‹ De l'eau de mer dans la tuberculose pulmonaire et dans la gastro-entérite infantileChapitre 10 sur 47 · MORE · texte numérisé non relu

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59 kil. 500). Aux signes d’auscultation précédemment indiqués s'ajoutent quelques râles fins dans la fosse sous-épineuse et plus tard quelques craquements augmentés par la toux. La température reste à peu près normale, sauf une ou deux poussées quand la malade se lève (382-385). Traitement: Carbonate de gaïacol Ogr. 05, extrait de gentiane 0 gr. 10 pour une pilule n° 6.

Le 24 novembre, hémoplysie peu abondante: chlorure de ealcium, potion au bromoforme et à la teinture d'aconit. Les hémoptysies se répètent légères le 26 décembre et le 4 janvier. Les vomissements persistent malgré toute médication (mouche de Milan au creux épigaslrique pansée à la morphine, extrait de Cannabis indica). La fièvre est peu intense, ne dépassant pas 38° le soir, sauf une poussée du 1°" au 6 février où la Llempérature oscille entre 38°5 et 393, et cède à la cryogénine. A celte poussée thermique corres-

pond une exagération des signes locaux: signes de toute petite.

cavilé dans la fosse sous-épineuse (souffle inspiraleur et expirateur, pectoriloquie). Le poids se maintient: 17 décembre, 59 kil. ; 15 décembre, 58 kil. 900 ; 29 décembre, 59 kil. ; 12 janvier, 59 kil. 900 ; 26 janvier, 59 kil. 300 ; 9 février, 59 kil. 300 ; après la poussée fébrile nous constatons une diminution : 56 kil. 200 le 23 février.

Le traitement par l'eau de mer est commencé le 25 février. À cetle époque nous notons l'état suivant : Anorexie considérable, vomissements, pas de diarrhée. À cause de cet élat la suralimentation est très difficile, Toux fréquente, crachats purulents.

Les signes d’auscultation sont les suivants :

En avant: Malité au sommet droil, sous-crépilants nombreux à Limbre cavernuleux surtout à deux travers de doigt au-dessous du sommet; au sommet gauche, craquements nombreux à l'inspiration.

En arrière : 19 À droite, au sommel : Matité, bronchophonie, inspiralion rude, expiration très prolongée, râles sous-crépitants à la

toux, s'élendant à loute la moilié supérieu+e du poumon. À la base:

Malité el frottements ; % À gauche: Malilé au sommet et à la base, bronchophonie, inspiration très rude ‘el très prolongée, sous-crépitants nombreux, surtout à la toux. Voix à limbre speluncique audessous de l’épine de lomoplate.

Nous faisons une injeclion d’eau de mer isotonique à la fesse gauche, l'injection est indolore, la température qui le matin était

de 37°1, monte le soir à 3707 et le lendemain soir à 37%, revient le surlendemain à la normale. La malade présente de l'abattement et de l’imsomnie le lendemain de l'injection, refuse toute alimentation et fait des difficultés pour accepter la continuation du traitement.

28 février. — Deuxième injection ‘d'eau de mer : 100 ec.; elle est un peu plus douloureuse. Température : avant l'injection 36°8, quelques heures après 378; le lendemain la température revient à là normale. — La malade dil éprouver un peu plus de forces el manifeste pendant un jour un peu plus d'appétit. La douleur de l'injection persiste un ou deux jours.

? mars. — L'amélioration légère survenue après la deuxième injection est tout à fail passagère, un jour à peine. L'état général s'aggrave ainsi que l'état local : douleur à la base gauche, apparition de frottements pléuraux, température 3727 ; aussi hésile-t-on à conlinuer le traitement.

mars. — Troisième injection d'eau de mer (100 ec.), peu douloureuse, {rès mal acceptée par la malade. Température :, 36% le matin; 38°7 le soir. La nuit survient une diarrhée abondante. Pouls, 136. On cesse le traitement.

6 mars. — On pèse la malade, elle a diminué en'’treize jours, depuis le commencement du traitement, de 2 kil. 400 ; elle ne pèse plus que 53 kil. 809.

Dès lors, l'élat général va s’aggravant; diarrhée, vomissements fréquents, affaiblissement, fièvre oscillant entre 37° et 58°%5, oppression, sueurs abondantes, fonte du poumon droit.

Sommet droit: En avant matté,

État thoracique le 11 mars.

obseurité et râles; en arrière malilé, exagération des vibrations, respiration très soufflante, craquements. Sommel gauche : en arrière malilé, obscurité respiratoire.

Le 22 mars, le poids n’est plus que de 50 kil. 700,

Le ? avril, nous notons une infiltration tuberculeuse bilatérale avancée qui se Lraduit par des râles spelunciques.

La malade est emportée le 3 avril par sa famille el meurt huit

jours après.

ReuarouEs. — Il s'agit dans ce cas d’une tuberculose avancée avec légères cavernules. La courbe thermique

est assez irrégulière, parfois normale, d’autres fois s'éle-

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vant tout au plus à 38 degrés le soir. Chose curieuse, malgré des troubles gastriques assez intenses, le poids s'était assez maintenu pendant deux mois tout au moins. Une poussée thermique intense le fait toutefois diminuer . de 3 kilos. Nous instituons alors le traitement par les injections d’eau de mer dans l'espoir d'arrêter cette chute de poids, d'améliorer l'état général et particulièrement l’'anorexie qui empêche toute suralimentation. Mais nous ne constatons aucun de ces effets : la chute de poids continue (2 kil. 400 en 13 jours); après la première injection, la malade abattue refuse toute alimentation ; une seconde injection semble, il est vrai, relever l'appétit, mais celte amélioration ne dure pas plus d’un jour. Nous sommes obligé de cesser le traitement, après la troisième, à cause des poussées thermiques (38°7) et du refus formel de la malade qui n’en éprouve aucun bien.

L'aggravation suit une marche rapide; la malade meurt un mois après la cessation du traitement.

Notre apport personnel sur la question paraitra peutêtre bien minime, puisqu'il se résume en trois observalions. Si nous n'avons pas expérimenté l’eau de mer chez un plus grand nombre de tuberculeux, c’est que les résullals de nos trois premières observations ne nous y ont nullement encouragée. Les cas cependant, sans avoir : élé choisis, représentaient les trois périodes de la maladie, et, pour chacune d’entre elles, réalisaient un degré peu avancé, qui ne paraissait nullement défavorable à la méthode.

Notre tuberculeuse du troisième degré, quoique tout à fait au début de cette période, n’a retiré aucun profit des injections marines, alors que chez les malades similaires

Lé Ad

[Pan de Simon et Quinton les cavernes s'assèchent, le poids augmente assez rapidement.

Peut-être dira-t-on avec Carles, Bonnal et Vedy: la tuberculose à la troisième période n'est point justiciable du traitement marin. Alors nous pourrons nous demander ce que sont devenus nos tuberculeux des première et deuxième périodes pour lesquelles ces auteurs prônent par contre cette médication ? Où sont, dans nos observaons, les résultats dont ils parlent ? Où est cette augmentation de poids notable, et l'irrésistible appétit, ces véritables fringales ? Dans nos cas l'appétit n’est nullement augmenté ; quant au poids, alors qu'il était en voie d'accroissement({Æ kilos en 20 jours, Obs. 1), le voici qui tombe après les premières injections, se met à réaugmenter dès qu'a cessé le traitement. L’hyperthermie causée par les injections est-elle toujours, comme l’enseignent certains auteurs, de peu d'importance? Qu'on examine à ce sujet notre observation T: chez un individu apyrétlique les injections déterminent une élévation de température, légère sans doute, mais qui s’exagère au fur et à mesure des injections el tend à persister, à le transformer en tubereuleux fébrile.

Où est le sentiment d’euphorie si spécial à la méthode ? Nos patients nous réclament la cessation du traitement, et c'est à grand'peine que nous parvenons à le leur faire accepter quelques jours de plus.

: Où est l'amélioration des signes stéthoscopiques ? Notre malade de l'observation |, qui paraissait à peu près guéri, qui ne présentait qu'un peu de submatité et quelques frottements au sommet droit, pour qui le traitement marin n'avait été instilué que dans le seul but d'aider à

cette guérison en si bonne voie, ce malade fail une pous-

sée de congestion pulmonaire qui nous oblige à cesser les injections.

La jeune fille de l'observation III présentait au début du traitement de toutes petites cavernules ; celles-e1 passent rapidement à la grosse caverne, la mortsurvient pen après.

Peut-être certains voudront-ils attribuer nos mauvais résultats à une insuffisance du traitement.

Mais chez notre malade de l'observation F n'avonsnous pas eu l'occasion de faire 7 injections de 100 ce. tout à fait selon la méthode de Quinton? Le malade de l'observation If n'a-t1l pas reçu en quinze jours environ 900 ce. de plasma marin ? La cessation du traitement n'a-t-elle pas été rendue nécessaire, soit par les phénomènes congeslifs provoqués au sommet, soit par Phyperthermie, soit surtout par l’état général qui était loin de présenter aucune amélioration ?

Une autre objection sera-t-elle tirée du lieu de provenance de l’eau de mer ? Sans doute celle que nous avons employée provient de la Méditerranée, tandis que la plupart des auteurs utilisent celle de l'Océan.

Mais la différence de composition des deux eaux est-elle si grande, et d'autre part l’eau de l'Océan .n'a-t-elle pas donné des résultats analogues aux nôtres entre les mains de Mongour, de L.-G. Simon et Pater ?

Qu'on ne pense pas que notre eau de mer était déjà vieille, par suite sans influence ; nous nous sommes tou- Jours servi d'eau de mer fraiche, de capture récente (au plus quinze jours).

En somme, nos trois cas de tuberculose pulmonaire sont loin d'avoir été améliorés par les injections d’eau de mer. Sans vouloir généraliser outre mesure, il nous semble que ce traitement est loin d'être « spécifique » de la tuberculose pulmonaire : il n'est même pas toujours inoffensif.

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