‹ De l'azoturieChapitre 8 sur 9 · CONCLUSIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS GÉNÉRALES

Dans le cours de notre travail nous avons successivement établi autant que possible des conclusions après chacun des chapitres; cette marche nous était imposée par la méthode analytique que nous avons pensé devoir suivre pour l'étude de l'azoturie. Mais si maintenant nous jetons un coup d'œil rétrospectif sur le chemin parcouru, nous pouvons, en comparant l'azoturie dans les différentes maladies, tirer les conclusions suivantes :

1' L'azoturie doit aujourd'hui être étudiée comme un élément morbide dans les maladies.

2° Elle peut être passagère et liée uniquement à une alimentation azotée exagérée , tant à l'état de santé qu'à celui de maladie.

3o Dans les maladies, l'azoturie intervient : tantôt comme élément principal, duquel semblent dépendre tous les autres symptômes ; tantôt comme élément obligé en quelque sorte, au moins à une période delà maladie; tantôt enfin comme élément surajouté, survenant A. titre de complication.

4° L'azoturie dans les maladies, signifie habituellement destruction exagérée, ou rénovation active des tissus albuminoïdes dont la vitalité a été compromise.

5" Il n'est pas prouvé que l'azoturie épicritique de la convalescence des maladies fébriles soit due simplement à ce

que l'organisme se débarrasse des produits de combuslion accumulés pendant la période fébrile ; ici encore, sans nier la cause précédente, on peut admettre qu'elle indique le renouvellement actuel des tissus albuminoïdes compromis pendant l'acmé.

6° Quand l'azoturie est compensée par une réparation alimentaire suffisante, la nutrition n'en souffre pas, les tissus se réparant à mesure qu'ils se détruisent. Sinon, l'autophagie en est la conséquence obligée, il y a consomption.

7" L'urée rejetée par l'urine n'est pas la seule mesure de la destruction des tissus; elle en représente la majeure partie; il faut tenir compte des matières extractives qui dans certains cas pathologiques peuvent égaler l'urée en quantité, la surpasser môme.

8° 11 faut également, pour avoir la perte totale de l'économie en azote, tenir compte non-seulement de l'excrétion des matières azotées par l'urine (de l'azoturie en prenant ce mot dans son sens général), mais encore de l'élimination des produits azotés par les différents autres émonctoires. Mais nos connaissances sont bien restreintes à cet égard.

9° L'urée et ses produits similaires prennent naissance trèscertainement dans tous les tissus azotés de l'économie; le foie joue peut-être un rôle prédominant ainsi que l'ont admis certains auteurs.

iO° Nous ne connaissons pas absolument la loi qui règle les rapports de l'urée avec les autres produits similaires, mais il parait à peu près démontré que l'augmentation exagérée des matières extractives, indique surtout un organisme appauvri, en voie de déchéance, et ne luttant plus qu'avec peine.

11° Le fait est surtout vrai pour les affections fébriles ; elles prennent alors le caractère de l'adynamie, et si ces matières extractives, au lieu d'être rejetées par l'urine, s'accumulent dans le sang, elles peuvent être le point de départ des accidents sep-

tiques ou toxémiques; si, au contraire, la fièvre est franche, c'est l'urée qui prédomine et uon les extractifs.

12° L'azoturie dans les maladies, n'est point avec la température dans un rapport simple ; des causes multiples interviennent pour faire changer ce rapport, tantôt dans an sens, tantôt dans l'autre. Nous connaissons encore moins les rapports de la température avec la perte totale de l'organisme en azote à l'état pathologique.

13° Il résulte de la valeur séméiologique de l'azoturie, ane valeur pronostique et thérapeutique de la plus haute importance.

14° 11 est à désirer qu'une base physiologique plus rigoureuse vienne permettre de pousser jplus loin l'histoire de l'azoturie. Âu point de vue clinique, malgré les nombreux travaux faits en ce sens, on trouve des contradictions fréquentes, mais souvent elles tiennent à ce que les auteurs n'ont pas tous suivi la méthode qui doit diriger toute observation prise au point de vue de l'azoturie. L'histoire de l'azoturie demande donc encore de nombreuses recherches; elle promet une ample moisson aux travailleurs futurs.

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