‹ De l'avenir et de l'influence des canaux du Canada [microforme]Chapitre 5 sur 24 · FLEUVE ST. LAURENT · texte numérisé non relu

FLEUVE ST. LAURENT

La position du fleuve St. Laurent, sous le rapport du climat et de la latitude, est de nature au premier coup d'œil à produire le doute et le découragement :— mais après un mûr examen, il faut reconnaître, {re-qu’il fal-

DES CANAUX LIU CANADA. rl

lait assumer d’abord,) que lorsque le créateur de toutes choses ‘ sema les rivières du creux de sa main,” il leur donna la direction qui devait en définitive produire le plus grand bien du plus grand nombre. Toute autre supposition serait contraire à la raison et à la foi; et en

Conséquence, il est impossible d’assigner au St. Laurent

une position plus avantageuse que celle qui lui fut donnée lorsque “ Dieu lui même sépara les eaux ;” ou de

Jui trouver une embouchure qui convienne mieux à la

vallée d’où ce fleuve tire sa source. Nous ne pourrions trouver une sortie qui soit à l’abri des glaces et des frimas, au nord de la Virginie ; nous ne pourrions améliorer la position des grands lacs; et nous ne voudrions surèment pas abandonner la vallée des Outaouais, si riche en bois de toutes sortes, ni les mines de charbon du Cap Breton et de la Nouvelle Ecosse, ni les pêcheries du golfe. : On ne pourrait donc assigner à ce fleuve aucune direction qui, toute chose considérée, puisse offrir les mêmes avantages dans l’avenir. Plus tard, nous parlerons de sa prétendue infériorité, et nous esseierons de constater sa valeur comparative, et les ressources de sa position:

Ce grand fleuve, qui, pour les fins commerciales, peut être considéré comme commençant au Lac Supérieur qui est le plus grand volnme d’eau douce qui existe sur la surface du globe, laisse les mines précieuses qui se trouvent sur les côtes de cette mer intérieure, traverse en descendant six degrés de latitude qui embrassent une étendue extraordinaire de côtes, et une pêcherie d’eau douce dans l'archipel du Lac Huron, qui n’est surpassée que par celle plus étonnante encore qui se trouve à son embouchure, et pénètre ensuite dans la zone si riche en fruits de l’Ohio, de la partie ouest de l'Etat de New-York, et du Canada oriental,— jardin de l'Amérique du Nord pour la variété et l’excel-

lence de ses produits, et siége d’un commerce auquel oh ne saurait assigner de limites. Depuis le Lac Erié, cette grand décharge se dirige vers l’océan Atlantique dans une ligne presque directe, remontant à la même latitude qui forme son point de départ sur les rives nord du Lac Supérieur. Nul doute que les grands Lacs Huron, Michigan, Erié et Ontario n’exercent une influence favorablé sur les contrées environnantes, car nous.ne voyons pas que la Nouvelle Angleterre ou la partie occidentale dé P'Etat dé New-York produisent les mêmes fruits, bien qu’elles soient situées dans les mêmes parallèles. C’est cette embouchure septentrionale du St. Laurent qui a fait douter des avantages qu’offre cette voie pour Papprovisionnement des régions supérieures, ét l'écoulement de leurs produits, bien qu’il soit le débouché naturel du cornmeérce et des eaux de ces contrées.

Si nous recherchons les causes du peude:cas que l’on a fait dé la route du St. Laurent, nous les trouverons peutêtre dans cette expression “ débouché natutel ;”” car nous n’avons que trop et trop longtemps pesé et calculé les a- . vantages purement géographiques. Jusqu'à ce jour, vette route s’est trouvée obstruée par des chutes et des rapides, tandis que sa grañde tivalé, la voie du Mississipi, est naturellement navigable jusqu’à sa source même. L’ouverture d’une route artificielle depuis Aibany jusqu’à Buffalo,

près de vingt ans avant qu’on eût commencé à améliorer

là navigation du St. Laurent, les avantages qu'offrent

une population et des richèsses plus considérables et la

politinue exclusive et peu sage que nous avons suivie, ont aussi contribué à détourner le commerce de l’ouest de son chenal naturel: cétté circonstance, loin de nous détourager, devrait a contraire nous enseignër qu’üne grande entreprise nationale peut contrebälancer les avantages “ naturels,” ét nous tfontrer que l’on peut, à l’aide efforts “cônstans ‘et bien dirigés dé notre paït, attirer

par la voie du St, Laurent, le commerce des régions de Pouest situées au nord de l’Ohio, dont le Mississipi est le.‘ débouché naturel.”

Page 1