CHAPITRE VIL
DES MISÈRES CAUSÉES PAR l'INSALUBRITÉ ET' PAH LES FLÉAUX GALAMITËUX.
Influence de Thabitation sur le physique et sur le moral de rhonune. — É Causes extérieures et intérieures de l'insalubrité dans les habitations.
— Loi du 13 avril 1850 sur les logements insalubres. — Pouvoir qu'elle donne à l'administration. — Logements d'ouvriers. — D08 conseils d'hygiène. — Bien-être tenant à la propreté personnelle. — Lavoirs et bains publics dans les villes. — Leur création est encouragée par le gouvernement. — Elle est facile et peu coûteuse dans les centres industriels. — Lavoirs et bains publics dans les campagnes. — Assistance ■^NAoée AUX MisÎRKs cAuslÎBs PAR LES FLEAUX cALAiirrEUX. — Épidémies.
— Inondations. — Incendies. — Grêles.— Épizooties.
Au milieu de ces misères et de ces souffrances , que l'assistance publique et l'assistance privée s'efforcent de soulager, s'il en est qui tiennent à l'imprévoyance ou au désordre , il en est d'autres aussi qui se rattachent aux conditions générales dans lesquelles se trouvent placés les malheureux qu'elles frappent de leurs cruelles atteintes. De ce nombre sont les maladies , et , le plus souvent , il faut le reconnaître , elles ont pour cause les mauvaises conditions générales d'habitation , de salubrité et de propreté ^ .
I Lorsque la rétribution de l'ouvrier est établie , au moins partiellement , dans le système des subventions , le logement en forme presque toujours un des principaux éléments. C'est le premier besoin auquel doivent pour-
INFLUENCE DE L'ilABIfATION. * 177
La loi du 34 novembre 1789 a bien chargé les autorités municipales de faire jouir les habitants de Ic^ salubrité et de la santé d^asiesJieux publics. Tout ce qui touche, en outre, à l'assainissement des cités, à l'hygiène pubUque,^est compris, par le décret du iG-âi'^août 1790, dans la longue nomenclature de» objets Ibonfiés à la vigilance des mêmes autorités , et ' ^ depuis cette époque, nous devons le proclamer, les « progrès li^ plus heureux ont été réalisés sur certains points ; des centres d'ag^omération , qui- n'offraient que âes réduits infects, présentent aujourd'hui Un aspect tout différent ; Vair circule , les eaux^abondent, les ru^ ^'élargissent , partout, «n un mot, les conditions de la salubrité se sont améliorées. Mais ce qu'on a pu fairt pour les lieux publics , devenait souvent impossibll pour les habitations particuUères ; du moment qu'elles satisfaisaient aux conditions générales de l'alignement, et que d'autres mesures ^e pblice ne * •* pouvaient les atteindre, quelles que fussent, d'ailleurs > leurs défectuosités, la loi les respectait et ne pouvait
voir les chefs d'industrie qui veulent plier des nomades aux habitudes de la civilisation. Dans les contrées où Touvricr est déjà initié aux mœurs sédentaires, et même, jusqu'à un certain point, aux sentiments de pré^ voyance, c'est aussi l'un des derniers besoins qu'on juge prudent d'abandonner aux incertitudes quMmpllque le système exclusif du salaire. Dans tous les cas , la condition physique et morale des populations dépend intimement des innombrables combinaisons au moyen desquelles on parvient à assurer aux ouvriers la jouissance du logement. Gel orc^jre de faits doit donc attirer d'une manière spéciale l^ttention des hommes d'État. * ■
L'importance qu'il convient d'accorder à la qjjestion du logement tient surtout à ce que ce genre de jouissance contribue plus que tout autre à ^ « développer chez l'ouvrier le goût de la propriété et les sentiments moraux • " qui s*y rattachent. ( Leplay , Des Ouvriers européens, p. 36. )
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empêcher que les ouvriers attirés par Pappât d'un loyer à bon marché ne vinssent s'y entasser. La concentration de ceux-ci dans un local déjà malsain ne faisait qu'augmenter les causes premières de l'insalubrité , des maladies çt des mis^^ qui en sont tôt ou tard le triste résultat.
Il y avait dans cette situation un mal profond et invétéré sur lequel la sollicitude du législateur devait être appelée, car elle touchait au bien-être autant qu'à la dignité de l'ouvrier, et il fallait qua l'autorité , toujours S! vigilante, pût être investie du droit de la modifier et au besoin même de la faire disparaître complètement.
On a vu , et avec raison , dans lea dispositions qui atteindraient les logements insalubres un moyen d'hygiène et tout à la fois de moralisatio» publique. Qui peut nier, en effet, l'influence de l'habitation sur le physique et sur le moral de l'hoDune? L'habitation joue un grand rôle dans la vie du pauvre et de l'ouvrier. C'est le centre de ses affections , c'est le heu de son repos; c'est là qu'après les longues fatigues d'une journée passée au loin , il trouve les joies et les délassements de la famille. Or, comment ne pas admettre que les conditions intérieures de ce milieu dans lequel s'écoule une partie de sa vie, n'exercent pas une influence considérable sur ses habitudes ? Si l'ouvrier trouve dans son habitation, sinon le confortable, au moins la propreté, il s'y plaira , il y restera. Supposez au contraire qu'il n'y respire qu'un air méphytique et des émanations nauséabondes, il s'empressera de le fuir pour aller chercher au dehors des distractions toujours
CAUSES PRINCIPALES DE L'iNSALUBBITÉ. 179
dangereuses. . . c et de la sorte les liens de famille se » relâchent , les vices sont encouragés et le désordre i se multiplie ' .
La santé du corps ne reçoit pas de moins tristes atteintes. L'humidité, l'air vicié et corrompu, les infiltrations, amènent des maladies spéciales et causent souvent une mortalité effrayante. Des enquêtes ordonnées dans certaines villes ont amené à reconnaître la vérité de ces tristes détails. L'autorité devait s'en émouvoir, car les mesures qu'il lui était réservé de prendre étaient appelées à exercer une influence sérieuse sur l'amélioration du sort des classes pauvres*
Or, ces mesures sont de diverses sortes et correspondent aux principales causes de l'insalubrité.
Cette insalubrité, en effet, est le résultat :
Ou de caims extérieures et indépendantes de l'habitation elle-même ;
Ou de causes intérieures qui se rattachent à la disposition des lieux et qui sont le fait , soit du propriétaire , soit du locataire lui-même, soit enfin d'un encombrement devenu nécessaire dans un espace restreint , par suite de l'absence d'autres logements mis à la portée des faibles ressources de l'ouvrier et du pauvre.
A l'égard des causes extérieures , l'autorité municipale est investie par la loi , nous l'avons déjà vu, de tous les pouvoirs suffisants pour les faire disparaître. Des règlements de police peuvent y pourvoir, et leur exécution assure l'accomplissement de ces cond itions générales
I Rapport (le M. de Riancey , 8 décembre 1849 , Moniteur du Ift.