LXXVIII PREFACE
(le moissons (i); des villages cnlicrs s'élevèrent au pied du château ou du monastère^ groupant leurs humbles manoirs autour d'une église rustique. Enfin la population s'accrut, par ces causes diverses, d'une manière prodigieuse, dans l'espace de deux cents ans (2).
Et, en même temps qu'elle croissait en importance numérique, elle acquérait un certain bienêtre. Elle se réunit dans des foires et marchés ; elle jouit de fours et moulins banaux. L'établissement de péages, de droits imposés sur la navigation des bois , de ponts pour faciliter les communications de paroisses en paroisses,, tout indique une certaine activité sociale qui s^essaie à prendre son essor (3).
Enfin des magistrats appelés i'j//icî (4) sont donnés à ce peuple nouveau, qui surgit du sein de la terre. Cette dénomination seule est la preuve d'une élévation dans la condition de ceux à qui cet officier doit rendre la justice. Autrefois le villicus n'était que le directeur du domaine rural, l'homme d'affaires chargé de tenir les comptes et de surveiller les esclaves et leurs travaux. Aujourd'hui c'est un fonctionnaire revêtu d'attributions de justice et de police (5). C'est que le domaine rural s'est
(i) V. infra. p. 228, ce que je dis de l'extension de la culture de la vigne par les complants.
(2) M. Sismondi, t. III, p. 285.
(3) Calmet, 1. 1, p. 1221, et Preuves, p. 3go et Sgv.. (.^)Calmet, t. I, p. 991.
(5) V. par exemple la charte de fondation de Varange ville en 966 par le comte Sigeric. « Hoctrado ut habeant(les moines),