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De l'avenir des peuples catholiques

avez publiés dans la Revue Générale, sur l'avenir des peuples catholiques, mais ce

que j'en ai lu me suffit pour ne plus tarder à vous adresser mes félicitations. En combattant pour la vérité, vous ne vous êtes pas tenu seulement sur la défensive ; vous avez pris vaillamment l'offensive, comme il convient de la prendre quand on est sûr d avoir raison. Le plus bel éloge que l'on puisse faire de votre travail, c'est de dire qu'il doit être étudié, même après le grand ouvrages de Balmès sur le protestantisme et le catholicisme dans leurs rapports avec la civilisation européenne Balmès démontre sa thèse par un magnifique ensemble de faits décisifs, mais l'histoire des derniers

siècles vous a fourni une foule d'autres faits lumineux qui ajoutent un nouvel éclat à cette thèse déjà victorieuse.

Oui, l'Eglise catholique est la mère de la civilisation européenne, et il faut fermer les yeux à l'évidence pour ne pas voir que, par sa doctrine, par son action, par ses luttes et par ses œuvres, l'Église a été et demeure toujours l'agent souverain du progrès moral, du progrès intellectuel et du progrès social du monde. Elle nous enseigne de chercher avant tout, sans cloute, selon la parole du Christ, le règne de Dieu et sa justice ; mais c'est parce qu'elle prêche avant tout le règne

de la justice et de la vérité dans les âmes, qu'elle fait régner ensuite l'une et l'autre dans lei institutions.

Vous avez examiné de près, Monsieur, les affirmations contraires d'une science superficielle; vous les avez convaincues de faux, vous l'avez fait froidement, d'abord, et comme mathématiquement ; mais vous n'avez pas comprimé ensuite un sentiment trop rare de nos jours, celui de la légitime indignation que toute âme amante de la vérité doit éprouver en présence d'une inexcusable erreur qui prend des allures superbes. Ce sentiment, du reste, n'a pas altéré

chez vous la charité envers ceux qui se trompent, et il vous a fait trouver plus d'une fois 1 éloquence que vous ne cherchiez pas.

Ne voudriez- vous pas réunir tous vos articles dans un volume à part ? Ils arriveraient ainsi plus facilement à tant d'esprits séduits par des sophismes aujourd'hui de mode, et que nui écrivain contemporain n'a mieux flagellés que vous.

Puisque j'écris à un publiciste, au Directeur de la Revue Générale, je veux saisir l'occasion qui m'es! offerte de remercier, au nom de la Religion, les écrivains distingués de cette Revu?, et en même temps les sa

vants rédacteurs de la Revue Catholique,

de ce que, malgré les travaux assidus qui les obligent, les uns au barreau et dans le parlement national, les antres dans les chaires du haut enseignement, ils savent encore trouver chaque mois de longues heures à consacrer aux bons combats de la presse.

11 est difficile, sans doute et même moralement impossible d'approuver les Revues et les autres publications périodiques de la même manière qu'on approuve les livres.

On donne l'approbation proprement dite à des livres faits ; on ne saurait la donner

à des Revues ou à des journaux toujours à faire. Et puis, si les auteurs des ouvrages composés à loisir sont toujours sujets à se tromper, les écrivains de la presse périodique, par ia rapidité nécessaire deleur rédaction, sont plus exposés encore à des erreurs involontaires. Mais, parce que l'approbation de ces sortes d'écrits est généralement impossible, est-ce à dire qu'il faille manquer de reconnaissance envers ceux qui s'y résignent et que l'on pourrait appeler, à juste titre, lavant-garde des défenseurs de la vérité ? Ne suffît-il pas, lorsque, pressés par la lutte, ils s'engagent dans une fausse

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route, ne suffit- il pas qu'ils reprennent la véritable dès qu'ils se voient fourvoyés? Ils ne doivent donc jamais écouter ceux qui tentent de les décourager; ils ne doivent jama's abandonner le champ de bataille; ils ne doivent jamais, dans une inaction qui leur serait si facile, laisser se rouiller leurs armes, je veux dire les talents qu'ils ont reçus de Dieu.

Je lisais dernièrement ces paroles dans une lettre écrite de Rome, et écrite de haut:

« Les louanges que les écrivains de la » presse périodique reçoivent du Saint-Siège o ne peuvent être interprétées par personne

o que comme des encouragements à la lutte » qu'ils entreprennent, et dont le mérite et » le succès dépendent naturellement de leur » soumission aux enseignements de l'Eglise » et à l'autorité de leurs pasteurs respectifs » et légitimes. — En outre, les encoura- » gements donnés par le Saint-Père à ces » écrivains sont toujours généraux, parce » que Sa Sainteté n'entre jamais dans » V examen du mérite "particulier de leurs » publications, mais les juge seulement » d'après les intentions de leurs auteurs. » Les évêques peuvent-ils mieux faire que de se conformer à cette conduite si pleine

de sagesse du Saint-Siège? C'est donc parce que je connais les intentions des écrivains de la Revue Générale; c'est parce que je connais les intentions des rédacteurs de la Revue Catholique ; c'est aussi parce que je connais celles des amis d u progrès des études, qui se disposent à publier bientôt la Revue de la Société scientifique de Bruxelles; c'est parce que je les sais dévoués tous, de cœur et dame, aux grandes causes de la foi et de la science, de l'Église et de la Patrie; c'est parce que je les sais disposés tous, lorsqu'il leur arrive de se tromper, à le reconnaître sans hésitation ; c'est parce que je

sais tout cela que je crois accomplir un devoir eu les remerciant ici du noble et courageux usage qu'ils font de leur temps, et en exprimant le vœu de les voir suivis et imités par bien d'autres catholiques appelés comme eux, par leurs talents, à la vie laborieuse et militante de l'esprit, personne ne pouvant se dispenser en ce monde, mais un dans sa sphère, d'y être ouvrier et soldat.

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