CHAPITRE IV
Des ordres religieux et militaires^ et du bon emploi des donations faites à l'Eglise.
DiTUE n^avoît pas achevé de parler, quand près de nous advolerent vingtcinq ou trente oiseaux, de couleur et plumage qu'encore n'avois vu en Pîsle. Leur plumage étoit changeant d'heure en heure, comme la peau d'un caméléon, et tous avoient au-dessous de l'aile gauche une marque, comme de deux diamètres mi-paftîssant un cercle ou d'une ligne perpendiculaire tombant sur une ligne droite. A tous elle étoit presque d'une forme j mais non à tous d'une couleur; aux uns étoit blanche, aux autres veite, aux autres rouge, aux autres bleue. « Qui sontj demanda Panurge, ceux-ci, et comment les nommez-vous? — Ils sont, répondit Editue, métifs. Nous les appelions gourmandeurs, et ont grand nombre de riches gourmanderies eil
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votre monde. — Je vous prie, dis-je, faîtes-les un peu chanter , afin qu'entendions leur voix. — Ils ne chantent, dit-il, jamais; mais ils repaissent au double en récompense. — Où sont, demandoîs-je, les femelles? — Ils n'en ont point, » répondît-il.
Ici Panurge demande, avec la franchise du style de Rabelais, comment, s'ils n'ont point de femelles, ils portent ainsi les symptômes d'une maladie qu'on ne peut nommer décemment que quand elle est petite. « Elle est, dit-il, propre à cette espèce d'oiseaux , à cause de la marine qu'ils hantent quelquefois, n
Plus nous dit: « Le motif de leur venue ici près de vous est pour voir si parmi vous reconnoîtront une magnifique espèce de gaux *, oiseaux de proie terribles, non toutefois venans au leurre, ni reconnoissant le gant 2, lesquels ils disent être en votre monde; et d'iceux les uns porter jets aux jambes bien beaux et précieux, avec inscription par laquelle qui mal y pensera est condamné d'être soudain honni; autres au devant de leurs plumages porter le portrait d'un calomniateur?, et les