‹ De l'autorité de Rabelais dans la révolution présente et dans la constitution civile du clergé;Chapitre 21 sur 67 · I. La cdtte de mailles, ancienne armure · texte numérisé non relu

I. La cdtte de mailles, ancienne armure

Brîdoye se tut, et on le fit sortir du parquet. Alors Trinquamelle pria Pantagruel de prononcer sur cette matière, « tant nouvelle, tant paradoxe et étrange de Bridoye, qui, lui présent, voyant et entendant, a confessé juger au sort des dez. » Pantagruel refuse de prendre sur lui ce jugement. « Mais, dit-il, au lieu de faire office de juge, je tiendrai lieu de suppliant. En Bridoye, je reconnois plusieurs qualités par lesquelles me sembleroit mériter pardon du cas advenu. Premièrement vieillesse, secondement simplesse, auxquelles nos loix octroient grande facilité de pardon et excuse; tîercement, c'est que cette unique faute doit être abolie, éteinte et absorbée en la mer immense d'équitables sentences qu'il a données par le passé, et que, par quarante ans et plus, on n'a en lui trouvé aae digne de repréhension. Et me semble qu'il y a je ne sais quoi de Dieu, qui a fait et dispensé qu'à CCS jugemens de sort toutes les précédentes sentences aient été trouvées bonnes en cette vénérable et souveraine Cour; lequel, comme vous savez, veut souvent sa gloire apparoître en l'hébétation des sages, en la dépression des puissans et en l'élévation des simples et humbles. »

Si vous connoissez, lecteurs, un trait comique ou satyrique mieux et plus délicatement lancé que celui-là, je vous en fais mon compliment.

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