TECHNIQUE DU TRAITEMENT
La technique du traitement insulinique présente chez le nourrisson quelques particularités qu'il faut connaître.
En effet la glycémie de l’adulte, surtout s’il n’est pas diabétique, est stable sensiblement ; elle oscille très peu, au moment des repas d’ailleurs, autour de un gramme.
Chez le nourrisson, il n’en est plus de même. Tout d’abord la glycémie est moins élevée ; sa valeur moyenne est de O0 gr. 80. Maïs, point important, elle n’est pas stable. Elle oscille dans de très larges proportions (LELONG et DéÉrroir). Ce n’est pas là d’ailleurs un fait surprenant ; l'équilibre du sucre, comme
les autres équilibres humoraux, est chez le tout petit particulièrement instable. Et qui plus est : ce qui est exact chez le nourrisson sain l’est encore bien davantage chez le nourrisson hypotrophique.
Enfin un dernier point à noter est la remarquable tolérance du bébé à des taux de glycémie très bas. Il ne semble pas être incommodé par des abaïssemenis atteignant 0 gr. 50 alors que l’adulte commence des accidents.
Voilà quelles sont les principales particularités que l’on observe chez le nourrisson. Ainsi se trouve conditionnée la technique à employer. Voici celle que nous avons adoptée :
Il faut tout d’abord, c’est le premier point, fournir une quantité suffisante d’hydrates de carbone. Les différentes actions attribuées à l’insuline sont sous la dépendance de l’hypoglycémie. « Il faut donc que l’hypoglycémie insulinique soit couverte par l’hypoglycémie alimentaire >» (LELONG). Pratiquement nous avons conservé le régime hypersucré qui avait déjà été institué. À chaque bouillie, à chaque biberon furent ajoutés trois morceaux de sucre. Cette manière de faire présentait un triple avantage :
— nous permettions au mécanisme d’hypoglycémie de jouer pleinement ;
—— nous évitions les accidents qui eussent pu en résulter (linjection est faite une demi-heure avant le repas) ;
— enfin nous conservions le bénéfice du régime hypersucré.
D'ailleurs il est recommandé de faire ingérer au malade au moins trois grammes de sucre par unité injectée.
Il y a d’autant plus d'intérêt à agir ainsi que la durée de l’hypoglycémie insulinique est souvent con-
sidérable ; elle peut même excéder largement la durée de l’hypoglycémie-alimentaire.
La dose initiale employée fut de trois unités cliniques. On y adjoignit, dans l’hypothèse où auraït existé un spasme, deux centigrammes de gardénal.
Ce traitement ne produisit absolument aucun effet. C’est alors que l’on injecta en trois fois dans la journée, matin, midi et soir, six unités cliniques. Le traitement fut commencé le 22 juin et cessé le 6 juillet définitivement ; nous n’avons pas osé l’interrompre plus tôt.
Les doses employées sont celles qu’il est habituel de prescrire, soit une unité clinique par kilog sensiblement. Nous n’avons pas voulu atteindre les fortes doses : deux unités par kilog de sucre de peur de perdre le bénéfice de l’action orexique.