‹ De l'eau de mer dans la tuberculose pulmonaire et dans la gastro-entérite infantileChapitre 11 sur 47 · PRÉTENDUS EFFETS DE L'EAU DE MER · texte numérisé non relu

PRÉTENDUS EFFETS DE L'EAU DE MER

Les conclusions que nous venons d'émettre sont celles que nous inspirent les malades que nous avons traités nous-même. La littérature que nous avons lue et dont nous avons donné un aperçu au début de ce chapitre vat-elle modifier cette opinion ?

Mais avant d'entrer dans le détail des divers effets du sérum marin, il nous faut établir sur quel chiffre d'observations est basée cette étude et quelle est la valeur de ces diverses observations.

Stalistique. — Des nombreux auteurs qui ont écrit sur le traitement de la tuberculose par l'eau de mer, certains ont publié leur opinion, résultant d'une pratique plus ou moins longue, sans signaler le nombre exact d’observations sur lesquelles ïls la basent (Bonnal) ; d'autres se contentent d'indiquer le nombre de luberculeux traités el les résultats généraux, sans entrer dans le détail des observalions. Aussi le nombre d'observations publiées in extenso est-il relativement assez restreint. Nous n'en trouvons que 19 dans l’article de Simon et Quinton, les

rénovateurs de la méthode : { chez Mathieu : 1 chez

RE je Pagano ; 6 dans la thèse de Marion ; 24 dans la thèse de Vedy (dont 5 dues à Carles, à à Lalesque, 9 à Mongour et 5 seulement personnelles). La thèse de Fumoux n'en renferme que 10 inédites, dont 6 dues encore à Lalesque et { personnelles. 10 encore dans celle de Barrère. Si gnalons, en outre, 5 enfants tuberculeux (Simon el Pater) et nos observations qui sont au nombre de 3, ce qui porte à ST le total des cas que nous avons pu réunir.

Si, ne imitant pas notre slalistique aux seules observations publiées avec détails, nous réunissons les chiffres des divers auteurs, nous arrivons à un total bien plus considérable, 193, qui se répartissent de la façon suivante : Marion 6, Robert Simon et Quinton 19, Pagano Î, Mathieu 4, Fournel 24, Vedy 5, Lalesque 43, Carles 19, Fumoux4, Simon et Pater 5, Mongour 28, Laufer 2, Barrère 10, nous-même 3. Si, afin de rester davantage dans le cadre où se sont placés la plupart des auteurs, nous retranchons les observations où l'eau de mer a été donnée en ingestion (14 Carles, 6 Marion, 1! Vedy et 10: Barrère), il nous reste 162 cas traités par les injections d'eau de mer. Ces 162 cas peuvent être répartis en 84 favorables et en 78 défavorables à la méthode.

On voit à quel chiffre imposant s'élèvent les observaons peu favorables à la méthode. Elles n'ont été apportées cependant que par un groupe très restreint d'adversaires. ;

[est intéressant de noter que le nombre des cas suivis par Mongour par exemple (58) est beaucoup plus considérable que celui de Simon etQuinton(19),les promoteurs, cependant, de la méthode. Une statistique aussi étendue que celle de Mongour ne doit-elle pas entrainer davanlage la conviction? René Laufer ne demandait-il pas à la Société que Thérapeutique que toute appréciation sur la

SEE valeur de la méthode fût réservée, tant qu'elle ne pourrait ètre basée que sur un aussi petit nombre de cas que les 19 apportés par Quinton et Simon ?

Valeur de quelques observations. — Toutes les observations publiées sont-elles aussi démonstratives que le veulent bien dire leurs auteurs ? |

Adressons-nous par exemple à la thèse de Vedy. Nous y trouvons sous le titre de «tuberculose pulmonaire peu avancée, injections d'eau de mer, amélioration» (Obs. RARE le cas suivant : un malade en mauvais état général, anorexique, très amaigri, présente quelques craquements dans la fosse sous-épineuse droite. Vedv fait une seule injection d’eau de mer de 20 cc. qui provoque de la diarrhée, de la céphalée. L’appétit semble amélioré momentanément ; peu après surviennent de nombreux vomissements; un mois après l'injection, on constate les mêmes signes stéthoscopiques qu'antérieurement. Peuton vraiment parler ici d'amélioration, et l'amélioration, si amélioration il y a, peut-elle être mise sur le compte d’une seule injection de 20 ce. ?

L'observation IV est-elle plus démonstrative ? Un tuberculeux du second degré reçoit à plusieurs reprises des injections de 20 ce. d’eau de mer; ces injections provoquent de l'hyperthermie, de la céphalée, parlois des vomissements. Pendant quatre ou cinq jours, l'appétit est meilleur et l'expectoration un peu moins abondante ; mais nous voyons bientôt la toux augmenter, la fièvre s'installer continue, un point de côté, des hémoptysies abondantes survenir. On interrompt les injections d’eau de mer. Cet état s'aggrave de plus en plus; Vedy écrit lui-même : « En présence de cet étal aigu, les injections n’ont pas été reprises », ce qui ne l'empêche pas de publier

l'observation sous le litre : « d'amélioration passagère ».

Sous le titre : «pas d'amélioration »,son s’attendrait à trouver un état stationnaire, ce qui chez un tuberculeux est déjà un progrès. Or l'observation IX de cette même thèse, observation communiquée par le docteur J. Garles, relate l'état suivant : au début du traitement, le sujet déjà cavitaire est, malgré ce, en augmentation légère de poids. Le malade, il est vrai, sans grand appétit antérieur, refuse de manger après la deuxième injection; «les lésions progressent rapidement. » Troisième injection, l'état n'a fait qu'empirer, le malade meurt un mois après.

Lalesque publie un grand nombre d'observations avec amélioration de la tuberculose polmonaire ; mais n'oublions pas, comme l'auteur v insiste d’ailleurs lui-même, que ces cures sont faites à Arcachon dans des conditions d'hygiène, de climat, de régime et de repos parfaites. Quinton l'a si bien vu, que c'est par ces conditions qu'il explique les résultats de Lalesque supérieurs aux siens. N'est-il pas permis de penser que la plus grande part du succès doit être rattachée à la cure climatique, à la fois forestière el marine? Lalesque n'appelle-t1l pas le climat < lraitement fondamental », leau de mer isotonique «lraitement complémentaire » ?

On le voit, certaines des observations publiées comme favorables sont plutôt des exemples d'effet défavorable ou en bout eas nat. Dans quelques autres, un trop grand nombre de traitements interviennent pour pouvoir rapporter les résultats à telou tel d'entre eux. Ces quelques restrictions faites, voyons maintenant les effets de l'eau de mer :

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