de reproduire :
XXrV. — MANDEMENT DE Me*" l'ÉVÉQUE DE NEVERS l'OUR LE CARÊME DE 1856. — NOUVEAU TÉMOIGNAGE DE LA HAUTE SYMPATHIE DE CE PRÉLAT POUR L ŒUVRE ADMINISTRATIVE DE l'assistance ET DE l'eXTINCTION DE LA MENDICITÉ.
Toutefois, il y a une vertu sur laquelle nous aimons à vous louer presque sans réserve, c'est votre charité. Quels éloges, par exemple, ne méritez-vous pas pour le généreux empressement avec lequel vous venez de Répondre à rappel du premier magistrat de ce département ?
Le moment était arrivé, U est vrai, de réaliser un projet tant de fois conçu et toujours si fatalement arrêté , lorsqu'il anait recevoir son exécution.
Nous ne craindrons pas de répéter ce que nous avons dit en d'autres circonstances : la charité commune , sagement organisée , peut seule soulager efficacement Tuniversalité des misères , parce qu'elle agit avec cet ensemble et cette , force que donnent le concours et Tunion de toutes les voll&ntés; tandis que la charité privée^ en opérant isolément, ne pourra jamais atteindre que quelques misères particulières. L'Esprit -Saint demande que nous ayons l'intelligence du pauvre; U ne veut pas que les trésors destinés à secourir lïndigencc soient répandus indiscrètement; il nous dit que les bienfaits des insensés s'écoulent
comme ces eaux qui vont se perdre dans les sables brûlants du désert, gratiœ fatuorum effundentur. Combien il importe de recueillir ces eaux dispersées^ de concentrer les ressources de la charité et de former un fonds commun ^ prudemment administré par des mains habiles et dévouées. C'est le seul moyen d^arrêter la pauvreté oisive ou simulée, et de faire disparaître cette mendicité vagabonde qui usurpe audacieusement les secours destinés à Findigence véritable ^ et c'est aussi le but de cette grande association qui a été si heureusement établie dans toutes les communes de ce. département, et à laquelle nous donnons sans réserve notre religieux concours.
Nous nignorons pas, N. T.-C. F., les objections graves que Ton peut faire à cette hardie mesure. Nous avons pu recueillir dans nos dernières visites bien des observations et des plaintes, mais nous savons aussi qu'il y a des esprits natyreliement inquiets et chagrins, et nous croyons qu'il faut peu s'alarmer des appréhensions toujours exagérées des hommes défiants ou prévenus. L'expérience nous a appris à ne pas nous rebuter des difficultés que l'on rencontre en opérant le bien , et à supporter sans émotion les contradictions et les censures qui accompagnent souvent les entreprises les plus utiles et les plus sages.
Nous sommes convaincu que le temps et la réflexion triompheront de toutes les résistances, et que les préjugés tomberont quand on verra les aumônes, partout confiées à des hommes sages et prudents, distribuées le plus souvent par des pasteurs charitables , ou par ces viciées du Seigneur qui savent si bien compatir aux misères et pratiquerions les genres de dévouement. L'opinion sera uoanime pour reconnaître les bienfaits de cette grande et salutaire institution; et ceux mêmes qui lui avaient refusé d'abord leur coopération, entraînés par le mouvement général, ouvriront leurs mains miséricordieuses et voudront grossir le trésor des pauvres de Jésus-Christ.
Pour nous personnellement, N. T.-C. F., quel que soit le résultat final de cette généreuse tentative , nous nous féliciterons d'avoir favorisé de tous nos moyens un projet qui a été inspiré à vos magistrats par le zèle le plus pur, comme par la charité la plus prévoyante et la plus dévouée.
Ici se termine la nomenclature des instructions ou des différents documents qui se rattachent à l'exécution de la mesure que nous avons mise en pratique dans la Nièvre.
Ces citations, qui ont été reproduites dans leur ordre chronologique , permettent de suivre la marche progressive de tous les actes qui Font précédée , jusqu'au moment où l'œuvre projetée , ge complétant par des faits sérieux, trouve une sanction éclatante dans les témoignages les plus honorables de sympathie et d'adhésion.
Nous avons d'ailleurs d'autant moins hésité à les rappeler , que cette publicité nous fournit une occasion naturelle de répondre ici par l'expression de notre vive gratitude à la coopération puissante de tous les hommes de bien , fonctionnaires , administrateurs municipaux, ecclésiastiques, délégués, etc., qui tous se sont associés avec tant de zèle et d'intelligence au succès de notre entreprise.