XXXIV PREFACE
balance, l'autre la ruse; la terre la plus fertile deviendra ingrate pour le colon ; car mille abuS;, mille vexations, s'interposeront entre elle et lui pour laisser ses labeurs sans récompense. Que dirai-je alors? Le travail, frappé de stérilité, prendra conseil du désespoir^ et la richesse privée , cet élément nécessaire de toute société organisée sur des bases complètes, la richesse privée, haïe et maudite, deviendra peut-être un don funeste de la Providence. C'est que , lorsqu'on en est arrivé à cette extrémité fatale, la société est bien voisine d'une dissolution.
Après ces vues générales sur la manifestation du bail à ferme dans les diverses formes de gouvernement, passons à son histoire spéciale chez les Romains et en France.
Nous trouverons ici , je crois , quelques aperçus utiles.
Je suppose qu'un érudit prenne un à un tous les textes du titre du Digeste, loc. cond., non pour y étudier la science du droit , étrangère à ses méditations , mais pour s'y instruire des mœurs et des usages des Romains; eh bien! cette lecture aurait encore son bon résultat et son côté piquant ; car le louage se mêle aux habitudes intimes de la vie domestique comme aux grandes nécessités du commerce et de l'agriculture, et toutes ces choses se reflètent dans les écrits des jurisconsultes de Rome, toujours attentifs à inculquer les préceptes par l'application pratique. Toutefois, nous ne nous