DEUXIÈME PARTIE
La gastro-entérile infantile est peut-être, à côté de la tuberculose, l’une des maladies les plus meurtrières. Aussi une médication nouvelle qui devait diminuer ce fléau ne pouvait que recevoir un chaleureux accueil. L'eau de mer paraissait devoir y être d’ailleurs particulièrement efficace.
La déshydratation étant un des principaux symptômes de cette maladie, — toute médication qui augmente la masse liquide et fixe l’eau dans les tissus doit exercer une heureuse influence.
La médication saline simple n'a-t-elle pas depuis longtemps fait ses preuves en thérapeutique infantile? Nous nous permettons de les rappeler sommairement.
Nobecourt et Vitry donnent pendant 7 jours à des enfants élevés au sein. des doses quotidiennes de NaCl variant de 0,25 à 1 or. dans un peu d'eau bouillie avant les tetées. Ces enfants augmentent plus de poids qu'avant l'administration de sel. Aussi ces auteurs recommandentils la chloruration chez les prématurés et les ehétifs. Dans les cas de diarrhée grave, ils font boire aux enfants une solution de chlorure de sodium à 7 p. 1000 et voient les phénomènes gastro-intestinaux s'amender rapidement, une augmentation de poids remplacer la diminution que l'on constate d'habitude au cours de la diète
hydrique.
rats
Dans cette même gastro-entérite infantile, Méry substitue à la diète hydrique, lorsque celle-ci ne peut être longtemps prolongée, l'alimentation avec le bouillon de léqumes salé : 35 grammes de sel marin par jour. «Il est incontestable que les fécalents ont une action éclatante contre les fermentations. intestinales, mais il est non moins certain que le bouillon de légumes salé est un mélange dont lisotonie se rapproche de celle du sérum artificiel et que ses bons effets sur l’état général sont dus en grande partie à sa teneur en sel marin » (Lachèze).
Les injections de sérum artificiel sont appliquées pour la première fois au traitement du choléra infantile par
Luton (de Reims), en 1884. « Nous avons injecté à ces
malheureux petits êtres, voués à la mort par avance, cette solution saline à la dose de 5 gr. et nous avons eu la satisfaction de les sauver, en dépit des pronostics les plus fâcheux. » En 1888, Weiss injecte une plus forte dose (30 à 50 gr.) et guérit rapidement ses petits malades. En 1890, Sahli {de Berne) recommande ces injections. Wild (de Heilbronn),en 1892, ramène à la vie, par 6 injeclions de 25 gr. chacune, son propre enfant, âgé de 7 mois, sur le point de succomber : la même année, Demieville rapporte un cas de guérison analogue et rapide par des injections de 120 à 150 gr. chez un enfant de 4 mois et demi. Hutinel publie des observations intéressantes dans les thèses de ses élèves Thiercelin et Marois. Dès lors les injections de sérum artificiel deviennent classiques dans le choléra infantile : 3 à 6 injections par jour à la dose de 30 cc. de sérum à 7 p. 1000 où d’un sérum contenant 10 de NaCÏ, 0,30 de CaCP, 0,70 de KCI, 0,10 de bicarbonate de Na pour 1000 suivant la formule de Netter. ;