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COMMERCE FUTUR DU ST. LAURENT

La valiée du St. Laurent diffère de celles des autres

rivières en général, en ce qu’elle estunilatérale. (C’est le débouché naturel du Canada, de cette partie du Vermont située à l’Est des Montagnes Vertes, des parties Nord et Ouest de l'Etat de New-York, du nord de l’Ohio, du Michigan, et d’une partie des Illinois et du Wisconsin. A l'extremiité mérédionale de la vallée, aux lacs Michigan et Supérieur, les eaux qui se jetent dans le golfe du

Mexique, se rapprochent au point qu’elles ne se trouvent

qu’à quelques milles des grands lacs; en sorte que des Etats de Pensylvanie, de l’Ohio, de l’Indiana, des Illinois et du Wisconsin qui touchent aux eaux navigables du St. Laurent, il n’y a qu’une portion importante de l’Ohio qui forme partie de la vallée de cette rivière. Mais, à l'exception du Vermont, de la partie Est du Nord de l'Etat de New-York, et d’une partie de la Pensylvanie, aucune chaine de montagnes ne sépare les contrées arrosées par le St. Laurent de celles qui sont arrosées par le Mississipi, la rivière Hudson et les rivières du Connecticut. Il n’y a par conséquent aucune de ces grandes distinctions géographiques, aucune de ces barrières naturélles formées par des montagnes qui, dans bien des pays, contrôlent le commerce, et le forcent de passer par certaines localités particulières ; et la grande plaine de POuest entre l’Ohio, le Mississipi et les lacs, offre un accès facile à partir des golfes du St. Laurent, du Mexique et du

Le

point ou la marrée se fait sentir sur la rivière Hudson. L'absence de grandes rivières qui se fraient un passage jusqu’au milieu de riches et fertiles étendues de terres, comme on en trouve à l’Est et l'Ouest du Mississipi, est en grande partie compensée par la magnifique expansion du St. Laurent dans les lacs Supérieur, Huron, Michigan, St. Clair, Erié et Ontario, ainsi que par le lac Champlain et ses nobles tributaires, - l'Outaouais et le Saguenay. Les lacs offrent une étendue de côtes de plus de 150,000 lieues, et la vallée propre du St. Laurent renferme une population d’au moins quatre millions d’âmes. Les produits de cette vaste plaine se dirigeront par ces trois routes, suivant qu’elles offriront plus au moins de facilités, ou suivant qu’elles entraîneront plus ou moins de dépenses et de délais. Prenant Chicago comme point central de cette plaine, les distances de là à la Nouvelle-Orléans, New-York et Montréal, varient peu ; mais ily a une grande différence sous le rapport du temps nécessaire pour faire le transport des marchandises et produits, et des facilités qw’offrent ces diverses routes. D’après les états du transport sur le canal Erié, nous trouvons que l’Ohio, l’Indiana, les Illinois, le Michigan, le Wisconsin, et une partie de la Pensylvanie font leurs importations et cxportations par les lacs Erié et Ontario. En outre, le Kentucky, le Missouri, le Tennessee et Iowa font venir leurs importations par la route du nord, et cela probablement par suite des frais qu’entraîne ia navigation du Mississipi en remontant. Par la même route, ils exportent toutes sortes de produits agricoles, du coton, du tabac, des spiritueux fabriqués chez eux, du cuir et du plomb ; et ils imporlent des meubles, des marchandises sèches, de la faïence, de la quincaillerie, du poisson, du sucre, du thé, et toutes sortes d’épiceries. La popu: lation dant le commerce est concentré sur le St. Laurent, ne doit pas s’élever maintenant à moins de cinq millions

À { (al '

gt DE L’AVENIR ET DE L'INFLUENCE

d’âmes dont l’accroissement sous le rapport du nombre et des richesses agricoles et commerciales est sans parallèle dans l’histoire du monde. Nous n’ôsons ici émettre notre pensée sur le développement des progrès de cette population, car l’incrédulité si naturelle à l’homme rejetérait tous nos calculs pour l’avenir, bien qu’ils soient fondés sur l’expérience du passé ; et cela aussi certainement que les folies de la jeunesse seront repétées successivement par chaque génération, malgré l’expérience accumulée pendant une longue suite de siècles ; car le nombre de ceux qui croient par les yeux de la foi, comparé à ceux qui, pour croire, ont besoin de voir, est aussi minime dans le monde commercial que dans le monde moral.

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