‹ De l'Atonie Gastrique du NourrissonChapitre 5 sur 35 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

« Ef moi, je vous dis aussi : assemblez des faits, recueillez des observations de votre mieux, aussi complètes que possible ; mais dès que vous avez un fait, un seul fait, appliquez-y tout ce que vous possédez d'intelligence, cherchez-y les côtés saillants, voyez ce qui est en lumière, laissez-vous aller aux hypothèses, courez au-devant s’il le faut ; que chacun des mots de cette phrase soit l’objet de votre indagation; cherchez à comprendre cette langue inconnue, et dussiez-vous la bégayer longtemps, n’attendez pas, pour essayer de la parler, que les cent mille mots du vocabulaire soient inscrits dans votre mémoire. »

TROUSSEAU (Cliniques Médicales de l’Hôtel-Dieu de Paris, SC PCA C ep CINE

L'objet de cette préface est de préciser pourquoi et dans quelles conditions le sujet de ce travail a été choisi.

Le 15 octobre 1934 nous commencions notre internat à la Consultation de l'Hôpital Bretonneau. Dès notre arrivée, le Docteur LEVESQUE, qui en était alors le chef, nous proposa de voir, une matinée sur deux, les grands enfants et, le reste du temps, de suivre sa propre consultation : il se réservait, à peu près ex-

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clusivement. les nourrissons. Et c’est ainsi, placé dans des conditions merveilleuses, que nous avons pu apprendre la pathologie du tout-petit. Nous nous sommes pénétré progressivement des grands principes fondamentaux, à savoir :

__ l'importance des troubles alimentaires dans l’étiologie ;

l'intérêt majeur, du point de vue physio-pathologique, des troubles de la croissance ;

__ enfin, sur le terrain clinique, le nombre restreint des manifestations pathologiques.

Le Docteur LEVESQUE avait su nous rendre son enseignement aussi attrayant que profitable et, guidé par lui, nous avions pris goût aux problèmes si passionnants que pose la pathologie du nourrisson ; si bien que six mois plus tard en le quittant nous lui avions demandé un sujet de thèse. Nous nous étions mis immédiatement au travail et lentement l’édifice s'élevait. Il semblait devoir être terminé pour le mois d'avril 1938. Malheureusement, des circonstances aussi impérieuses qu'imprévues sont survenues, nous obligeant à abréger notre internat. La tâche que nous avions entreprise, il nous a fallu, sur le conseil même de notre maître, l’abandonner : la documentation clinique n’était pas encore suffisante. Brusquement, nous nous sommes « trouvé complètement dépourvu » ! Reprendre un sujet de quelque importance, il n'y fallait pas songer, d’autant plus que le temps manquait.

C’est alors que l’idée nous est venue de faire, tout simplement, l'étude approfondie d’une observation très curieuse que nous avions recueillie. En effet, le Docteur TIxIER, sitôt que nous fûmes arrivé dans son service, sachant combien nous nous intéressions aux nourrissons, nous avait d'emblée fourni le maximum de possibilités de travail (qw’il reçoive ici hommage

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de notre reconnaissance !). Et c’est ainsi qu’il nous a été donné de suivre un nourrisson qui présentait un complexe clinique intéressant. C’est l’histoire de ce bébé que nous nous proposons de rapporter.

Sans doute est-ce là sujet modeste. Nous l’avouons. Sa portée générale ? Elle est peu considérable, nous ne nous le dissimulons pas. Et cependant ce travail aura eu pour nous un double attrait. D’abord il aura été l’occasion, en fin d’internat, d’une récapitulation générale de la pathologie du nourrisson.

Ensuite il nous aura permis d’exercer cet esprit de déduction auquel TRoUSSEAU attachait tant d’importance. Enfin il constituera le plus précieux souvenir de ces mois si agréables et si profitables passés dans le vieil hôpital des Enfants Malades.

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