‹ De l'échange et du louage (volume 2)Chapitre 67 sur 125 · PREFACE. XCIII · texte numérisé non relu

PREFACE. XCIII

et de moralité que la propriété foncière développe chez ceux qui la possèdent.

Il y a cependant encore dans son sein de grandes inégalités. Entre le cultivateur du département du Nord et le métayer de certains départements méridionaux, la distance est aussi considérable que celle de la latitude, sous le rapport de l'aisance, de l'indépendance, de l'intelligence agricole. Quelle peut être la cause qui maintient cette fâcheuse diversité? Le problème est difficile. Il est trop vaste et trop important pour que je cherche à le résoudre ici. Je ne ferai qu'uneseule observation qui rentre dans mon sujet. On a dit qu'un des motifs de cette inégalité provient de la routine qui maintient dans le midi le système du colonage partiaire, lequel ne peut, de toute manière, que se soutenir dans un rapport marqué d'infériorité avec le bail à ferme. Maisje croisqu'on confond l'effet avec la cause; on prend le symptôme du mal pour le mal lui-même. Dans les provinces où le colonage partiaire se perpétue, c'est moins la routine que la nécessité qui y assujettit le cultivateur.

Pourquoi le bail des terres ne se présenle-t-il pas partout dans les mêmes conditions? C'est qu'instrument usuel de l'industrie agricole, il se modifie non seulement suivant les habitudes, mais encore suivant les besoins et les degrés d'aisance et d'indépendance des personnes dont il met l'industrie en action. Entre ces modifications et la condition des agriculteurs, il y a une liaison intime.

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