INTRODUCTION
Pendant notre séjour à bord du transport le Tonquin, notre attention fut attirée sur le rôle important de l’eau à bord, et nous résolûmes de nous occuper spécialement de cette question. C’est l'exécution de ce projet que nous venons soumettre aujourd’hui à la bienveillante appréciation de nos Juges.
Nous n'avons pas la prétention d’avoir fait avancer la question du moindre petit pas. Ceux qui nous ont précédé dans cette voie nous ont laissé trop peu à faire, mais nous avons la conviction que nous avons mis à ce travail tout ce que nous permettait d'y mettre le peu de temps dont nous disposions, notre faible érudition et notre inexpérience.
Il nous semblerait manquer aux lois les plus élémentaires de la simple gratitude si, avant d'entrer en matière, nous ne remercions sincèrement MM. Jeanjean, professeur à l’École de pharmacie de Montpellier, Bertrand, médecin principal de la marine, Delmédou, mécanicien principal de la marine, et tous ceux qui, de près ou de loin, ont singulièrement contribué à nous faciliter la tâche.
Gonsidérations générales. — Division du sujet.
Dans son Traité d'hygiène navale, Fonssagrives s'exprime ainsi : «Lorsqu'on songe au poids infime que présente le corps humain, quand on l’a réduit par la dessiccation à ses seuls éléments solides, on comprend toute l’importance du rôle alimentaire de l’eau potable, et l'influence qu’elle exerce sur la bonne construction et l'entretien de l'édifice organique.
»Cette partie de la bromatologie nautique, si défectueuse naguère, à réalisé de nos jours des progrès considérables. Nos connaissances en hydrologie sont excessivement avancées ; l'expérience des siècles a déterminé les caractères physiques et physiologiques des eaux potables, et les conditions dans lesquelles il faut les rechercher ; enfin, des procédés chimiques d’une exquise sensibilité permettent de reconpaître aisément la nature et la composition des eaux. Le médecin de la marine appelé à chaque instant, comme l’étaient les médecins anciens, alors qu’une ville se fondait, à se prononcer sur la valeur d’une source et sur l’opportunité de la préférer à une autre, doit, moins que personne, demeurer étranger aux notions hydrologiques les plus essentielles…..