DES
a de
RE
+ Le sujet de notre essai, dans son sens le plus étendu; embrasse la considération de l’influence du commerce sur l’agriculture, —ifluence qu’on ne saurait nier, —sur laquelle on ne peut se méprendre,—et que l’on peut tracer clairement dans les pages de l’histoire, depuis les siècles les plus reculés jusqu’à nos jours. Depuis l’époque où les “riches et puissans marchands ” de Tyre, exploraient avec leurs vaisseaux les côtes du monde alors connu pour obtenir les produits de l’Espagne, de la Bretagne, de l’Inde ou de l’Afrique,—ou traversaient les déserts sablonneux de l’Arabie sur des chamaux chargés de ‘ myrrhe, d’épices et de baume de Gilead,” pour fournir ces objets à l’Egypte et à la Perse, —le pouvoir, les richesses et l’intelligence de chaque pays se sont accrus en proportion de l’étendue et de la variété de ses relations commerciales.
Des marchands Phœniciens achetent Joseph de Canaan, dont les songes avaient excité l’envie de ses frères, et le “ vendent en Egypte, ””—transaction où toute sa postérité se trouve intéressée : des vaissaux de Tyre transportent la connaissance des lettres “ ce bel art de parler aux yeux” dans la Grêce alors barbare, et plantent les
germes de cette civilisation qui fit briller Athènes, et qui
survécut à la chute de l’Empire Romain. Ces mêmes vaisseaux servent aussi à transporter l’or d’Ophir, et les cèdres du Liban pour la décoration du temple de Jérusalem; et le roi Salomon confic à un ouvrier de Tyre la confection des ouvrage: en bronze, “la piscine, les piliers, les chapitaux, les grenades, et la pluie d’or,” qui ornaient et embellissaient la demeure choisie de Jehovah. Carthage, l’orgueilleuse rivale de Rome, la dernière mattresse du monde; est fcndée par ces flottes de Tyre dont le pavillon franchit le premier les colonnes d’Hercule, brava les dangers et les écueils de l’Atlantique alors inconnue, et impiantu les premières idées de commerce dans cette îie qui fut le berceau de nos pères,—connue alors comme la borne la plus reculée de la région du nord,—et devenue depuis la dominatrice absolue des mers. Les armes de Tyre, qui résistèrent autrefois à la toute puissance d'Alexandre, ont depuis longtemps succombé sous la supériorité des autres nations formées par les arts qu’elle leur avait eile-même apportés; mais l'influence de ces mêmes arts exercera son empire sur toutes les générations futures, et durera autant que les siècles. La Méditerrannée, mer sans flux ni reflux, et dont la navigation offre peu de dangers, devait être le chenal naturel du commerce dans les siècles où la navigation était er.«ore dans son enfance, alors que la Sicile était encore pour les Grecs une terre de fables et de monstres ; et ces villes. célèbres qui, pendant tant de siècles, dominèrent ancien monde, ont dû principalement leur puissance et leur gloire, à leur heureuse position, à la protection de leur commerce, et à la puissance de leur marine. Et si plus taru, nous examinons les traits caractéristiques et phisiques des divers pays, nous trouverons que partout la population, la puissance et les richesses. se-sont agglomsrées sur les rivières navigables, et se sont accruesen proportion de la facilité. des communications par eau.
La Grande Bretagne doit sa grande puissance, sa richesse et sa supériorité maritime; non pas seulement à ses mines de charbon, à ses minerais et à sa position insulaire, mais encore à l’étendue comparative et aux qualités navigables de ses rivières et de ses havres. L’accroissement des cités se développe proportionnellement à Vétendue des contrées d’où elles tirent leurs approvisionnemens, et suivant les facilités qu’elles ont de se les p.0curer. Londres n’eût jamais atteint ses propartions extraordinaires, sans la Thamise,;—Paris sans la Seine,— New-York, sans l’Hudson, ou le Canal Erie,-ni la NouveHe Orléans, sans le Mississipis et sans le St. Laurent, Montréal et Québec n’existeraient pas L’absence de rivières navigables est la cause probable de l’extrême bat*arie dans laquelle est. plongée l'Afrique, excepté l'Egypte et les côtes de la Méditérrannée ; leur nombre <t leur étendue au contraire ont fait de l’Asie la mère des nations, et de l’Europe, la partie R plus riche ét nos __ écla:rée du globe.
Les rivières dont le vours süit-la direction d’un méridien, telles que le Näl et le Mississipi, possèdent, penset-on, des avantages décidés sur celles-qui suivent la direction des parallèles de latitude, ‘telles que l’Amazone et le St. Laurent, en autant que ces premières traversent une grande variété de climats rapportant une variété de produits, et qu’elles jouissent par conséquent de plus grandes facilités pour le commerce. : C’est pour cette raison que l’on suppose que la vallée du Mississipi, avec sa grande et merveilleuse étendue de navigation libre et sans obstruction, deviendra avant peu le siége d’un commerce tel que le monde n’en n’a jamais vu de semiblable,—le blé, le lin, les fourrures, le bois, la laine et les manufactures du mord Étant échangés directement, au moyen de la navigation intérieure, pour le sucre, le ris, le coton, ‘le tabac et les fruits du sud. Il est cependant