‹ De l'atrophie optique consécutive aux blessures par baïonnette LebelChapitre 10 sur 24 · ROUE · texte numérisé non relu

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vrir les paupières, il s’aperçoit qu’il n’y voit plus du côté atteint. Souvent, il ne fait cette constatation qu’à l’enlèvement de son premier pansement, la tuméfaction diminuée permettant le libre jeu des paupières. | |

Cette amaurose est généralement définitive et les cas sont rares où une certaine vision se rétablit au bout de quelques semaines. Nous l’avons constaté une fois (Observation III) où le malade put avoir 1/40 d’acuité visuelle, résultat à peu près nul, 1l est vrai.

Le blessé ne présente pas de douleur très aiguë au moment même. Mais apparaît bientôt une sensation de battements sourds dans l’œil atteint, qui lui paraît plus volumineux qu’à l’état normal. En fait, peu ou pas de douleur.

Symptômes objectifs Nous devons décrire deux grandes phases :

a) Première phase - Exophtalmie

Dans les premières heures qui suivent la blessure, ce qui attire surtout l’attention est la tuméfaction intense de l’œil qui semble projeté hors de l’orbite. Un hématome orbitaire, le plus souvent très volumineux, refoule devant lui le globe oculaire. C’est le signe le plus important de cette période de début. Des ecchymoses sous-conjonctivales et palpébrales, se montrent d’étendue variable.

Projeté en avant, l’œil paraît aussi figé, immobile. Tous les mouvements actifs du globe sont considérablement diminués et souvent complètement suppri-

més. Cette immobilisation de l’œil peut relever de plusieurs facteurs. Les effusions sanguines, les hématomes par leur volume, gênent le libre jeu des muscles. Maïs on doit surtout incriminer, dans les cas d’immobilité complète une paralysie passagère de la museulature de l’œil.. Cette paralysie est la conséquence de la compression par les hématomes orbitaires des différents filets des nerfs moteurs : troisième, quatrième et cinquième paire. Le ptosis de la paupière supérieure, presque constant à la première phase, trouve ainsi son explication.

Au milieu de la tuméfaction de tout l’appareil oeulaire on découvrira, quelquefois difficilement, la plaie d’entrée si étroite, en raison de la finesse de l’agent vulnérant. Elle s’observe le plus souvent à l’angle interne de l’œil, sur la paupière inférieure. Sa longueur est de 1 à 2 centimètres; ses bords sont lisses, quelquefois, un petit peleton de graisse fait hernie à travers les bords de la plaie.

Si l’on examine maintenant le globe oculaire luimême, on est étonné de le trouver presque normal. La pupille est en mydriase et ne réagit plus à la lumière, mais le réflexe consensuel est conservé.

Les milieux oculaires sont clairs. L’examen ophtalmoscopique ne donnera pas à cette période des signes très importants. Le fond d’œil peut être tout à fait normal. Le plus souvent, cependant, on constatera une hyperémie de la pupille, une tache rouge vif au . niveau de la macula et un léger trouble blanchâtre le long des vaisseaux. Le fond d’œil blanchit légère-

ment.

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