I. Différens des prêtregauz, des monagaui
3. Il désigne ici les chevaliers de la jarretière, qui, au tems dont il parle, ne venoient plus au leurre, ni ne reconnoissoient plus le gant du fauconnier romain.
3. L'esprit calomniateur, c'est le diable, dont le portrait est tut la croix des chevaliers de Saint-Michel.
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autres y porter une peau de bellier ». — Il est vrai, dit Panurge, mais nous ne les connoissons mie.
— Ores, dit Editue, c'est assez parlementé : allons boire. — Mais repaître, dit Panurge. — Repaître, dit Editue, et bien boire. Rien n'est si cher ni si précieux que le tems : employons-le en bonnes œuvres. »
Après les premiers morceaux, frère Jean demandoit à Editue : « En cette isle vous n'avez que cages et biseaux. Ils ne labourent ni cultivent la terre : toute leur occupation est gaudir, gazouiller et chanter. De quel pays vous vient cette corne d'abondance, pleine de tant de biens et friands morceaux? — De tout l'autre monde, répondit Etidue, exceptez-moi quelques contrées des régions aquilonnaires, lesquelles nous ont manqué depuis certaines années. — Chou I dit frère Jean, ils s'en repentiront dondaine, ils s'en repentiront dondon. Buvons, amis.
— Mais de quel pays êtes- vous, demanda Editue ? — De Touraine, répondit Panurge. — ^Vraiment, dit Editue, vous êtes né de bon lieu, puisque vous êtes de la benoîte Touraine. De Touraine tant et tant de biens annuellement nous viennent que nous fut dit un jour, par gens du lieu ici passans,
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que le duc deTouraîne n'a en tout son revenu de quoi manger son saoul de lard, par Texcessive largesse que ses prédécesseurs ont faites à ces sacrosaints oiseaux, pour ici de phaisans nous saouler, de perdreaux, de gelinottes, poulies d'Inde, gras chapons, venaison de toutes sortes, et toutes sortes de gibier. Buvons, amis. »
Ces deux mots sont le refrain du bon-homme Editue. Plus il boit, plus il le répète; plus il le répète, plus il boit; et, s'attendrissant davantage à mesure que le vin le gagne, il joint à son refrain des expressions plus amicales et plus tendres. Son style est celui d'un béat, bien persuadé que, pour les hommesNde Dieu, boire, manger, dormir, sont les trois vertus cardinales; et que toutes les donations faites à l'Eglise doivent se résoudre pieusement en bon vin et en bonne chère. Ce fut en effet la vérité pendant bien des siècles : ce ne l'est plus à la fin du nôtre. Aussi serons-nous maudits et convaincus de schisme, ce qui est, comme on sait, le dernier malheur en ce monde, mais ce qui pourroit bien, dans Tautre, revenir absolument au même.
« Voyez, continuoit Editue, cette perchée d'oiseaux, comme ils sont douillets et en bon point des rentes qui nous en viennent : aussi chantentils bien pour eux. Vous ne vîtes oncques rossignols
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mieux gringoter qu'ils font au plat, quand je leur sonne ces grosses cloches que voyez pendues autour de leur cage. Buvons, amis : il fait certes aujourd'hui beau boire; aussi fait-il tous les jours. Buvons. Je bois de bien bon cœur à vous, et soyez les très-bien venus.
a N'ayez peur que vin et vivres ici faillent» : car, quand le ciel seroit d'airain et la terre de fer, encore vivres ne nous faudroient, fût-ce par sept, voire huit ans, plus long-tems que ne dura la famine en Egypte. Buvons ensemble, par bon accord et en charité.
— Diable ! s'écria Panurge, tant vous avez d'aise en ce monde? — En Tautre, répondit Editue, en aurons-nous bien davantage. Les champs Elysiens ne nous manqueront pour le moins. Buvons, amis. Je bois à vous.
— Ça été, dis-je, esprit divin et parfait, à vous premiers siticines, avoir le moyen inventé par lequel vous avez ce que tous humains désirent naturellement, et à peu d'iceux ou, à proprement parler, à nul n'est octroyé : c'est paradis en cette vie et en l'autre pareillement avoir. O gens heureux! ô demi-dieux, plût au Ciel qu'il m'advînt ainsi ! r>