RÉSULTATS DU TRAITEMENT
Voilà la technique qui a été suivie ; reste à en étudier les résultats.
Nous n’avons d’abord observé aucun incident.
Certes on a pu signaler chez certains nourrissons de la pâleur, des sueurs, une accélération du pouls et même des accidents : convulsions, perte de connaissance. Dans le cas présent nous n’avons rien noté de semblable ; la médication a été parfaitement tolérée.
Quant aux résultats ils ont été littéralement extraordinaires. Dès la première injection de six unités Pappétit réapparaît ; pour la première fois l’enfant ingère la totalité de sa ration ; la courbe pondérale désespérément stationnaire depuis sept mois passe brusquement, en vingt-quatre heures, de 5 kgs à 9 kgs 300. Après la deuxième injection on refait les mêmes constatations à peu de chose près : l'enfant mange avidement, un nouveau gain de 0 kg. 200 est
accompli. Les jours suivants la progression du poids est plus modérée, mais l’amélioration du malade est évidente.
Il nous semble qu’il y a lieu de faire, en présence de ces résultats, différentes observations.
— Il existe, d’abord, un seuil d’action thérapeutique, une dose médicamenteuse efficace ; faute de l’atteindre, on est condamné à l'échec ; ce fut le cas avec les doses utilisées initialement. à
— les gains énormes réalisés les deux premiers jours sont dus évidemment à la fixation d’eau. Or ce bébé a reçu très souvent des injections de sérum physiologique ; il est intéressant de noter ce point. Malgré ladministration répétée de chlorure de sodium une fixation massive d’eau (environ un dixième du poids) s’est réalisée en l’espace de vingt-quatre heures sans apparition d’œdèmes cliniquement décelables.
— Contrairement à l'affirmation de certains auteurs (LESNÉ), l’amélioration s’est continuée après la cessation du traitement ; la dernière injection a été faite le 6 juillet et l’enfant est sorti le 18 août continuant à manger d’excellent appétit et à prendre du poids régulièrement.
Une dernière question se pose : Peut-on parler de guérison définitive de la gastroparésie par le traitement insulinique ? Peut-on, autrement dit, devant les merveilleux résultats qui ont été constatés, engager Pavenir et affirmer que l’enfant soit définitivement guéri ? Un dernier examen radiographique fait quelques jours avant le départ du bébé inciterait peutêtre à quelques réserves. Quand on tube lenfant après les repas, il n’existe plus de stase gastrique ; c’est un fait certain prouvé par des tubages répétés. Et cependant à la radiographie, quatre heures après l’ingestion de la baryte, il reste encore un peu de bouillie dans l’estomac ; le tubage le confirme. Nous
EMOB TES
nous demandons si l’'ingestion d’un produit aussi anormal que la gélobaryne n’a pas suffi pour prouver la persistance d’un très léger trouble du transit. L'avenir seul pourra confirmer ou infirmer cette hypothèse, quoique l’état florissant de l'enfant le 18 octobre autorise les plus belles espérances.
CONCLUSION
Quoi qu’il en soit, toute une série de médications ont été mises en œuvre : régime hypersucré simple, traitement antisyphilitique en particulier.
La seule qui ait réussi est celle qui associait, au régime hypersucré précité, l’insuline à la dose de une unité clinique par kilog. Son succès a été immédiat et, semble-t-il, définitif, si bien que nous croyons pouvoir affirmer que l’insuline, en stimulant le vague, a presque agi comme une médication étiologique.