‹ De l'Atonie Gastrique du NourrissonChapitre 35 sur 35 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

GENERALISATION

Parvenu au terme de l’étude de cette observation, il serait téméraire de vouloir généraliser hâtivement. Quelques enseignements nous semblent cependant devoir être retenus.

L'examen radioscopique est devenu d’un emploi courant. Sitôt qu’un enfant présente des troubles gastriques, on fait un examen sous écran. Comment expliquer que le tubage soit beaucoup moins employé ? C’est un mode d’exploration d’une simplicité parfaite ; il n’exige qu’une instrumentation fort simple que tout praticien peut posséder. C’est enfin un examen dépourvu de tout danger. À la rigueur sera-t-il préférable de s'abstenir chez les athrepsiques (Mar- FAN), chez les malades présentant de la tétanie (CZERNY et KELLER) ou un gros thymus.

Nous nous sommes étendu longuement sur les renseignements qu’il pouvait fournir. Lui seul tout d’abord renseigne exactement sur le moment où s'achève l'évacuation gastrique ; la radioscopie ne peut pas le suppléer. Par l'aspect macroscopique du résidu qu’il ramène il peut également contribuer dans une large part au diagnostic. Bref c’est un mode d’exploration qui doit devenir d’un emploi courant. Jamais en particulier il ne devrait être négligé chez un enfant qui présente des vomissements ou de lanorexie.

S'il en était ainsi on constaterait peut-être beaucoup plus souvent de la stase gastrique, indépendamment de toute lésion pylorique ou duodénale. En

effet le nourrisson anorectique, c’est un type de malade à l’égal du vomisseur ou de l’hypotrophique. On ne l’hospitalise pas. c’est à la consultation qu’on le voit. Pressé par le nombre des consultants, on se borne à un examen succinct, d’autant plus que la santé de lenfant n’est pas profondément altérée. Un traitement quelconque est prescrit. Il est vraisemblable que pour avoir négligé cet examen si simple qu'est le tubage gastrique on doit méconnaître la stase gastrique dans un certain nombre de cas. En particulier, si notre petit malade ne constitue pas une exception, et rien ne permet de le supposer, il est probable que le diagnostic exact de gastroparésie n’est que très rarement fait. Rien ne permet dans ce tableau clinique si banal : anorexie, vomissements, hypotrophie, d’y songer. Nous-même d’ailleurs, qui connaissions cependant ces faits, nous avons eu besoin de bénéficier d’un hasard propice !

En conclusion, multiplier les tubages chez les anorectiques apporterait peut-être un peu de lumière dans cette question si obscure de l’anorexie du nourrisson.

CONCLUSIONS

I — Le sujet de cette thèse est l’histoire d’un nourrisson de un an qu’il nous a été donné de suivre dans le service de notre maître le Docteur Léon TixtEr.

. IT — Le syndrome que présentait cet enfant était caractérisé par une anorexie intense coexistant avec des vomissements relativement discrets. Le tubage démontrait l’existence d’une stase très importante. A la radioscopie on notait seulement une lenteur assez marquée de l’évacuation, sans image aucune de dilatation gastrique.

IIT. —— Il nous a semblé légitime de faire rentrer ces faits dans le cadre de ce que les auteurs allemands décrivent sous le nom « d'atonie gastrique primitive >» ; malgré sa longue durée laffection serait restée à son stade initial, celui de gastroparésie ; ainsi s’expliquerait l’absence de signes radiologiques. Néanmoins semblable assimilation soulève des objections et il faut une discussion serrée pour faire la discrimination avec ce que notre maître le Docteur Levesque et Mile Suzanne DREYFUS ont décrit sous le nom de « stase gastrique sans spasme ni lésion arganique ».

IV. — A l'origine de ce syndrome nous croyons devoir incriminer l’hérédo-syphilis, dont lexistence est prouvée par la déformation si spéciale de la boîte cranienne (crâne natiforme typique). Le dolichocôlon

qui coexiste ne joue aucun rôle dans l’étiologie : c’est un dolichocôlon physiologique.

V. — Le pronostic de cette gastro-parésie est relativement bon. S'il y a lieu de faire des réserves, c’est qu’à la longue l'affection retentit profondément sur la croissance d’une part, sur la nutrition d’autre part. Trouble purement gastrique au début, elle n’est grave que le jour où, en raison de sa longue durée, elle devient maladie générale.

VI. — Toute une série de médications ont été mises en œuvre : régime hypersucré simple, traitement antisyphilitique en particulier. La seule qui ait réussi est celle qui associait au régime hypersucré précité l'insuline à la dose de une unité clinique par kilogramme de poids. Son succès a été immédiat et définitif, si bien que nous croyons pouvoir affirmer que l’insuline a presque agi en tant que médication étiologique.

VII. — De cette observation isolée peut-être peuton tirer un enseignement général : la nécessité chez le nourrisson qui présente des vomissements et surtout de lanorexie, la nécessité de multiplier les tubages gastriques.

Vu : Vu :

LE Doyen, LE PRÉSIDENT DE LA THÈSE.

CUNÉO NOBECOURT.

Vu et permis d'imprimer : Le RECTEUR DE L’ACADÉMIE DE PARIS.

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