OBSERVATION XII
Poussée d'entérite aiguë. — Injections d'eau de mer isotonique (Léonide). (ruérison.
GC... L., 19 mois, est amené à la consullalion de médecine infan- Lile, le 28 septembre 1908.
Anlécédents personnels. —"N6@ à Lerme à la Maternité et pesant 3 kilos 910. Il est nourri au sein jusqu’à l'âge de 8 mois : suralimen-
tation ; eczéma consécutif. On conseille à la mère de régler son
enfant, mais ces conseils ne sont point suivis.
Après le sevrage, l'enfant est nourri, toujours sans règle, au lait de vache, environ un litre et demi par jour.-Il y a tro's mois, au lait de vache a élé substitué le lait de chèvre; à celte époque et pendant trois semaines survient une diarrhée abondante (5 à 6 selles fétides par jour) : en dehors du lait l'enfant a toujours absorbé les soupes préparées pour la famille.
Antécédents héréditaires. — Mère lymphatique, présente de l'olorrhée chronique. Père bien portant, 3 autres enfants morts en bas âge de gastro-entérile.
Maladie actuelle. — Depuis trois semaines, diarrhée abondante (» à 6 selles par jour, fétides) avec des grumeaux de lait. L'enfant a diminué de poids : il pesait 12 kilos il y a un mois, il n’en pèse maintenant que 11 kilos 100. Gros enfant, rachitique, gros ventre.
Injection le 29 septembre de 30 cc. d’eau de mer isotonique. Température : matin, 36°8 ; soir 37°. 4 selles dans la journée. L'enfant a bien dormi. Régime lacté.
30 septembre. — Injection dans l'après-midi de 30 ce. d'eau de mer isotonique. 3 selles jaunes, plus épaisses, sans grumeaux.
2 oclobre. — Injection de 30 cc. : 2 selles dans la journée, bien moulées. L'enfant est gai, n’est plus inquiet comme auparavant.
3 oclobre. — 2 selles.
4 octobre. — 2 selles assez dures, bien moulées.
octobre. — Injection d'eau de mer isotonique, 30 cc. Une seule selle. L'enfant est mis aux purées et aux œufs. Poids, 12 kilos.
6 octobre, — Une selle, très bien moulée. L'enfant a été revu depuis et ne présente plus de diarrhée.
OBSERVATION XIII {Due à l'obligeance de M. le professeur agrégé Leenhardt) L... G.., fille, 4 ans e! demi. Le 25 janvier 1908.
Antécédents héréditaires. — Rien à signaler. Père névropathe. Antlécédents collatéraux. — Un frère de 3 ans bien portant.
PL 10RR Lee
Anlécédents personnels. — Enfant a toujours élé de santé chétive. Nourrie au sein pendant deux mois, mal réglée. À déjà présenté des troubles digestifs pendant cette période, poussées fréquentes de diarrhée et vomissements. À été mise à l'allaitement artificiel exclusif à deux mois. Suralimentée : Loules les deux heures 100-150 gr. de lait. Les troubles digestifs ne deviennent que plus mtenses avec des périodes d'amélioration et d'aggravalion. |
À 15 mois, enfant maigre, chétive. On essaie les œufs et les purées toujours sans régularité. Les troubles digestifs qui s'élaient arrèlés depuis quelques mois reviennent très violents ; on reprend le lait exclusif jusqu'à vingt mois. On essaie de nouveau; meilleurs résultats, mais fréquentes poussées de diarrhée se reproduisent fréquemment.
Jusqu'à trois ans et demi la siluation reste stationnaire. Les périodes de troubles digestifs sont fréquentes, obligeant à revenir au lail exclusif, si bien qu'on finit par laisser l'enfant à ce régime.
À quatre ans, coqueluche bénigne. Les troubles digestifs sont conlinus. Quelques vomissements.
Depuis ce moment (il y a 6 mois) la diarrhée, (5-6 selles par jour) n'a pas discontinué. Régime lacté, enlrecoupé de fréquentes périodes de diète hydrique ; tous les médicaments n'ont rien donné comme résullat. Depuis une huitaine de jours l'enfant Lousse, a de la fièvre, est très mal.
£æxamen le 25 janvier 1908. — Enfant cacheclique. Extrèmement maigre. Respiration rapide. T. 39%. Pouls 148.
Ventre : ballonné, dur. Rale el foie normaux.
Thorax : matité, souffle et râles fins à la base gauche, soufflants el sibilants dans les deux poumons.
Selles : félides, jaunes, liquides, sans mucosilés.
Micropolyadénopathie généralisée. Langue rôtie, Amygdales hypertrophiées. ”
Diagnostic : Bronchopneumonie chez une enfant atteinte d’entérite aiguë au cours d'une entérile chronique. La nature de ces accidents (peut-être Luberculeux) est réservée.
Trailement : Injection de Léonide (25 cc. tous les deux jours), sérum arliliciel dans les jours intercalaires. Byolaclyl. Alimentalion: bouillon de légumes, purée. Cataplasmes sinapisés. Bains loules les quatre heures.
2 février. — La situation de l'enfant paraît s'être améliorée. La réaction est plus vive. Diarrhée est presque disparue. La température a oscillé entre 38 et 395. Foyer de bronchopneumonie tou- Jours le même. Ventre plus souple.
L'enfant présente de l'æœdème généralisé, dû à la quantité de sel absorbé par l'alimentation et les piqûres de sérum.
Traitement: Supprimer momentanément les injections. Continuer le même traitement.
15 février : L'état de l'ÉhfnLe ‘est un peu amélioré. Diarrhée.
| Deux selles par jour, molles. Ventre souple. Bronchopneumonie persiste de même. Râles sous-crépitants. T. oscille entre 37°%5 et
| Traitement : On diminue le nombre des bains à deux par jour;
on ajoute au bouillon de légumes des purées, de la crème de riz; on refait deux fois par semaine 25 cc. de Léonide!.
; 25 février. — L'état général de l'enfant s’est nettement amélioré. | La maigreur n'est plus aussi effrayante ; l'enfant s’assied dans son lit et demande à jouer. Tube digestif normal.
Au poumon : Foyer en résolution; signes très nombreux encore de gros sous-crépitants. Température entre 3695 et 3795.
Traitement : Supprimer bains et Léonide. Alimentation sera réglée ainsi Loutes les trois heures : Purées. Crème de riz. Une fois bouil- Jon de viande. Bientôt des œufs.
30 avril. — Depuis deux mois que l'enfant n’a pas été revue, une vraie transformation s’est opérée. Augmentation de poids considérable. L'enfant se lève depuis longtemps, marche et sort, mange très bien, ne tousse plus.
Examen. — Tube digestif normal. Encore quelques petits râles
discrets base gauche.
20 juillet 1908, — L'état de l'enfant continue à être excellent.
OBSERVATION XIV (Due à l'obligeance de M. le docteur Gaujoux, chef de clinique)
J. H.., âgée de 16 mois, élevée au sein jusqu'à 14 mois, mais
avec de nombreux écarts de régime (alimentalion presque quelconque
souvent en dehors des heures de tetées d’ailleurs mal réglées). Sevrée il y à deux mois. Poids : 10 kil. 500.
Nous est apportée à la consultation des maladies des Enfants (service de M. le professeur Baumel), le 17 juillet 1908 pour de la diarrhée verle datant de quelques jours. Pas de vomissements.
Enfant pâle, d'aspect amaigri ; quelques ganglions dans Îles aines, mais pas sous les aisselles. Rachitisme léger des membres inférieurs ; thorax déformé ; fonlanelles largement ouvertes ; bosses frontales saillantes. Température : 38°. Ventre lendu, ballonné. Congestion pulmonaire légère.
Nous faisons mettre l'enfant au lait stérilisé. Un biberon 150 gr. toutes les trois heures.
Le 18 juillet, examen de sang pratiqué au Suburbain. Numéralion globulaire (Thomas Zeiss), 5.200.000 hémalies à la première numéralion, 5.100.009 à la seconde. |
Hémoglobine (calculée au Gowers), 100.
L'enfant n’a pas vomi de la journée de la veille. ? selles seulement up peu moins vertes que précédemment. À cause de la congestion pulmonaire qui pérsiste (malgré l'application de ? calaplasmes sinapisés et deux frictions alcooliques), nous conseillons à la mère de faire entrer son enfant à l'hôpital. I n'a d'ailleurs pas de fièvre el paraît assez gai et Pœil vif.
25 juillet (8 jours après).— On nous appelle d'urgence à 7 heures du matin pour un petit enfant du faubourg, qui a, dil-on, des convulsions el se meurt, C'est notre petite malade.
L'enfant pousse des cris plaintifs disconlinus, Aspect livide des téguments; élal Lélanique ; contracture marquée des membres supérieurs ; yeux convulsés, lrails Lirés. Nous ne constatons pourtant ni le phénomène de Trousseau, ni le signe du facial. Pouls petit, incomptable. T, 36°.
On nous raconte que depuis le jour de notre dernier examen la congestion pulmonaire a presque disparu (cataplasmes sinapisés). L'élaltgastro-inteslinal est d'abord resté stationnaire ; s'est aggravé il ya? jours. Selles vertes et félides 7 à 8 fois par jour. Le lait ingéré a élé vomi à plusieurs reprises, la veille surtout. L'élat convulsif ne semble pourtant remonter qu'à une heure environ.
Lavage intestinal avec un sérum hypotonique préparé extemporanément (eau bouillie 500 gr., Na CI 2 gr.) Nous faisons passer
PT TN, 'RSNEMNTRE.
dans le rectum 300 gr. d'abord qui sont répétés aussitôt (lavage); une demi-heure après la mère donne un lavement de 200 gr. environ qui est gardé près d’une heure. Potion avec bromure de K 1 gr. et chloral 0 gr. 50. Une cuillerée chaque ? heures. Dans l'intervalle, une cuillerée d'eau bouillie pure. Diète hydrique absolue.
Dans l'après-midi (à3 h.) injection de 50 cc, d’eau de mer dans la fesse droite. Depuis le matin, pas de vomissements, mais 3 selles très liquides el d'odeur infecte (sans compter la selle qui expulsa le lavement de sérum). Les contractures déjà moins intenses à 3 h. cessent, paraît-il, d'une façon absolue à partir de 5 heures du soir. En tout cas, à7 heures du soir, élal général sensiblement amélioré. Température, 37°. Pouls complable mais un peu irrégulier, 120 pul : salions à la minule.
Le 26 juillet au matin, l'enfant est réellement mieux ; ne pousse plus de cris, semble reprendre intérêt à ce qui l'entoure. Regard plus clair. Ventre ballonné et encore douloureux. Température 363. Toute contracture des membres a disparu. Pourtant trois selles depuis hier après-midi, mais peu abondantes el moins fétides. Pas de vomissements. Emission abondante d’urines claires.
Examen du sang : 5.000.000 d'hématies. Hémoglobine 95 à 90. (2? évaluations). Lavement d'eau de mer de 100 cc. que l'enfant peut garder près de deux heures.
On commence le bouillon de légumes Lype Méry, mais seulement avec ? grammes de NaCI (bouillon hypolonique).
Eé soir gempérature 36%, injection de sérum de 40 cc. Tout danger actuel paraîl écarté.
La famille refusant (oujours d'hospilaliser l'enfant, comme nous ne voulons pas continuer à la suivre à domicile, nous conseillons d'appeler un médecin.
Voyant l'enfant bien, son entourage ne suit pas nos conseils, reprend l'alimentation de façon (rop hâtive. Rechute, Nouveaux phénomènes cérébro-méningés plus graves encore que lors de la première atteinte. Mort le 3 août.
Il ne s'est pas produit d'œdème. Nous n'avons pas pu faire d'examen bactériologique des fèces.
De ces 14 observations, quelles conclusions peut-on there
{> En ce qui concerne les injections d'eau de mer 1s0lonique dans les gastro-entérites, les observations que nous rapportons sont favorables à la méthode. C’est ainsi que nous voyons notre malade de l'observation XI cesser aussitôt après la première injection d’avoir des selles diarrhéiques, et augmenter de poids (550gr. en 15 jours): Un jour que l'on ne fait point d'injection, la diarrhée tend à reparaître.
Dans l'observation XIT, la diarrhée beaucoup plus tenace met 4 à d jours avant de céder, par contre l'augmentatron de poids est plus considérable (200 gr. en 7 jours); peutètre cette plus grande augmentation de poids s'expliquet-elle par les meilleures conditions hygiéniques, vie au grand air, en dehors de la ville, dans la campagne ?
Dans l'observation XIII communiquée par M. le professeur Leenhardt, nous voyons une poussée aiguë de gastroentérite compliquée de broncho-pneumonie retrocéder sous l'influence des injections de Léonide, malagé l'état cachectique antérieur de la petite malade.
Les doses que nous avons employées étaient de 30 ec., les injections ont été répétées 3 fois dans lObs. XI et 4 fois dans lObs. XIT. Les deux enfants n’ont pas été soumis à la diète hydrique, ils sont restés au régime lacté, sans autre médication.
A remarquer qu'un nombre d’injections en somme très restreint a suffi à améliorer ces malades. À noter un œdème généralisé consécutif à des injections assez nombreuses tantôt d’eau de mer, tantôt de sérum artificiel chez la malade de Obs. XIIT. Cet œdème rétrocède rapidement, dès qu'on suspend momentanément le traitement :
une nouvelle série d’injections ne donne plus lieu à cette complication etest, au contraire, suivie de guérison.
2° Les lavements d'eau de mer isolonique nous ont donné des résultats favorables. Nous avons particulière-
ment étudié chez nos 8 malades ainsi traités l’état de leurs:
fonctions gastro-intestinales.
Nous avons élé tout d’abord frappée par Ta tolérance du rectum pour l’eau de mer isotonique.
Chez le premier malade que nous avons soigné (Obs. VIT), nous avions employé d'abord des doses de 100,150, 200 ce. et ne sommes arrivée qu’à la fin à 300 ce., lorsque nous nous sommes rendu compte que ces lavements
étaient gardés une à trois heures. Dès lors nous n'avons
plus usé pour nos autres malades que de la dose de 300 cc. d'emblée. |
Malgré cette dose considérable pour des enfants dont l’âge oscillait en moyenne de 1 à 2 ans, avec comme ex-
trêmes 8 mois (Obs. IV) et 4 ans et demi (Obs. VIT), l'eau
de mer était fort bien supportée. Ceux-ci étaient conservés de 1 à 3 heures, sauf chez notre malade de l’observation IV, âgée, il est vrai, de 8 mois seulement, qui n'a gardé chaque lavement que 10 minutes environ. Dans quelque cas la tolérance était beaucoup plus prolongée : nous voyons quelques-uns de nos petits malades n'avoir de selles que 8 h. (Obs. VI), 4 h. après le lavement d'eau de mer. Le rectum s’accoutume-t-1l à ces lavements, et va-t-il les gardant de plus en plus longtemps ? Cela semble vrai pour l'observation 1; 1* lavement, T h.:; 2" lavement, 2h. ;: 3% lavement, 2h.: 4% lavement 2 Hi. 1/2; pour notre observation IT, 1/2 h. et? h.; pour l’observation VI, 3/4h., 8h.; pour l'observation VIT, 8 à 14h. etmême dans l’ensemble pour l'observation If, 1 h., 1/2h. 2 h. 1/2, 3 h. Cela prouve que l'eau de mer isotonique,
même en aussi grande quantité, n'est pas irritante pour le rectum. ;
Cette médication paraît particulièrement influencer l’état du tube digestif, agir surtout sur les selles. Leur nombre en est diminué. C'est ainsi que, dans l’observation I, les selles qui étaient très fréquentes (10 à 12; arrivent en quatre jours à une selle normale. Un enfant (Obs. 11) qui avait eu 12 selles la veille du début du traitement, qui le jour même en avait eu S, présente encore une diarrhée abondante pendant deux ou trois Jours, mais dès le 4 juin le nombre des gardes-robes est de 4, le à juin de 2, le 6 juin d’une seule. L'amélioration est encore plus rapide dans l'observation VI: 10 selles le 28 mai, une seule le 31 mai. Deux jours seulement après le début du traitement, le nombre est revenu à la normale (Obs. IT). Même chez l'athrepsique de l’observation IV, qui n'est traité qu'à la période terminale et qui va bientôt succomber, un lavement donné à sept heures du soir n’est suivi d'aucune selle pendant toute la nuit. Chez notre malade de l’observation V, l'effet tarde plus longtemps ; mais il s'agit d'un état des plus graves, 20 selles quotidiennes depuis près de quatre jours : aussi ne faut-il pas trop s'étonner si ce n'est que quatre jours après le début du traitement que l'amélioration survient (10 selles environ), et treize jours après que l'enfant revient à la normale.
L'effet sur les selles est parfois immédiat. Ce même enfant de l'observation V, si gravement atteint, reste, au moment où l'amélioration intestinale se dessine (10 selles), près de 4 heures sans aller à la garde-robe après un lavement. Une malade qui la veille avait présenté 8 selles reste après son deuxième lavement 8 heures sans aller du corps.
En même temps que la fréquence, la consistance et les caractères des selles changent, la fétidité disparait, les selles, de vertes qu'elles étaient le plus souvent, redeviennent jaunes (Obs. III, VIII, par exemple). Même lorsque, le 1* ou le 2 jour, elles sont’ aussi nombreuses, elles deviennent moins liquides, mieux liées (Obs. VI, VIIT. Le lait est mieux supporté et mieux digéré. Ce n’est que chez un de nos petits malades sur la gravité duquel nous avons attiré l'attention que les selles restent vertes pendant un assez long temps (Obs. V). D'une façon générale, bientôt à la diarrhée font place je selles normales jaunes bien moulées.
Les malades que nous avons soignés par les lavements de sérum étaient atteints plutôt de troubles intestinaux que de phénomènes gastriques : quelques-uns cependant (Obs. I, ITT, IV, VI) avaient eu des vomissements plus ou moins abondants ; ceux-ci ne reparaissent pas QUEUE tout le cours du traitement.
Cette amélioration du tube gastro-intestinal est produite le plus souvent en dehors de tout régime. Ce sont des enfants mal réglés d'habitude, soignés chez eux par leurs parents souvent négligents ou inintelligents, et qui même, quand on leur a ordonné un régime, ne le suivent que fort mal: tel le petit malade de l'observation I que nous trouvons en train de grignoter du pain et du chocolat. Aussi la plupart de nos malades sont-ils laissés à l'alimentation mixte ; nous nous contentons de régler leur alimentation. Ce n’est que tout passagèrement que les malades des observations If et IIT sont mis au lait et au bouillon de légumes. Le nourrisson de lobservation IV, encore au sein, ne reste qu'un jour à la diète hydrique. Seul le malade de l'observation V a été assez longtemps soumis rigoureusement à l’eau et au bouillon de
légumes ; le changement d'air, le séjour à la montagne se sont ajoutés en dernier lieu aux lavements d'eau de mer pour hâter sa guérison.
Nous n'avons pas pu étudier chez nos malades la courbe des poids: P. Raoul (Obs. 1) aurait présenté une augmentation assez considérable de 430 gr. en 4 jours : mais nous ne savons si les pesées faites par la mère ont été bien exactes.
L'état général est d'ordinaire amélioré d’une façon assez rapide. Un seul a succombé, l’athrepsique de lobservation IV.
A peu près tous les malades ont été suivis ultérieurement. L'amélioration n'était pas passagère, ne cessait pas avec le traitement; la plupart, traités au début de l'été, n’ont plus présenté de manifestations intestinales durant toute la saison chaude.
Une dernière remarque doit être faite, concernant la nature des gastro-entérites traitées :
a) Les 8 entérites aiguës ont été radicalement guéries par les lavements marins.
b) Les 8 entérites chroniques ont vu leurs poussées aiguës, dues à un écart de régime, disparaître; mais la maladie elle-même n'a pas été guérie complètement. Notre malade de l’obs. VIIT est restée améliorée près de deux mois ; la diarrhée chronique est ensuite revenue et l'enfant est actuellement en état d’athrepsie. Notre malade de l’obs. VI est restée près de cinq mois sans diarrhée, mais elle a fait dernièrement une nouvelle poussée d'entérite qui à rétrocédé aussi par les lavements. Seule l’entérocolite muco-membraneuse (Obs. VIT) reste guérie ou tout au moins sans récidive dépuis 5 mois.
Nous avons employé à titre de comparaison les lavements de sérum artificiel dans 3 cas (Obs. VI, IX et X).
Ils sont tolérés presque aussi bien que les lavements d'eau de mer. Dans un cas (Obs. X), nous n'avons constaté d'amélioration, ni de l'état général, m de l’état local. Dans un autre (Obs. IX), la diarrhée et les vomissements n'ont pas été influencés : l’amaigrissement continue.
Notre observation VI est particulièrement intéressante parce que nous avons fait la comparaison entre les lavements de sérum et ceux d’eau de mer chez la même malade. Une première poussée de gastro-entérite guérit sous l'influence de l’eau de mer, une seconde survient que nous soignons par les lavements de sérum : le nombre deselles n'est pas diminué, la fétidité persiste, labattement est toujours identique. Nous remplaçons le sérum par l'eau de mer et l'enfant présente de l'appétit, n'a plus qu'une selle, n'est plus abattue. |
Nous croyons donc les lavements d’eau de mer préférables à ceux de sérum artificiel.