‹ De l'eau de mer dans la tuberculose pulmonaire et dans la gastro-entérite infantileChapitre 8 sur 47 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

Tuberculose pulmonaire au deuxième degré. — Injections d'eau de mer isotonique. — Elévation de la température. — Chute de poids. — Mauvais état général.

B... Edouard, ?20 ans, instituteur, entre le 14 novembre 1907 dans le service du professeur Carrieu, salle Combal, n° 33,

Antécédents héréditaires. — Père alcoolique. Mère en bonne santé.

Antécédents personnels. — Rougeole en bas âge ; pas de maladie

vénérienne, ni d'éthylisme. Bronchile avec hémoptysie légère à l'âge de dix ans. Le malade s'enrhume assez facilement l'hiver. Maladie actuelle. — Depuis le début de l'année 1907, gène dans Le côté gauche, légère toux surtout la nuit. Le 1°" juillet, après avoir monté rapidement un escalier, le malade est pris d’une petite toux

(1) Nous remercions bien M. le docteur Bousquet, chef de clinique, pour les notés qu'il a bien voulu nous communiquer pour compléter nos observations IF et II,

— 4h — sèche el suivie d'hémoptysie (sang rouge vif dont il évalue la quanté à un verreet demi). Quelques jours encore, il présente des crachats sanguinolents. Nouvelles hémoptysies moins abondantes les 12 et 15 septembre, le 15 octobre.

Elal actuel (14 novembre). — Malade amaigri, poids 51 k. 700, appéUl assez bon, parfois un peu de diarrhée. Palpitations légères au moindre effort, urines normales ; le malade dort bien quoiqu'il tousse un peu el sue parfois la nuil. Température : 374 le soir ; 36°3 le matin.

Pas de point de côté, simple douleur légère à la base gauche du thorax à l'inspiration forte; toux, crachats verdâtres, très épais. Bacilles de Koch.

Etat pulmonaire :

En avant, à gauche: Au sommet, submatité légère; inspiration faible avec sous-crépilants à la loux, léger relentissement vocal, exagéralion des vibrations. A la base : quelques froltements pleur'aux.

En avant, à droite : Légère submatité du sommet.

En arrière, à gauche : Maulé de tout le sommet et de la base, respiralion beaucoup moins ample que du côté droit, surtout au sommel où on ne perçoit pas le murmure vésiculaire. Légère bronchophonie et exagération des vibrations.

On conclut au diagnostic de bacillose pulmonaire : infiltration du sommet droit avec congestion, germination de lubercules au sommel gauche.

Traitement: Lavements créosolés, injections de cacodylale, viande crue (200 gr.).

2 décembre. — Palpitations, poids 52 kil. 200. Elal pulmonaire : en avant et à droite, inspiration en crans, quelques craquements el frottements plus marqués au sommet gauche qu'au sommet droit.

15 décembre. — Diarrhée passagère, 6 à 8 selles par jour. Poids 5? kilos.

Quoique l'état pulmonaire ne s'améliore pas, lélat cénéral esl méilleur, le malade augmente de poids : 29 décembre, 53 kil. 500: 12 janvier 1908, 53 kil. 700 ; 26 janvier, 93 kil. 600; 9 février, 53 kil. 800.

18 février. — On commence le traitement par les injections d'eau de mer isotonique. Injection dans la fesse de 50 ec., indolore, suivie

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trois heures apres de frisson et d'élévalion de température. Les injec- Lions sont continuées au Laux de 100 ce., les 21, 24 et 27 février ; le 5 mars, injection de 150 ce. Toutes ces injections sont suivies d’élévation de température ; le malade, qui normalement est à peu près apyrélique, voit sa lempérature s'élever quatre ou cinq heures après l'injection jusqu'à 3806-3808. Les injections sont suivies de malaise, d'insomnie. L'appétit diminue, el dès la seconde injection notre malade, instituteur, qui s'observe très bien, se plaint beaucoup de ce lrailement el nous prie de l'interrompre. Il lui faut la lecture de l'ouvrage enthousiaste de Robert Simon pour le convaincre el nous permettre de continuer plus avant.

Pendant la durée du traitement le poids diminue : 53 kilos le 23 février ; 2 kil. 700 le 8 mars. À cause de celte perte de poids, quoique le malade continue la suralimentalion comme auparavant, à cause du mauvais élal général constalé par nous et accusé par le malade, nous interrompons le {raitement sur les conseils de notre maître, M. le professeur Carrieu. La perle de poids, létat pulmonaire continuent à aller en s’accentuant, les poussées de diarrhée deviennent fréquentes. Dès le début du mois de mai se sont formées de peliles cavernules au sommet gauche.

Sort de l'hôpital fin mai, mort en septembre.

REMARQUES. — Avant les injections d’eau de mer, le malade, sous linfluence du cacodylate, des lavements créosotés, du repos, du grand air, de la suralimentation, maintenail son poids en légère augmentation, malgré l’aggravalion de l’état pulmonaire, Pendant les injections, le poids diminue d’un kilo. Chaque injection est suivie non seulement d'élévation de la température, mais d’un malaise général persistant qui impressionne considérablement le malade. Celui-ci, qui avait accepté au début avec beaucoup de joie la nouvelle médication en laquelle il avait beaucoup d'espoir, ne tarde pas à réclamer sa suppression. Nous n'avons pas observé d'hémoptysie au cours du traitement chez ce malade antérieurement hé-

moploïque.

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