‹ De l'autorité de Rabelais dans la Révolution présente et dans laChapitre 11 sur 64 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Continuation du même sujet.

E bon roi fut $î courroucé de k sottise de son fils qu'il vouloit occire maître Jobelin. Mais on Pappaisa; il se contenta de le chasser et de donner sa place à Ponocrates, instituteur du jeune page. On sera tout surpris de trouver dans Rabelais non plus une satyre contre les mauvaises éducations, mais un plan régulier d'institution domestique.

Ponocrates commence par bien purger le cerveau de son élevé et lui faire oublier tout ce qu'il avoit appris ; il distribue ensuite l'emploi de sa journée de manière qu'il n'y ait pas une heure de perdue. Les lectures utiles, la toilette, les repas, les exercices du corps se succèdent, et quelquefois s'unissent ensemble. Voici, par exemple, un genre d'instruction auquel on ne songe gueres, quoiqu'on l'ait tous les jours sous la main. « Au com-

mencement des repas étoît lue quelque histoire plaisante des anciennes prouesses, Jusqu'à ce qu'il eût pris son vin. Lors, si bon sembloit, on continuoit la lecture, on commençoit à deviser joyeusement, parlant de la vertu, propriété, efficace et nature de tout ce qui leur étôît servi à table : du pain, du vin, de l'eau, du sel, des viandes, poissons, fruits^ herbes, racines, et de l'apprêt d'icelles. Ce que faisant, apprit en peu de tems tous les passages à ce compétens en Pline, Athénée, Dioscoride, Arîstote, Elien, etc. ; et si bien et entièrement retînt en sa mémoire les chose? dites que pour lors n'étoit médecin qui en sût la moitié tant comme il faisoit. »

Après le repas, on apportoit des cartes,, non pour.Jouer, mais pour y apprendre mille petites inventions et gentillesses d'arithmétique; ce qui lui fit prendre goût à cette science, dans laquelle, tout en jouant,. il fit tant d.e progrès que Tunstal, iauteur.anglois qui en avoit écrit, confessa qu'en comparaison de lui il n'y entendoit'que lé haut allemand,

' . La musique n'étoit pas oubliée dans cette éducation libérale. <t Ils s'ébaudîssoient à chanter musicalement à Quatre et cinq parties, ou sur uu thème »,

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