‹ De l'autorité de Rabelais dans la Révolution présente et dans laChapitre 28 sur 64 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Des moines et ordres religieux.

s E sera maintenant une histoire piquante à faire que celle du monachisme. Ni la

(satyre ni la comédie ne sont Thistoire; mais elles peuvent y suppléer lorsqu'elles peignent fidellement les mœurs. 11 seroit long de mettre ici tout ce que Rabelais dit des moines et de l'esprit monacal. Ce sera bien assez des principaux traits de caraaere, pour nous élever plus promptement

à de plus grands objets, et prendre avec lui le clergé a capite ad calcem.

Oh ne peut mieux commencer que par le portrait qu'il trace de frère Jean des Entommures, véritable archétype des moines de son tems, dont il faut avouer que la perfeaion s^toit un» peu altérée dans le jnôtre. Il n'ayoit point, dit-on, fait ce portrait de fantaisie, mais d'après un certain prieur alors vivant, et bon vivant».

a En l'abbaye de Sévillé étoit pour lors un moine claustrier», jeune, galant, bien à dextre?, hardi, aventureux, délibéré, haut, maigre, bien fendu de gueule^, bien avantagé en nez, beau dépêcheur d'heures, beau débrideur de messes, beau décroteur de vigiles, pour tout dire sommairement, vrai moine, si opcques en fut depuis que le monde moinant moina de moinerie; au reste, clerc jusques aux dents en matière de bréviaire. »

Ayant appris que les soldats de Picroehole pilloient et vendangeoient le clos de la vigne de riabbaye4, oti étoit l'espérance de toute l'année, frère Jean vient chercher ses confrères, qu'il trouve

I. C'est Ménage qui a fait cette découverte» Ce moine est, selon' lui, un certain Buinard, prieur de Sermaiss en Anjou. 2...Ayant toutes les inclinations du cloître,

Page 1