‹ De l'autorité de Rabelais dans la Révolution présente et dans laChapitre 33 sur 64 · BigarN, noir et blanc · texte numérisé non relu

BigarN, noir et blanc

tuxnés et parfumés de misère et calaçiité) les pau« vres haires? Il pèche vilajinement; il blasphème contre, la religion : j'en suis ion scandalisé. — Je, dit frère Jean, ne m'en soucie d'un bouton. Ils médisent de tcoit le monde : si tout le m,onde médit d'eux^ )> n^y prends nul intérêt. . • .

— Mais ^ dit Panurge, quel diable possède ce maître Ràminagrobis, qui ainsi, «ans propos, sans raison, .sans occasion, médit des p^^uvres béats pères jacobins^ mineurs et minimes? J'en suis gran*' dément scandalisé. — Je ne vous entends point, répondit Epistemon^.et me scandalisez; vous-même grandement 9 interprétant perversement des frères mendians qe que le bon poëte disoit des bâtes noires, fauves et autres. Il ne l'entend, selon mon jugement, en telle sophistique et phantastique allégbde. Il parle absolument et proprement de& puces, punaises, cirons, mouches et autres telles bêtes, lesquelles sont unes noires, autres fauves, autres cendrées^'iiutres tannées et basanées, tgutes importuneis , lyjrànnïques et: molestes non aux, malades- seulement « mais siuçsi à gjens sains et vi** gçi|].re^. Vous, faites mal autremenjt exposant. s«^

. — JRetournçnsjdit Panurge, TadniiQne^er 4e /çoi;^ salut. Nous l'induirons à contrition de son péché^ à requérir pardon aux tant .,, béats per^, abseps

comme présens, et en prendrons acte, afin qu'après son trépas ils ne lé déclarent hérétique et damné; «t à leur satisfaire de Poutrage, ordonnant, par tous les couverts de cette province, aux bons pères ïeligieux force bribes, force messes, force obîts et anniversaires, et qu'au jour de son trépas sempiternellement ils aient tous quintuple pitance.

a Ho ho! Je m'abuse et m'égare en mes discours : le diable m'emporte si j'y vais. Vertudieu ! la chambre est déjà pleine de diables. Je n'y vais pas. Qui sait s'ils useroient de quiproquo, et au lieu de Raminagrobis gripperoient Panurge?... Je gage que, par même crainte, à son enterrement n'assistera jacobin, cordelier, carme, capucin ni minime; et eux sages. Auséi bien ne leur a-t-il rien donné par testament. Le diable m'emporte si j'y vais !

« S'il est damné, à son dam » : pourquoi médisoit-il des bons pères de religion? Pourquoi les avoit-il chassés hors sa chambre sur l'heure qu'il avoit plus besoin de leur aide , de leurs dévotes prières, de leurs saintes admonitions? Pourquoi par testament ne leur ordonnoit-il au moins quelques bribes, aux pauvres gens qui n'ont quQ leur

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