‹ De l'avenir et de l'influence des canaux du Canada [microforme]Chapitre 6 sur 24 · CLIMAT · texte numérisé non relu

CLIMAT

. On a grandement déprecié le climat du Canada, et il y.a tout lieu de croire que l’on en a exagéré les inconvéniens, sans en considérer les avantages; car il est évident que notre commerce, notre richesse et notre prospé rité dépendent en grande partie de ces mêmes conditions que l’on prétend militer contre nous.

. Le climat du Canada est sans contredit nlus froid en hiver, et plus chaud en été que celui des pays situés dans les mêmes parallèles sur le continent de l’Europe, mais il est en même temps moins variable ; et:ces extrêmes, qui

ON à paraissent si peu favorables au premier coup d’œil, tenveuit- dent en réalité à augmenter la variété de nos productions nous bien au delà de celles des pays situés dans les mêmes es a- latitudes en Europe. Les chaleurs fortes et constantes de cette nos étés müûrissent avec une rapidité étonnante les plandes, tes les plus précieuses, tandisque le froid extrême de nos na- hivers nous permet de combiner les produits des climats LVCT- du nord avec eeux des climats du sud.

falo, Le raisin, les pêches, les melons viennent parfaitement orer : dans le Canada Ouest, mais ne réussissant pas dans le rent climat plus humide de PAngleterre ; tandis que le blé, t la qu’on ne peut récolter dans la Norvège, mürit dans les ont mêmes latitudes du Canada Est, Nous pouvons par con- | de séquent embrasser une variété de produits, depuis le tadé- bae, le riz, et les fruits des climats tempérés, jusqu’au ane blé, au chanvre et aux grains que produisent les climats ran- du nord, La sévérité de nos hivers est peu favorable à ide l'élève du bétail, et augmente la. consommation du bois irer de chauffage ; et cependant sans les frimas, la glace et la

neige, les bois précieux de nos grandes et belles forêts. ne nous seraient d’aucune utilité : et comme il ne pa-

rait pas que la fertilité du sol souffre de la gelée, nous

sommes en droit de supposer que nos hivers ont le même

effet sur les productions particulières à notre climat, que

le sommeil pour redonner de la vigueur au corps humain :

et lorsque l’hiver a déposé son manteau de neige, le sol,

“comme un géant dont les membres fatigués sont raffrai-

chis par le sommeil,” puise une nouvelle force pour pro-

duire cette végétation rapide et luxuriante qui rend inu-

tile un été plus long. Et nous avons tout lieu de croire: et espérer que notre climat s’améliorera sous ce rapport :

Gibbon nous dit que ‘“ du temps de César, le Rhin et le

Danube gelaient au point, que des hordes de barbares fe-

saient des irruptions sur la glace avec leur cavalerie et

des charriots pesamment chargés, —évènement dont il n’y a pas d’exemple dans les fastes de l’histoire moderne.”

La renne que l’on trouve maintenant au sud de la Lapo-

nie ou de la Sybérie, habitait alors la forêt d’Hyrcynie,

au centre même de la Germanie et de la Pologne.

“ Les forêts immenses qui interceptaient les rayons du soleil, et empêchaient ses rayons de réchauffer la terre, ont été défrichées, les marais desséchés ; et à mesure que le sol a été cultivé, l’air est devenu plus tempéré. Le Canada de nos jours est un peinture fidèle de l’ancienne Germanie. Bien que situé dans le même parallèle que les plus belles provinces de la France et d'Angleterre, ce pays éprouve le froid le plus rigoureux. Les rennes, (cariboux) s’y trouvent en grand nombre, la terre y est. longtemps couverte d’une neige épaisse, et le grand fleuve St. Laurent y gèle régulièrement, dans une saison où la Seine et la Thamise sont ordinairement libres de glaces.’ N'oublions jamais que c’est plus à notre climat qu’à notre sol, que nous. devons une récolte certaine et abondante de blé,—article de première nécessité pour les

DES CANAUX DU CANADA. ll

péuples civilisés, et denrée. qui forme le. principal objet de notre commerce.

Mais avant d’essayer de maintenir la thèse que nous avons avancée à l’égard du St. Laurent, et de considérer l'influence qu’exercera cette voie sur les intérêts agricoles du Canada, lorsqu’elle aura été rendue navigable, — examinons d’abord la nature des améliorations apportées à sa navigation, et passons en revue l’état de son commerce passé et présent, afin de pouvoir nous former une idée exacte de ce que le commerce promet pour l’avenir. Ce sujet embrasse un cercle très étendu; les intérêts agricoles du Canada sont les intérêts de la presque totalité de sa population dont les quatre-cinquièmes s’occupent directement d’egriculture,—presque tous dépendant d’elle pour trouver les moyens d’existence. L Toutes les considérations, soit étrangères ou domestiques, qui exercent l'influence même la plus reculée sur le commerce du Canada, doivent nécessairement affecter nos canaux et les intérêts agricoles d’un pays qui, déjà, produit un excédant de céréales, et auquel il est de la dernière importance d’ouvrir un marché pour l’écoulement de cet excédant. La politique suivie par l’état de: New-York relativement à ses canaux, a été appelée par une bonne autorité, l’histoire politique de cet état ; heureux pour nous, si l’avancement commercial eût été le but principal de nos chefs politique! Si l’on eût fait la dixième partie des efforts que l’on a employés avec tant de persévérence. pour obtenir le gouvernement constitutionnel et la rotation des charges, et qu’on eût dirigé ces mêmes efforts vers l’abolition des restrictions commerciales et le développement du commerce du St. Laurent, nous jouirions depuis long-temps de cette liberté de commerce dont nous sommes maintenant redevables à l’égoisme et à l’intérêt du manufacturier anglais. La prospérité commerciale peut re les taxes les plus

lourdes, comme en Angleterre ; mais la négliger, c’est la‘ tuer.

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