PREFACE. LXXIX
transformé en peuplade, et la vil/a en village (1).
Ce qu'il y a d'extrêmement remarquable, c'est que toutes ces concessions héréditaires se présentent à l'esprit des contemporains avec des idées analogues à celles que nous attachons aux baux; on ]es api^eWil fermes perpéfuelles, manufirm^e, et les terres qui en étaient l'objet portaient le nom terres renteuses ou cotiières (2). Les vieux titres parlent même de fermiers nobles (3). C'est le nom qu'on donnait à ceux qui étaient investis de terres nobles par baux à rente perpétuelle (4).
Si l'on y regarde de près, il y a certainement de frappantes dissemblances entre ces diverses tenures et le simple bail à ferme. Mais elles étaient alors le moyen à peu près unique de mettre les terres en gagnage , comme disait Loisel (5) , et d'appliquer à l'agriculture le travail alfranchi ; elles faisaient l'office du véritable bai! à ferme, qui ne pouvait encore être fréquemment pratiqué ; elles empruntaient le nom qu'il garda plus tard exclusivement. Maintenant, si l'on veut bien ne pas oublier ce que je disais il n'y a qu'un instant des te-
» ministeriales suos,\ide\icet,villicum, scabinionem et cœteros » officiales constituent » (Calmet, Preuves, p. 378).
(i) Les titres du X'^ siècle parlent de beaucoup de vi/iare ou hameaux, qui sont l'intermédiaire entre les manses éparses et les villages (Charte de 960^ dans Calmet, Prem'es, p. 867).
(a) Brodeau, Sur Paris, art. 68, n° 20.
(3) Firma nobilis (Brodeau, loc. cit., etDucange y° Firrna.
(/}) Brodeau, loc. cit.
(5) Des Rentes, liv, IV, t. i, c'est à dire à profit.