TUTELLE ADMINISTRATIVE DES ENFANTS TROUVÉS
a constamment surveillé les soins physiques donnés par la nourrice , continue à exercer la même surveillance ; il s'tssure, de plus, que l'enfant suit les cours de l'école communale et assiste r^lièrement aux enseignements religieux qui le préparent à la première communion.
Après l'âge de douze ans on le place en apprentissage chez un cultivateur ou un artisan si c'est un garçon , chez une couturière si c'est une fille. C'est alors qu'indépendamment des mois de nourrice, qui varient généralement de 8 à 6 fr. , et de 4 à 2 fr. pour les différents âges , une indemnité de 50 fr. est accordée à ceux qui ont élevé l'enfant jusqu'à douze ans.
Il est rare , à moins de déplacements ordonnés par l'inspecteur pour cause de négligence habituelle, que l'enfant ne trouve pas alors auprès de ses nourriciers une véritable famille adoptive, qui s'attache à lui et continue à lui prodiguer les soins et l'intérêt dont ses propres enfants pourraient être l'objet.
Mais souvent aussi cette sollicitude est impuissante contre une nature perverse , et qui semble emprunter au vice de son origine les instincts et les défauts les plus funestes. La loi du 13 pluviôse an XIII, qui a donné aux commissions administratives un droit de tutelle à exercer sur les enfants trouvés jusqu'à leur majorité, ne fournit, en pareil cas, que des moyens insuffisants de les amender et de les diriger. Ils subissent alors les chances de leur destinée , sans que la société ait à se reprocher d'avoir négligé un seul instant de les entourer des soins les plus constants et les plus
ÉDUCATION AGRICOLE Et INDUSTRIELLE DESElffFANtS. 269
intelligents. Les statistiques constatent cependant que 6/10 de ces enfants restent chez les cultivateurs qui les ont élevés, 2/10 apprennent un métier, .1/10 entre comme domestique chez des particuliers, et 1/10 retourne dans les hospices , sans pouvoir jamais être placé, car il se compose d'enfants infirmes, estropiés et incapables de compenser par leur travail les frais de leur entretien ; leur carrière est bientôt terminée , d'ailleurs , dans ces établissements , où leur agglomération vient ordinairement compliquer les mauvaises conditions générales de leur santé.
Afin d'éviter les inconvénients que peut présenter le système actuel, au point de vue de la direction morale des enfants trouvés , on a fait , depuis quelques années, des essais nombreux d'éducation agricole et industrielle , en réunissant un certain nombre d'enfants trouvés, soit en France, soit en Algérie, dans des établissements fondés à l'imitation des établissements pénitentiaires. Malheureusement l'application en a été fort restreinte , en raison du prix élevé de leur entretien , et ils n'ont pu avoir le caractère public d'institution sociale. Mais leur création a contribué à faire introduire d^s l'ensemble du service des enîants trouvés des améliorations importantes , qui témoignent de la sollicitude du gouvernement. Différents projets de loi ont même été successivement présentés en 1849, 1850 et 1853, puis retirés avant examen et discussion, Le dernier de ces projets, qui avait été tout d'abord accueilli avec un assentiment presque unanime , contenait des dispositions nouvelles ; elles étaient princi-