‹ De l'échange et du louage (volume 2)Chapitre 66 sur 125 · XCII PREFACE · texte numérisé non relu

XCII PREFACE

Columellc. La charrue du midi était celle des Romains; celle de la Touraine avait compliqué de deux roues son mécanisme. Sans le savoir sans doute, on semait, on sarclait, on moissonnait suivant les préceptes de Yirgile. La faux , la faucille, les autres instruments d'agriculture, avaient la même forme que dans les temps de la plus haute antiquité. Pour se procurer des engrais artificiels, on semait dans les champs des graines qui donnaient de grandes plantes, et, lorsqu'elles étaient venues, on les enterrait par un nouveau labour. Après la moisson, on laissait reposer les terres un an sur trois , sur quatre, sur cinq, sur six, sur sept, suivant qu'elles étaient fertiles (4). A part ce dernier point , sur lequel les idées commencent à se modifier beaucoup (2), y a-t-il une grande différence entre ce temps et le nôtre?

Un point sur lequel il y en a beaucoup plus, c'est l'état où la classe des fermiers et des cultivateurs est arrivée de nos jours; classe intéressante qui va puiser les moyens d'améliorer sa position, non dans les perturbations sociales, mais dans le travail et l'économie; classe progressive surtout, qui, en faisant tous les jours de nouvelles et pacifiques conquêtes sur le sol qu'elle arrose de ses sueurs, se pénètre déplus en plus des sentiments de conservation

(i) M. deMonteil, Histoire des Français, des divers Etats , t. I. p. 201.

(2) Infrà, n^ 663.

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