MEXMCITÊ A DOMICILE
> loy^ '. » C'esl la memliciié à domicile. Les UH^eos qa'dle emf^ie Tarirai à Finfini : «i ^t, elle esl exercée la plopait da tonps par de véritables cheiali^s d'industrie, qui, tantôt et soivant les cas, demandent pour lair i»opre c(»^>te, en invoquant des malheors imaginaires , des p^^sécoticms politiques on qndqœsons de ces événeinrats qoi éveillent et occupent Tatteotion publique ; et tantôt font le tableau touchant des misères d'une Emilie pour laquelle ils se sont chargés de quêter ou de placer des billets de loterie. La maidicité à d<Mnicile prend alors le masque de la charité; celui qui la pratique se dit membre de la société de Saint - Vincent - de - Paul ou de toute autre association de bienfaisance. Des femmes se livrent même à cette honteuse industrie et ne craignent pas, au moyen d'un travestissement sacril^e , de se présenter sous les dehors d*une sœur de charité.
Si , des villes et des centres populeux, nous suivons la marche de la mendicité dans les campagnes, nous verrons alors que Tarrogance, les menaces et souvmt même la violence, sont au nombre de ses moyens d'action les plus habituels ; car, là où il n*existe qu'une police incomplète , là où Timpunité est acquise à tous ses actes, aucune pudeur, aucun frein ne la retiennent. Ce n'est plus une aumône quelle demande ou qu'on lui donne, mais un véritable tribut qu'elle prélève, moins sur la charité que sur la crainte. Elle
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m fixe elle-même la nature ou le montant , et n'hésito pas à imposer ses conditions.
Tous, nous en avons été les témoins; tous, nous avons plus ou moins souffert d'un état de choses si fortement consacré , que certains mendiants , qui n'ont pu se présenter à nos portes le jour de la semaine arrêté dans leur itinéraire, réclament, la semaine suivante, le double de l'aumône qu'on leur offre, en disant hautement qu'elle leur est due, attendu qu'ils ne se sont pas présentés la semaine précédente et au jour accoutumé.
Ce qui sort ainsi de la poche des habitants de la campagne est incalculable , et cependant ils supportent généralement cet impôt sans se plaindre; plusieurs d'entre eux se rendent bien compte que la plupart des mendiants de profession sont quelquefois dans un état de gêne moins réel que celui où ils peuvent se trouver eux-mêmes; mais l'usago a consacré ces visites périodiques, et ils ne peuvent que s'y soumettre, * en attendant avec confiance le jour où la protection de l'autorité viendra les soustraire à des exigences aussi lourdes.
Quand ces sollicitations se produisent isolément, leur effet est moins onéreux et moins appréciable; mais souvent elles émanent de bandes organisées , qui , non contentes de parcourir une contrée et d'en exploiter les habitants, se présentent en force, le soir, dans les fermes ou dans les habitations pour y réclamer l'hospitalité. Les individus qui les composent choisissent avec intention l'heure du repas, parce qu'ils en demandent impérieusement une part, que , dans certaines localités ,
on n'ose pas leur refuser. Là, ils savent et ils rappellent au besoin que , suivant d'antiques traditions , la première place au feu leur est réservée , que le premier bouillon même doit leur être offert. Des personnes auxquelles ils s'adressent, les unes, et c'est le plus grand nombre , cèdent à la peur ; d'autres se prêtent encore à ces exigences , car, dans leur crédulité naïve , elles croient que cette hospitalité porte bonheur à leur maison , confondant ainsi le caractère pieux des mendiants qui faisaient naguère le vœu de pauvreté, et qu'on s'honorait de recevoir, avec les vagabonds de nos jours, qui ne demandent à la mendicité que les moyens de faire des dupes et de déguiser leurs vols quotidiens sous les dehors hypocrites d'une indigence de convention.
Si quelques propriétah-es essaient de les interroger ou de leur faire des observations , ils invoquent en effet des malheurs imaginaires, et ils ont toujours à leur disposition des papiers ou des passeports en règle, mais dont l'origine ou la délivrance souffriraient difficilement sans doute l'épreuve d'un contrôle sérieux. Les uns ont été chassés de leur domicile par un incendie qui a dévoré leurs ressources ; les autres sont des ouvriers sans ouvrage , et qu'une misère affreuse contraint, par suite, a demander leur vie. Mais si vous vous avisez , cédant à la compassion , de leur offrir immédiatement cet ouvrage qui leur manque ailleurs, si vous leur proposez une pelle et une pioche pour se joindre à d'honnêtes ouvriers qui travaillent non loin de là, ils demandent le taux du salaire, ils le discutent,
et finissent par déclarer que ce serait pour eux faire un métier de dupe , et qu'ils gagnent beaucoup plus et sans autant de fatigue en allant de porte en porte.
Qui ne connaît d'ailleurs ce proverbe depuis longtemps accrédité parmi les mendiants de nos provinces du centre , et suivant lequel : t Une besace bien portée » vaut mieux qu'une charrue de bœufs , • ou dans tel autre : t Qu'un bon bâton vaut i,WO fr. de rentes; » c'est-à-dire que la fainéantise est préférable au travail , que l'existence qui s'écoule dans le vice et la paresse est plus lucrative que la pratique d'une vie régulière et laborieuse ; enfin , que le vagabondage et le désordre sont une source plus certaine de bien-être et de jouissance que l'exercice d'une profession sérieuse et honnête.
Enfin , cette vie nomade et aventureuse a tant d'attraits, l'imprévu a tant de charmes pour elle et peut même lui offrir tant de ressources !
Nous avons dit plus haut que les secours et que les aumônes donnés aux mendiants de profession constituent , de la part de ces derniers , un véritable larcin conunis au préjudice des véritables pauvres ; mais combien le nombre de ces vols , qui ne sont en définitive commis que moralement y ne se trouve-t-il pas encore grossi par ceux qui ont un caractère réel et effectif. Les fruits ou les légumes du verger , le linge de la ménagère qui sèche sur une haie, la volaille qui s'aventure loin des regards de l'enfant qui la veille , tout lui est bon. Il faut bien , d'ailleurs , que le proverbe ait raison : « Cne besace bien portée vaut mieux qu'une
» charrue de bceufo. » La police conrectioimeUe nous dévoile assorémeiit une partie de ces petits drames ; mais combien n'en est-il pas encore que Pimpunité a couverts , faute de moyens immédiats de poursuites et de constatation !
Envisagée à ce point de vue seulement , la mendicité présente les inconvénients les plus graves, elle devient la source des abus les plus scandaleux ; mais qui ne sait que là ne se bornent pas encore les effets déplorables de la tolérance dont elle se prévaut ? qui ne sait qu'aux époques de troubles ou de fermentation politique, les mendiants et les vagabonds deviennent les émissaires naturels de la démagogie ? En rapport avec des chefs ou des meneurs, dont ils épousent avec ardeur toutes les haines contre une société qu'ils ne connaissent, cependant, que par ses bienfaits, ce sont eux qui colportent d'abord les fausses nouvelles destinées à jeter l'inquiétude dans les esprits ; ce sont eux qui attisent et excitent les mauvaises passions , et qui , plus tard , transmettent les mots d'ordre, distribuent des armes , et font éclore à jour fixe, après l'avoir semé, le germe de l'insurrection. Tel a été dans beaucoup de départements le rôle de la mendicité, tel il serait encore dans un moment donné; et nous demandons si on ne serait pas en droit d'accuser de négligence l'administration, qui, connaissant tous ces détails, ne prendrait pas les différentes mesures capables de mettre un terme à un état de choses aussi déplorable? Vainement cherchera-t-on à ébranler ses c<>nvictions et ses projets en déclarant que la loi chrétienne les condamne , que