‹ De l'assistance et de l'extinction de la mendicitéChapitre 4 sur 159 · INTRODUCTION. Y · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. Y

litables distribuent avec tant de largesse, il est facile de se convaincre de l'importance du bien qui avait été consacré.

Le concours de la charité privée nous ayant été accpiis dans des proportions aussi complètes , Toeuvre de Fassistance était facile à organiser. Tout Thonneur en revenait à la bienfaisance éclairée des populations» Il ne nous restait plus qu'à rattacher l'application des inesures répressives à la création d'un dépôt de mendicité. Mais déjà les dispositions étaient prises, un vote affirmatif du conseil général les avait approuvées » et le 24 janvier 1855, m décret impérial autorisait l'installation de cet établissement dans les b&thnenta de l'ancienne prison de Nevers. Hien ne s'opposait à ce que l'arrêté préfectoral interdisant la mendicité fat publié.

Les circonstances étaient cependant peu favorables. L'insu£Bsance de la récolte, par suite la cherté progressive des denrées alimentaires , présageaient des nû^ sères d'autant plus grandes, d'autant plus nombreuses, que les deux années précédentes avaient été signalées par les mêmes mécomptes ; aussi, les personnes les plus dévouées dans le principe à l'œuvre que nous avions entreprise commencèrent à exprimer des craintes sur l'opportunité de son application ;^ elles pensaient. que

l'âdmiûistratioû serait iiUfiiiissante à faire respecter se» prescriptions ; la mendicité leur semblait devoir être tolérée comme la ressource extrême d'une année difïi^ etie à pd^er^ et dans teur opinion 5 la mise à exécution de Tarrèté qui devait l^interdife ne pouvait avoir d^autre ^et que de ebmprometti'e le sucôès général et nitérieui' de la «âiéâure^

Quelque graves, quelque sérieux qde fussent des raisonnements, noÂs pensâmes quMls reposaient suf des craintes ati Imim exagérées. Sans doute ^ le fait de Vinterdictioto de la mendicité^ prononcée dans des conditions ordinaires ^ aurait pu présenter un caractère réel d'inopportunité ^ mais cet efiet ne nous paraissait pas devoir être redouté dans la Nièvre* Il né fallait pas perdre de vue que, sur tous les points j l^as'Sistande était organisée de manière à pourvoir aux moindres besoins; aussi, dans une année où tant de misères ne pouvaient detnander de soulagements qu^aux secours de la dha^ rite, n'eùt-cé pas été, pour ainsi dire^ Condamner à ^avance Une ceuvrfe destinée â en concentrer et â en répartir les ressources ^ que d'ajourner à une époque ptes heureuse! le moment ou elle devrait fonctionnet* 1 Loin de là ^ nous avons pensé que plus la crise était imminente , moins nous devions hésiter a conjurer ses conséquences par les moyens que nous avions pré-^

JNTRODUCTlOiV. Vil

parés. L' interdiction de la mendicité ayant poUr base l'assistance, répondait à toutes les nécessités du mo<m^t ; elle penbettait d^atteindre les mauvais pauvres ^ de repousser tes mendiants de profession , et d'attri** buer exclusivement aux indigents dignes d^ntérét lev^ secours qui leur étaient destinés ; elle permettait enfin de substituer à ces aumônes irréfléchies des distribU'* tioDS intelligentes et profitables.

Ces résultats paraissaient certains. L*arrêté fut donc publié. Seulement , désirant nous borner à Teffet prév^tif de la mesure ^ nous pariâmes tout d^abord au nom de l'assistance < C'était par le sentiment de justice qu'elle inspirait plutôt que par la crainte et la menace de la répression qu'il fallait assurer le respect de tkw prescrifAions. Lors même que les circonstances ne notis auraient pas commandé cette modération, la raison seule indiquait qu'avant de réprimer les abus , il était important de démontrer que l'œuvre reposait sur une base sérieuse ^ et que le jour où les voies de rigueur smdent lOTiployées , elles trouveraient leur sanction la plus légitime dans les sympathies et dans l'approbation du public tout entier.

Gr&ce au zèle des administrations locales , grâce aiu concours dévoué des bureaux et des commissions de bienfeisance, le succès le plus complet répondit bientôt

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à nos efforts. Les indigents et les nécessiteux trouvèrent dans la distribution des secours régulièrement organisés les soulagements que réclamait leur triste position. Les mendiants et les vagabonds disparurent presque instantanément , et beaucoup d'entre eux demandèrent à la pratique d'habitudes laborieuses les moyens d'existence que la mendicité leur avait procurés jusque-là. Notre confiance n'était donc pas trompée, nos prévisions étaient accomplies, et les résultats avaient dépassé nos espérances.

Cependant, la mesure avait eu un certain retentissement ; des départements voisins , on nous demanda la communication des instructions qui l'avaient préparée. Ce fut alors que, cédant à des instances multipliées, nous entreprîmes de réunir ces différents documents dans une publication spéciale ; mais pour en expliquer d'autant mieux le mécanisme et le but , nous essayâmes de les faire précéder de quelques observations. Telle a été l'origine des pages qui vont suivre. En les écrivant , nous n'avons pas eu la pensée de faire un livre ; nous avons été seulement amené à démontrer que les résultats obtenus dans la Nièvre tenaient beaucoup moins à l'application des mesures dont nous avions pris l'initiative qu'à l'effet général de nos insti-^ tirions.

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