Voyez pMmiere partie, chapitre V
occupés à chanter : tm, im, pe, e, e, e, e, e, tum, in, i, i, mi, co^ o, o, o, o, Oy rutn, umK a Vertudieu t dit-il^ que ne chantez-*vpus : Adieu paniers, vendanges sont faites? Je me donne au diable s^s ne sont en notre clos, et tant bien coupent seps et raisins qu^il n^ aura, par le cordieu, de qui^tre années de quoi grapiller dedans. Ventre saint Jacques ! que boirons-nous cependant, nous autres pauvres diables? Seigneur ÎAeal da mihi potum.i>
« Lofs dit le prieur claustral : «c Que fera cet iyrogûB-ci ? Qu'on me le mené, en prison! Troubler ainsi le service divin ! ^- Mais, dit le moine, le service du vin^ faisons tant qu^il ne isoit- troublé; car vousfiïiême, monsieur le. prieur, aimez boire du meilleur: ; ^iasi; fait tout homme de bien. Jamais homme noble ne hait le bon Vin; c^^st un
apophtegme monacal Ventredieu! les biens de
rÉgliàel Ah! non, non, ï)îable ! S. Thomas Tanfeloîs youlut bien pour iceux mourir^ : si j'y mdu-
I, Impetutn inimicorum. Il se moque ici et du plain-chant, qui 90uyent défigure- et disloque les paroles, et du flegme de ces moines, qui «royoient écarter le danger en tMlnant ainsi cette prière.
a. Ce Thomas Beequet. fut archevêque de Cantorberi,soQSle règne de 'Henri II, roi d'Angleterre, au douzième siècle. Henri fttoit >Tonlo> 'donner quelquesi atteintes aux immunités ecclésiastiques dans son royaume; Thomas, «ppayé d« la cour de
rois, ne serois-Je saint de même ? Je n'y mourrai pas pourtant, car c^estmoi qui le fais aux autres. » Véntredieu ! les biens de V Église ! c'est ce qu'ont tant répété nos prêtres en chœur avec ce brave moine. Peut-être ne pensoient-ils pas comme lui à prendre Thomas Becquet pour modèle; mais, sans sexappeller ce trait d'histoire, on voyoit en eux une grande ferveur pour le martyre, c'est-àdire dans chacun d'eux un grand désir du martyre de son voisin : les pauvres gens n'ont pu seule^ ment obtenir le meurtre du plus chétif habitué de paroisse. Ils sont parvenus à faire verser du sang, mais ce n'étoit pas du leur, ce qui, dans leur espé» rance, en eût fait verser bien davantage.
Pour soutenir tes droits, que le Ciel autorise, Abîme tout plutôt, c'est l'esprit de TÉglise : C'est par là qu'un prélat signale sa vigueur.
C'est le conseil du vieux Sidrac, dans le Lutrin. L'esprit de V Église est toujours le même, mais non pas son pouvoir. Nos prélats sont moins vi-
RomOy avoit fait échouer le dessein du roi. Peu de tems après, l'archev^ue fut trouvé mort : on soupçonna Henri de l'avoir fait assassiner. Le pape excommunia le roi d'Angleterre; Texcommunication subsista jusqu'à ce que ce foible prince eût souffert d'être fouetté par tout un chapitre de moines autour du tombeau de Thomas Becquet» qui fut canonisé comme martyr des libertés de l'Église.
goureux que ceux du bon tems; ils n'ont pu rien abîmer, et sont abîmés eux-mêmes.
Ce n'est pas là ce qu'espéroît le frère Jean des Entommuires de PAssemblée nationale, lorsqu'à Versailles, après la nuit du 4 août, il disoit si chrétiennement : « Avant qu'on en pût faire autant au clergé qu'on vient d'en faire à la noblesse, on verroit la banqueroute et la guerre civile. » Ni guerre civile ni banqueroute, mon cher abbé, quoiqu'on vous ait encore plus maltraités que les nobles. Les têtes de Thydre, les griffes du tigre, les serres du vautour, sont coupées, grâce au progrès des lumières, grâce aussi peut-être à vos fureurs et à votre éloquence.
Mais revenons au frère Jean de Rabelais. Il ne perd point son tems en beaux discours académiques; il s^arme du bâton de la croix, fond sur les ennemis, les assomme^ les renverse, et, plus heureux que nos prélats et nos prieurs dépossédés, les fait égorgeter par ses frères.
Gargantua, instruit de cet exploit, le fait venir, Fembrasse et le fait asseoir à table auprès de lui. Gymnaste lui propose d'ôter son froc. « Mon ami, dit le moine, laisse-le-moi, car pardieu je n'en bois que mieux. Si je le quitte, je n'aurai nul appétit; mais, si en cet habit je m'assieds à table, je boirai pardieu et à toi et à ton cheval... Que Dieu est
bon, qui nous donne ce bon vin f Inavoué Dieu f si j^eusse été au tems de Jésus-Christ, j^eusse bien empêché que les juifs ne le prissent au jardin des Oliviers. Ensemble, le diable me faille si j'eusse foilli de couper les. jarrets à messieurs les apôtres, qui fuirent tant lâchement après qu'ils eurent bien soupe, et laissèrent leur bon maître au besoin. »
En parlant d'un moine de ses amis : a C'est un bon compagnon, dit-il; mais quelle mouche l'a piqué? Il ne fait rien qu'étudier depuis je ne sais quand. Je n'étudie point de ma part. En notre abbaye, nous n'étudions jamais, de peur des oreillons ». Notre fou d'abbé disoit que c'est chose monstrueuse voir un moine savant. Pardieu, monsieur mon ami, magis magnos clertcos non sunt magis magnos sapientes^,
— Foi de chrétien, dit Eudemon, j'entre en grande rêverie, considérant l'honnêteté- de ce moine, car il nous ébaiidit ici tous 5. Et comment donC' est'ce qu'on chasse les moines de toutes bonnes compagnies, les appellant trouble-fêtes,