Qisi
sans procuration, je le vois bien : tes fortes fièvres quartaines, qui te puissent épouser, or çà! — Diables, s^écria frère Jean, archidiables, protodiables, pantodiables, tu veux donc marier les moines? Je te prends pour un hérétique, n
a Grippeminaud, faisant semblant de ne pas entendre ces propos, stresse à Panurge, disant : a Or çà, or çà, or çà, et toi Guoguelu, ne veux-tu rien dire? » Panurge répondit : a Or de par le diable-là, je vois clairement que la peste est ici pour nous, vu qu^innocence n'y est point en sûreté, et que le diable y chante messe. Je vous prie que pour tous je la paye, et nous laissez aller : je n'en puis plus. — Aller! dit Grippeminaud, or çà, encore n'advint depuis trois cents ans en çà que personne échappât de céans sans y laisser du poil, ou de la peau pour le plus souvent, or çà. Car quoi ? Ce seroit à dire que par-devant nous ici tu serois injustement venu, et de par nous injustement traité, or çà. Malheureux es-tu bien, mais encore plus le seras si tu ne réponds à l'énigme proposée. Or çà, que veut-il dire ? — Or çà, or çàl » C'est or, de par le diablelà, répondit Panurge.
Et c'étoit en effet le mot de l'énigme, dont il explique ensuite toutes les parties. Puis il jette au milieu du parquet une grosse bourse de cuir pleine d'écus au soleil, a Au son de la bourse.
commencèrent tous les chats-fourrés à jouer des griffes, et tous crièrent à haute voix, disant : « Ce sont les épices : le procès fut bien bon, bien friand et bien épicé; ils sont gens de bien. — C'est or, reprit Panurge, je dis écus au soleil. — La Cour, dit Grippeminaud, Tentend, or bien^ or bien. Allez, enfans, et passez outre, or bien; nous ne sommes tant diables que sommes noirs. »
Vous croyez peut-être que tout est dit sur la corruption des juges et la vénalité de la Cour ? Détrompez-vous , et lisez le chapitre suivant. En donnant le dernier coup aux chats-fourrés du parlement, il trouve aussi sur son chemin la noblesse levraudiere, ou, comme on dit vulgairement, fouette-lievre. Ces coups de pinceau seront toujours vrais, quoiqu'il n'y ait plus ni parlement ni noblesse.